• STRYPER

    Vade Retro Satanas !

    Les hard-rockers chrétiens bousculent une nouvelle fois avec assurance les préjugés grâce à un album à mi-chemin entre génie artistique et « hérésie » musicale! Mais que cache donc le titre choc : God Damn Evil ? [Entretien avec Michael Sweet (chant, guitare) par Philippe Saintes – photos : Alex Solca]

    Stryper : God Damn Evil - groupe

    Voilà un disque surprise. Les critiques qui ont suivi la sortie de God Damn Evil ont été élogieuses. Même des metallistes endurcis ont apprécié votre travail.

    Nous avons donné le meilleur de nous-même pour cet album et les retours sont effectivement très positifs. Il a été bien accueilli par nos fans mais également par des inconditionnels de Judas Priest ou de Slayer, comme j’ai pu le constater sur le web et les réseaux sociaux. J’en suis très fier car je suis moi-même un grand admirateur de Rob Halford et de Judas Priest. Si un témoignage doit rester, ce sont les mots et sensations du public. 

    « Take It To The Cross » est le morceau le plus ‘endiablé’ de l’album en raison notamment des grognements  death metal de Matt Bachand (Shadows Fall, Act Of Defiance). Peux-tu nous en dire plus sur cette collaboration. 

    Matt est un artiste passionné originaire comme moi du Massachusetts. Il habite à 10 minutes du studio d’enregistrement. Il était disponible et en une demi-heure, il a bouclé sa partie vocale. Matt était une évidence pour cette chanson car il a un timbre guttural incroyable. Il faut une technique vocale particulière pour cela. Ce n’est pas du tout mon style !

    35 années d’existence, ça donne la liberté de composer ce qui vous tient à cœur, quitte à désorienter votre public ?

    Oui ! Mais quoi qu’il en soit, tu dois aussi garder ton cap pour ne pas décevoir les fans. L’album a un côté heavy  et rapide mais on trouve aussi des chansons mid-tempo comme « The Valley », « Sorry », ou « Lost », des titres à la fois mélodiques et puissants, qui sont selon moi les meilleurs de l’album. Ces chansons épiques rappellent la glorieuse époque de Stryper entre 1986 et 1988. Nous les avons d’ailleurs intégrées dans la set-list.  Musicalement et artistiquement, il ne faut jamais oublier son héritage, pourquoi on a eu envie de faire ça un jour, pourquoi des gens continuent à écouter ton travail. Je crois que nous avons réussi la fusion entre deux styles, l’ancien et le moderne. Il n’y a pas d’opportunisme. J'aime beaucoup ce disque car le son est très naturel. Les compositions ont été terminées en une dizaine de jours. Nous n’avons fait aucune démo, préférant nous focaliser sur l’élaboration des bandes finales. Il n’y a pas eu plus de deux ou trois prises par morceau, en studio.

    Il y a eu une brève polémique à propos du titre « God Damn Evil » aux Etats-Unis. La chaîne de distribution Walmart a décidé de retirer l’album de la vente. Visiblement les responsables de cette boîte n’ont pas pris la peine d’écouter ou de lire les paroles. Il s’agit clairement d'une déclaration de foi et non d’un juron. Dès lors, quel est le problème ?

    Je n’en sais rien, à vrai dire. C’est une bonne question. Certaines personnes ont besoin de créer le problème là où il n’y en n’a pas. C’est typique de notre société. Ce n’est pas du racolage. Nous sommes attachés à des convictions et nous sommes très à l’aise avec cela, parce que la musique ne sert pas qu'à se changer les idées ou à danser. C’est aussi un moyen de communiquer. Stryper a souvent utilisé des titres forts pour ses albums :  To Hell With The Devil », In God We Trust, Murder By Pride, c’est dans notre nature.  « God Damn Evil » ( littéralement « Dieu damne le mal ») invite les individus à demander à Dieu de mettre fin à la haine et à la violence qui gangrènent le monde. C’est une à la fois une prière et un hymne ! Lorsque nous jouons cette chanson en concert, le public se déchaîne. Je n'ai pas de mots pour décrire le plaisir et les émotions que celui-ci ressent.

