• La Machine du Moulin Rouge, autrefois « La Locomotive », illustre salle parisienne, était bien remplie pour célébrer le retour de Mr. Big, après trois ans d’absence. C’est une "dream team"  affamée qui a déboulé sur scène. Si Eric Martin, Billy Sheehan, Paul Gilbert et Matt Starr ont été à la hauteur de leur réputation, le batteur Pat Torpey, diminué par la maladie de Parkinson, a joué des percus durant une bonne partie du concert et pris place derrière les fûts sur la ballade « Just Take My Heart ». Quelle joie de le retrouver hilare sur la scène. Mr. Big a présenté un show de grande qualité, à la fois délirant et très professionnel.  Le public ravi n’a pas manqué de saluer l’anniversaire de Mister Gilbert qui nous a ensorcelés avec ses guitares magiques pendant près de deux heures. Avant cela, les revenants américain de Faster Pussycat et les flamboyants irlandais de The Answer, ont laissé parler pendant 45 minutes chacun, la puissance brute de leur hard rock authentique et sans compromis. All Killer - no filler!

    FASTER PUSSYCAT - Paris 2017

    FASTER PUSSYCAT - Paris 2017 (2)

     FASTER PUSSYCAT - Paris 2017 (3)

    THE ANSWER - Paris 2017

    THE ANSWER - Paris 2017 (2)

    THE ANSWER - Paris 2017 (3)

    Paul Gilbert - Paris 2017

    Mr. Gig - Paris 2017

    Billy Sheehan et P. Gilbert - Paris 2017

    Pat Torpey - Paris 2017

    Eric Martin - Paris 2017

    Mr. Big set list - Paris 2017


    votre commentaire
  • Peu de monde pour cette douzième édition du festival Metal/Hard Rock mélodique dédiée cette année au hard suédois. A peine une cinquantaine de spectateurs ! Un coup dur pour l’'ASBL Rock Aid, qui reverse une partie de ses bénéfices à des œuvres sociales. On tirera un grand coup de chapeau aux groupes qui ont tout de même assuré le show au centre culturel d’Eupen, samedi dernier. Une ambiance baba-cool régna pendant la durée des festivités (et même au-delà). L’affiche (Overdrive et 220 Volt se produisaient pour la première fois de leur carrière en Belgique) valait le déplacement et une fois de plus, les absents ont eu tort….

    Overdrive - The Loaf Festival 2017

    Overdrive en formation de combat !

    220 volt - The Loaf Festival 2017

    220 volt : ça sent bon les 80s !

    Kee Marcello band - The Loaf Festival 2017

    Kee Marcello Band : la pêche sans artifices !

    Kee Marcello - The Loaf Festival 2017

    Kee Marcello (ex-Europe) : "I'm Not Superstitious"

    Kee Marcello Band - "Girl From Lebanon" live in Belgium


    votre commentaire
  •  L.A. GUNS

    Gros calibres

     Vétéran de la scène du Sunset Strip, L.A. Guns était devenu un groupe à deux têtes. D’un côté la formation « officielle » menée par Phil Lewis et de l’autre, son alter ego dirigé par Tracii Guns (fondateur et guitariste). Une situation qui a débouché sur une certaine confusion, même auprès des fans. Quinze ans après leur séparation, les deux musiciens ont fini par enterrer la hache de guerre. Une réconciliation à défaut d’une vraie reformation mais  une attitude rock and roll. [Entretien avec Phil Lewis (chant) par Philippe Saintes – photos : Dustin Jack]

    L.A Guns - promo shoot 2017
     

    On est ravi de vous voir de nouveau réunis. Comment s’est fait le rapprochement avec Tracii Guns ? 

    C’est à l’occasion d’un événement caritatif à Las Vegas au profit d’enfants défavorisés, que nos chemins se sont croisés à nouveau. On ne s’était plus vu ni parlé depuis 15 ans. J'ai reçu un coup de téléphone du  promoteur de l’événement pour m’annoncer que mon ancien acolyte allait participer à ce concert-charité. Il m’a demandé si j’étais intéressé de jouer deux ou trois chansons avec Tracii, pour la bonne cause. Comme je résidais à Las Vegas, je n’avais aucune excuse. J’étais plutôt anxieux, car nous n’étions pas en très bons termes. Toutefois, les retrouvailles ont été cordiales. On a juste parlé de la soirée et des personnes qui allaient y prendre part. Sur scène, ce fut magique ! J’ai senti que l’alchimie était à nouveau là quand nous avons joué ces quelques morceaux…. On était là tous les deux, heureux de pouvoir récolter de l’argent pour des enfants. L’idée d’une reformation n’a même pas été effleurée. La semaine suivante, j’ai invité Tracii à un concert Unplugged. L’ambiance était détendue. Il m’a fait entendre quelques chansons de son nouvel album et m’a proposé de venir chanter sur quelques titres. C’était le début de notre seconde lune de miel (rires).

    Quelle a été ton implication dans cet album ? 

    Le projet remonte à 2015. Traci travaillait déjà sur ce disque depuis un an, lorsque je suis monté à bord. Il a été très impliqué dans le processus de composition et le son de The Missing Peace. Tout le mérite lui revient ! Une fois les pistes enregistrées, j’ai pris l’avion pour me rendre dans le studio du producteur Mitch Davis, à New-York. On a mis quatre jours à enregistrer les voix. Mitch m’a poussé dans mes derniers retranchements. Grâce à lui, il en est ressorti des émotions incroyables. Je n’ai jamais aussi bien chanté. 