    STRYPER :groupe 2018

    Quel a été le rôle de Robert (Sweet, batteur) et de Oz (Fox, guitariste) sur cet album ?

    Ils ont collaboré à l’écriture de certains morceaux et Robert a trouvé le titre de l’album. J’ai toujours composé la majorité des titres au sein de Stryper tout simplement parce que c’est mon rôle. Robert a peut-être co-écrit une dizaine de chansons sur les 200 de notre catalogue. L’écriture est quelque chose qui vient facilement chez moi. Créer une chanson me prend généralement deux heures. J’imagine le groove puis le riff et ensuite je trouve les paroles et la mélodie et c’est terminé. Cela me vient naturellement ! 

    « God Damn Evil » invite les individus à demander à Dieu de mettre fin à la haine et à la violence qui gangrènent le monde. » 

    Considères-tu que Stryper a encore des choses à dire après un tel album ?

    Bien sûr car le groupe regarde toujours vers l’avant. On m’a dit plusieurs fois que nous ne pourrions pas réaliser un album plus fort que No More Hell To Pay ! Pourtant, on l’a fait avec Fallen en 2015 et maintenant God Damn Evil. Notre secret ? Celui d’être animé par la passion. Pour moi, chaque nouvel album doit être supérieur au précédent.

    Au niveau de l’artwork, vous avez choisi de confier le travail à un certain Stanis Dekker qui avait réalisé les pochettes des deux précédents albums, No More Hell To Pay et Fallen.

    Absolument, il s’agit d’un artiste français. Si tu regardes d’un peu plus près les trois images en les plaçant l’une à côté de l’autre, tu constateras qu’il s’agit d’une trilogie. Il y a une similarité au niveau de la technique, du graphisme, des couleurs, des détails. 'Stan' est un passionné qui est également fan du groupe. Cela se voit car il restitue à merveille l’univers de Stryper grâce à ses illustrations. 

    La lyric vidéo de « Take It To The Cross » vaut le coup d’œil, elle semble directement inspirée des jeux vidéos. La réalisation est très réussie.

    C'était le single idéal pour présenter l'album. La vidéo a été conçue par Wayne Joyner, un grand spécialiste en matière de multimédia et d’images de synthèse. Je trouve l’animation  vraiment intéressante. Wayne a fait un travail remarquable. Cela ressemble davantage à un clip musical qu’à une simple vidéo avec lyrics.

    Une nouvelle fois Stryper est le grand absent des principaux festivals Metal de l’été en Europe.

    Sur le plan de la logistique et financièrement, c’est très compliqué de jouer en Europe. Par ailleurs, certains organisateurs préfèrent nous éviter pour ne pas être estampillés de l’appellation « chrétien ». Je ne mets pas tout le monde dans le même sac puisque le groupe est invité au Rock Fest de Barcelone, le 7 juillet prochain. Ensuite nous nous envolerons vers l’Australie et le Japon.

    Quels sont tes plans et projets futurs ? 

    J’ai signé un deal avec le label Rat Pack pour un nouveau disque solo. Ensuite, je vais enchaîner avec un album en duo avec Joel Hoekstra (Whitesnake). L’enregistrement commencera au mois de janvier 2019. J’imagine que le prochain Stryper sortira fin 2019 ou début 2020.  Il y aura entre-temps la commercialisation d’un album acoustique qui a déjà été enregistré mais aussi d’un documentaire sur le groupe. Enfin, il y a toujours une probabilité de voir un troisième Sweet-Lynch. J’espère pouvoir continuer notre collaboration. George (Lynch) désire faire un album concept sur la chrétienté mais ça ne me botte pas car nous avons des divergences sur le sujet. Et puis, nous n’avons jamais pu défendre sur scène les deux premiers albums. Sans tournée, ce projet deviendrait superflu pour moi !

     Stryper : God Damn Evil - cover

    STRYPER

     God Damn Evil

    Frontiers Records

     « Je pense que le white-metal est un concept stupide. Faire du rock ou du hard-rock est un moyen de se rebeller, de sortir d’une certaine sorte d’oppression. Les groupes de white-metal, en plus de n’avoir rien compris au rock, n’ont aucun talent ! Stryper, c’est de la daube ! ».

    Ces paroles sont celles de Fernando Ribeiro (Moonspell), un grand visionnaire qui n’a probablement jamais écouté un album de Stryper. Ce groupe de métal chrétien fut incontestablement la bête noire des musiciens de black et death metal mais aussi de journalistes rock souvent méprisants. Il a lutté contre les préjugés et les stéréotypes tout au long de sa carrière. Ignoré, snobé par les organisateurs de concert en France, Stryper tient sa revanche avec ce sulfureux God Damn Evil. La riposte est foudroyante. Dès le 1er morceau, « Take It To The Cross » vos enceintes prennent une grande paire de « baffles » tant le rythme est speedé. Sur la musique se mêlent deux voix, celle gutturale de Matt Bachand (Shadows Fall) et une claire, celle de Michael Sweet. Deux chanteurs, deux univers différents qui se marient très bien ! Avec des titres comme « The Devil Doesn’t Live », « Open Up » ou « The Sea Of Thieves », c’est la lourdeur qui prédomine. La qualité ne souffre d’aucune critique. Comment ne pas réaliser en écoutant cet album que Michael Sweet et Oz Fox méritent leur place dans le panthéon des guitar-heroes. Leur jeu combine une technique hallucinante à un rare sens de la mélodie. La basse de John O’ Boyle gronde tandis que Robert Sweet enfonce le clou avec sa batterie. Michael Sweet nous déclarait avant la sortie ce brulôt : « Nous sommes convaincus qu’il s’agit d'un excellent enregistrement studio. Il a une touche unique mais également une énergie et un groove communicatif.  Il y a une ballade rock, quelques  chansons qui restent dans la continuité de notre répertoire mélodique, je pense à « Sorry » ou « Beautiful », mais le reste de l’album ravira les fans de metal. »

    Stryper va effectivement recruter de nouveaux disciples dans les rangs des fans d’Accept, Judas Priest, King Diamond ou Megadeth. Le titre God Damn Evil s'est même attiré les foudres de l'Amérique puritaine. La chaîne de magasins Walmart et quelques béotiens pontifiants ont boycotté l’album car ils n’avaient pas compris le jeu de mot. Le groupe reste fidèle à ses convictions. Il ne reste plus qu’à espérer que la métamorphose musicale soit acceptée. [Ph. Saintes]     

     