    Tu es originaire de Londres, comment as-tu rejoint la bande de L.A., en 1985 ? 

    Tracii était fan de mon premier groupe Girl, qui a connu un certain succès en Angleterre (1980-1982). Je connaissais déjà à cette époque le manager de L.A Guns, Alan Johns. Tracii n’était pas très heureux avec son premier chanteur (Mars Black) en raison de son addiction pour les substances illégales. Par l’intermédiaire d’Alan, il m’a invité à le rejoindre à Los Angeles. Il tenait à ce que je devienne le nouveau frontman de L.A. Guns. Je suis parti dès le lendemain avec 200 dollars en poche et un sèche-cheveux, pour devenir une rockstar à L.A. (il rit). A Londres, il pleuvait depuis trente jours et je suis arrivé dans une ville où il y a 330 jours de soleil par an. C’était vraiment le paradis. Mon meilleur souvenir d’artiste ? Ma première tournée dans un van avec le groupe. J’ai alors découvert les Etats-Unis, d’Hollywood à Phénix en passant par Las Vegas, avec une bande de potes. Ce fut une aventure fantastique, inoubliable.  

    Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui? 

    D’une certaine manière les années ’80 me manquent mais d’un autre côté, je ne regrette pas les interférences des maisons de disque, des managers ou des publicitaires. Nous étions devenus une machine à fric avec un tas de gens autour de nous pour nous ‘conseiller’. Nous n’avons pas su nous prémunir des aspects néfastes de ce milieu et la formation d’origine s’est scindée. La musique était devenue la propriété d’une industrie sans âme. Aujourd’hui, le groupe s’exprime librement et The Missing Peace est sans doute notre meilleur album. 

    Qu'attends-tu justement de celui-ci ?

    On sait que l’on ne vendra pas un million de copies comme Cocked and Loaded (1989) mais ce n’est pas le but. L.A. Guns n’est pas un groupe « fashion », la mode ne nous intéresse pas. Ce serait stupide de ma part de vouloir ressembler à Liam Gallagher (Oasis). Au niveau créatif, la collaboration avec Tracii me procure beaucoup de satisfaction. C’est juste génial de pouvoir faire un nouvel album ensemble.

    "Notre but était de régénérer le son rock des années '80 et de le transposer subtilement à l’époque actuelle."

    Tracii Guns & Phil Lewis 2017

     

    Steve Riley (batteur), qui a été un membre important de L.A. Guns ne figure pas sur The Missing Peace, pourquoi ?

    Tracii avait déjà un batteur, Gavin Purcell et un bassiste, Johnny Martin. Les textes étaient écrits et la musique déjà enregistrée, il n’y avait donc plus de place pour Steve sur cet album. Du groupe d’origine, nous avons invité Kelli Nickels (basse) et Mick Cripps (guitare) mais nos arguments n'ont guère provoqué d'enthousiasme chez eux, contrairement à Michael Grant, qui a joué auparavant dans ma version de L.A Guns. Ce surdoué de la six-cordes est le plus jeune membre du gang, et il apporte un véritable vent de fraîcheur. Tracii et Michael prennent vraiment du plaisir lors des démonstrations de guitare sur scène. Ce sont deux virtuoses.

    On imagine que vous allez opter pour une tournée européenne (novembre 2017) en forme de best-of. Comptez-vous aussi intégrer des chansons du nouvel album dans la setlist ? 

    « Speed » qui est le premier single, bien sûr. On vient d’ajouter la très belle ballade « The Flood Is The Fault Of The Rain » et je pense que « Sticky Fingers » sera le prochain titre de l’album à être transposé sur scène.

    Quel a été ton premier concert ?

    Black Sabbath et Uriah Heep au Royal Albert Hall de Londres, en 1973. J’en ai gardé un très bon souvenir.

    Et le premier album que tu as acheté ?

    J’ai assisté à Hyde Park à un festival gratuit avec notamment Grand Funk Railroad et Humble Pie. La prestation d’Humble Pie m’ayant impressionné, j’ai acheté leur premier disque en même temps qu’un vinyle de Ten Years After.

    Pour conclure, pourquoi nos lecteurs doivent-ils absolument acheter The Missing Peace ?

    L.A. Guns est un groupe catalogué 80s. Notre but était de régénérer le son rock des ces années et de le transposer subtilement à l’époque actuelle. Je pense que nous y sommes arrivés avec The Missing Peace. 

     

    L.A. GUNS : The Missing Peace cover

     L.A. GUNS

    The Missing Peace

    Frontiers / Harmonia Mundi 

    Guitares en bandoulières,  les Californiens (sans Steve Riley) repartent à l’assaut, bien décidés à remonter dans le peloton de tête du heavy Metal. La musique de L.A. Guns est une mixture de Led Zeppelin, Bon Jovi et des Sex Pistols mais le groupe parvient à conserver une certaine originalité. « It’s All The Same To Me » démarre l’album dans un nuage de poussière. Phil Lewis et Tracii Guns s’éclatent dans un heavy rock’n’roll sentant bon la sueur et le souffre. Ecoutez ces brulôts que sont « A Drop Of Bleach », le bien nommé « Speed » ou les entraînants « The Devil Made Me Do It » et « Baby Gotta Fever » alors que « Don’t Bring A Knife To A Gunfight » rappelle le gosier de Billy Idol. Les douze compositions sont très carrées et déboulent à une cadence d’un Colt 45. Lewis chante avec ses tripes. Les guitares ne sont pas en