    votre commentaire
  •  DOKKEN : Return To The East Live 2016

    DOKKEN

    Return To The East Live 2016

    Frontiers Records

    Mis sur pied à l’automne 1982 par le chanteur Don Dokken en compagnie de deux anciens membres de la formation Xciter - George Lynch (guitare) et Mick Brown (batterie) - et du bassiste Jeff Pilson, Dokken n’a jamais atteint les sommets malgré de somptueux albums comme Tooth And Nail et Under Lock And Key. Le groupe n’a d’ailleurs pas résisté à la lassitude et surtout aux tiraillements – les relations entre les quatre hommes devenant plus qu’exécrables dès la fin des années ‘80. Il a donc fallu attendre près de 20 ans après la rupture (fin ’97), pour revoir sur scène le quatuor original lors d’une mini-tournée japonaise (six concerts) et un unique show sur le sol US. Ce live a été capté en octobre 2016 au pays du Soleil-Levant à l’occasion du festival Loud Park. Les quatre musiciens ont mis de côté les guerres intestines pour proposer une prestation irréprochable. Tout le monde est en place, Pilson rayonne dans les chœurs et épaule Don Dokken empâté mais solide en voix tandis que les solos du maestro Lynch sont parfaitement exécutés. Quant à ‘Wild’ Brown, ce n’est pas un grand showman mais sa frappe est solide. Ce Return To The East regroupe les immortels classiques « Unchain the Night », « Dream Warriors », « Kiss of Death », « Breaking the Chains » et « In My Dreams » sans oublier « Into The Fire ». Au total : 12 morceaux et un bain de jouvence partagé par un public qui ne perd pas une miette de cet instant que chacun sait éphémère. Le DVD bénéficie d'une réalisation sobre mais de qualité, sans fioritures inutiles. En guise de bonus, on trouve un titre inédit (« It’s Another Day ») et deux versions acoustiques (« Heaven Sent », « Will The Sun Rise »). Il s’agit surtout d’un testament musical car il n’y aura malheureusement pas de suite à cette (trop courte) réunion. Jeff Pilson est en effet retourné au sein de Foreigner qui a un planning chargé et George Lynch poursuit ses nombreux projets (Lynch Mob, KXM, Sweet & Lynch). Une reformation fracassante mais finalement…fracassée ! [Ph. Saintes]


    votre commentaire
  • Ace Frehley : Anomaly deluxe

    ACE FREHLEY 

    Anomaly - Deluxe 

    Steamhammer / SPV

    Que peuvent donc avoir en commun Slash (Guns N’ Roses), Scott Ian (Anthrax), Tom Morello (Rages Against The Machine), Ty Tabor (King’s X), Mike McCready (Pearl Jam) et John Bush (Armored Saint) ? Une passion pour Kiss et Ace Frehley, le héros cosmique, pardi ! 20 ans après son précédent effort solo Trouble Walking et sept ans après son dernier départ de Kiss, le Space Ace revenait en force avec Anomaly (2009), accompagné du fidèle Anton Fig (batterie). Du tonitruant « Outer Space » à l’instrumental « Genghis Khan » en passant par la reprise de Sweet, « Fox On The Run » ou la ballade « A Little Below The Angels », Frehley avait sorti un carré d’as, en gardant dans la manche une quinte pour son album suivant, le solide Space Invader. Cette édition remasterisée (deux CD) comprend des versions alternatives et surtout deux inédits, la démo « Hard For Me » qui est en fait un brouillon du morceau « Foxy & Free » ainsi que le déjanté « The Return Of The Bar » (avec le rire de dingue du guitariste). Il devait probablement rester une bouteille de gin tonic dans le frigo du studio au moment de l’enregistrement de ce dernier titre. Anomaly avait en tout cas montré à la terre entière, que la père Ace n’avait pas troqué sa créativité contre la sobriété. [Ph. Saintes]


    votre commentaire
  • MASTERPLAN : PumpKings

    MASTERPLAN

    PumpKings

    AFM Records

    Le guitariste du groupe, Roland Grapow, a rajeuni onze morceaux composés par ses soins au cours de la décennie passée dans les rangs d’Helloween (1989-2000), des titres issus des albums Pinke Bubbles Go Apes, Chameleon, Master Of The Rings, The Time Of The Oath et The Dark Ride. Depuis le départ de Jørn Lande et Uli Kusch, Masterplan s'est perdu dans une sorte de trou noir à cause des changements de line-up en cascade. Le recrutement des dernières années n'a pas été très judicieux. Le timbre guttural de Rick Altzi, le nouveau chanteur, est d'ailleurs l'un des points faibles de l'album (le second étant l’absence de titres inédits). Mais objectivement, les reprises de « Mankind » et « Escalation 666 » éclipsent les originaux chantés par Andi Deris. Le progressif  « The Dark Rises »  est également plus abouti. Haute technicité, authenticité, mélodie, tout y est dans ce disque en forme de best-of. Ça c'est bien le Roland Grapow des furieuses soirées power metal d'antan ! Ses fans regretteront qu'il n'ait pas été invité à la fête des citrouilles, la tournée mondiale 'Pumpkin-United Tour'. Et s'il y avait dans son PumpKings comme un soupçon de revanche ? [Philippe Saintes]


    votre commentaire
  •  

    Voici une sélection de disques du label Frontiers à emporter dans vos valises :

     CRAZY LIXX
     Ruff Justice

    Crazy Lixx Ruff Justice

     

    Les déjantés suédois proposent un album studio (leur 5è) inspiré et habité, qui, souvent, touche au sublime. Les fans de Def Leppard période Pyromania apprécieront ce glam rock à la fois mélodique et groovy

     

    HAREM SCAREM
     United

     

    Harem Scarem - United

    Energique et mélodique, voilà comment on pourrait décrire les ingrédients des morceaux du  14è album des canadiens de Harem Scarem, la fierté de Toronto.

     

    JACK RUSSELL’S GREAT WHITE
     He Saw it Coming

    Jack Russell's great White - He saw it coming

    Jack Russell semble avoir vaincu ses vieux démons. La voix reste chaleureuse aussi bien sur les titres blues, que les ballades acoustiques ou les morceaux accrocheurs. Largué par ses collègues de Great White en 2011, le ‘Jack’ a cette fois pris une longueur d’avance. On attend avec impatience le sprint final.

     

    QUIET RIOT
     Road Rage

     

    Quiet Riot : Road Rage

       

    Il est des retours que l’on n’attend pas spécialement. C’est le cas de Quiet Riot. Et pourtant, à l’arrivée, ce premier album après 8 ans d’absence fait partie des bonnes surprises de l’été (l’album sortira le 4 août). On y retrouve la style 80s du groupe allié à des touches plus modernes mâtinées d’un zeste de groove. Un mélange plutôt réussi, auquel la voix de James Durbin colle parfaitement.  

     

     

    TOKYO MOTOR FIST
     Tokyo Motor Fist

      

     Tokyo Moto Fist

     

    Voici un groupe formé de musicians prestigieux : le chanteur Ted Poley (chant, Danger Danger), le guitariste/producteur Steve Brown (Trixter), le bassiste Greg Smith (Ted Nugent, Rainbow, Alice Cooper) et le batteur Chuck Burgi (Rainbow, Blue Oyster Cult, Joe Lynn Turner). Le quatuor cherche clairement son inspiration dans le hard-rock des 80s et  personne n’est déçu !

     

     

    TREAT
    The Road More or Less Traveled

     

    Treat - Live

     

    Les rockeurs suédois font de la résistance. Trente ans après ses débuts, Treat continue en effet d’occuper le terrain du hard mélodique. À l’ancienne, mais toujours pas déclassé. Un live à consommer comme un cocktail sur les plages d’Almeria…sans modération !

     

     

    UNRULY CHILD
     Can't Go Home

     

    Unruly Child - Can't Go Home

     

    Pas question d’oublier le sympathique come-back de Marcie Michelle Free (King Kobra) qui a certainement marqué les fans de hard mélodique, avec ce 6è album déjà du combo Unruly Child. Rafraîchissant !

     

    WARRANT
     Louder Harder Faster

     

    Warrant - Louder, Harder, Faster

    Le dernier opus de Warrant se laisse écouter sans surprendre mais la variété de tons est telle, sur les mélodies en béton que l’auditeur passe un bon moment en compagnie d’un groupe authentique. 


    votre commentaire
  • SNAKECHARMER : Second Skin

    SNAKECHARMER

     Second Skin

    Frontiers / Harmonia Mundi

    Voilà déjà quatre printemps que les sympathiques musiciens britanniques nous ont glissé leur excellent premier album éponyme entre les pattes. Snakecharmer c’est le groupe créé par Neil Murray, bassiste des chefs-d’œuvre du serpent blanc. Dans son entourage, Laurie Wisefield qui grattait pour Wishbone Ash, Chris Ousey ex-chanteur de Heartland, le claviériste Adam Wakeman qui a bricolé avec Ozzy Osbourne et la batteur Harry James, pilier de Thunder. Enfin, le dernier arrivé, l’Irlandais Simon McBride est considéré par les spécialistes comme le fils spirituel de Gary Moore. Second Skin nous replonge dans les ‘70s et ‘80s avec un blues-rock british énergique et bourré d’âme. Un blues si profond qu’il nous fait voir la vie en rose à l’écoute des « Hell A Way To Live », « Forgive & Forget » et  « Fade Away ». Mais si la rondelle est couverte de bleu, elle n’en reste pas moins riche et variée avec de judicieuses mélodies et des influences classiques. « Are You Ready To Fly » rappelle la flamme qui animait Whitesnake autrefois ; l’envoûtant « Where Do We Go From Here » s’aventure sur le terrain de Led Zep, alors que l’on boogise façon Bad Co sur « Sounds Like A Plan », le premier fleuron de l’album. Un plaisir suranné et un choc des générations régénérant. [Ph. Saintes]


    votre commentaire
  • NIGHT RANGER : Don’t Let Up

    NIGHT RANGER

    Don’t Let Up 

    Frontiers / Harmonia Mundi

    Sur cette 12è livraison, qui fait suite à l’excellent concert-anniversaire (35 years And A Night In Chicago), l’inspiration des Californiens ne s’est pas fait la malle. Que les fans de la première heure se rassurent, le diagnostique est très bon. Seconde bonne nouvelle, le groupe a pris le parti de revenir aux sources. Ainsi, « Comfort Me » et « Jamie » semblent tout droit sorti de Midnight Madness (1983). « Day and Night » et « (Won’t Be Your) Fool Again » renouent avec les solos endiablés et débordements héroïques. Keri Kelli (Alice Cooper, Slash) qui a été choisi pour assurer la redoutable succession de Joel Hoekstra (« transféré » chez Whitesnake), est le complément idéal du jeu redoutablement précis de Brad Gillis. Sur le plan musical, il est question de rock’n’roll avec des passages mélodiques produisant une électricité statique à faire dresser les poils. On ne trouve pourtant qu’une seule ballade sur Don’t Let Up, l’acoustique « We Can Work It Out ». La diversité des morceaux ne bafoue pas l’identité sonique de la bande à Jack Blades. Le tour de force n’était pas facile à réaliser mais le pari est réussi haut la main.  Davantage encore que la longévité des Night Ranger, c’est cette foi intacte dans le pouvoir de leurs compos éthérées qui ne marque pas d’étonner. [Ph. Saintes]

     


    votre commentaire
  • DEF LEPPARD : And There will Be A Next Time – Live From Detroit

    DEF LEPPARD

     And There will Be A Next Time – Live From Detroit

    Eagle Rock Entertainment / Universal Music France 

    À l’exception des îles Britanniques, le Def a rayé le reste de l’Europe de son planning lors de la tournée 2015-2016. Une stratégie délibérée des gars de Sheffield ? « Le territoire américain étant vaste, c’est logique que nous y passions plus de temps qu’en Europe » avait déclaré Joe Elliot à Metal Obs’ en octobre 2015. Il est vrai que le groupe croule sous les invitations et le public nord-américain continue à remplir les salles ou amphithéâtres de plein air comme à Detroit, la ville du rock, où ce live a été enregistré l’été dernier.  Au menu : quatre-vingt-dix minutes de bonnes chansons magistralement interprétées. La réalisation met chaque musicien parfaitement en valeur et les animations vidéos illustrent judicieusement les morceaux comme l’explosion en mille morceaux de la couverture du dernier opus. Le spectacle fait partie de l’ADN de Def Leppard qui interprète ici trois nouveaux titres : le hit « Let’s Go », le mid-tempo « Dangerous » et le groovy « Man Enough ». Mais le show s’emballe lorsque le groupe exécute ses classiques (« Armageddon It », « Hysteria », « Let’s Get Rocked », « Pour Some Sugar On Me ») ou l’instrumental « Switch  625 » avant de quitter une première fois les planches pour revenir en rappel jouer « Rock Of Ages » puis « Photograph ». Le temps ne semble pas avoir de prise sur Joe Elliott et ses potes. « And There will be a next time »…en France de préférence !  [Ph. Saintes] 


    votre commentaire
  •    Stephen Pearcy - Smash

    STEPHEN PEARCY

    SMASH 

    Frontiers / Harmonia Mundi

    Alors que le géant américain Ratt s’apprête à effectuer un come-back en 2017, son chanteur Stephen Pearcy sort un 4è album solo à la fois rétro et moderne, nostalgique et innovant. Les fans de la première heure peuvent se rassurer, Pearcy est en grande forme et, surtout, il n’a rien perdu de ce timbre de voix rauque qui a fait le succès de Ratt durant la période faste des ‘80s (15 millions de disques vendus, svp !). Smash accumule les petits détails harmoniques (« Jamie », « Want Too Much ») et de légers accès de folie (« I Know I’m Crazy », « Dead Roses »). Ledit opus nous dispense aussi d’excellentes mélodies et des riffs incisifs. Le résultat est juste épatant. 13 titres à découvrir avec une préférence personnelle pour le single « I Can’t Take It », «  Shut Down Baby » un morceau au tempo zeppelinien enregistré avec Chris Hager (Rough Cutt), le psychédélique « Summers End » qui clôture le disque ou «  Lollipop » et « What Do Ya Think » sur lesquels planent des effluves de Guns’n Roses et Aerosmith. Stephen Pearcy,  bien secondé par le guitariste suédois Erik Ferentinos, a mis en boîte un album radical pour les lendemains de réveillons. [Ph. Saintes]

     


    votre commentaire
  •   TOTO : Live at Montreux 1991

     TOTO

    Live At Montreux 1991

    Eagle Rock Entertainment / Universal Music France

    Toto a offert à Montreux en juillet 1991, un concert de haute tenue, à la fois délirant et très professionnel. Que d’émotions et de plaisir de retrouver les deux frangins Porcaro, aujourd’hui disparus. Mike (basse) prend son pied sur scène tandis que Jeff (batterie) est à la hauteur de sa réputation. Steve Lukather nous ensorcèle avec ses guitares, pendant que le débonnaire David Paich joue sur ses claviers avec une sensation d'aisance et une limpidité stupéfiante. Le quatuor est accompagné par trois voix magnifiques (des choristes ‘empruntés’ à Mick Jagger et Phil Collins) ainsi qu’un  percussionniste efficace. Le show débute avec deux titres inédits prévus à l’origine pour l’album Kingdom Of Desire, auxquels viennent s’ajouter les classiques « Africa » et « Rosanna », la ballade « I’ll Be Over You » et  l’instrumental « Jack To The Bone » qui prennent une toute autre dimension live. Toto joue aussi une version de « Red House », en hommage à Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan, avant de  parachever le travail avec « I Want To Take You Higher » le tube de Sly and The Family Stone. Pour ce dernier morceau de folie, le groupe est accompagné  par les musiciens de Miles Davis, le célèbre producteur Quincy Jones, sans oublier Claude Nobs, le fondateur du prestigieux Montreux Jazz Festival. Un concert splendide et énergique comme seule l’authenticité des meilleurs musiciens de…studio pouvait nous l’offrir! [Ph. Saintes]     

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique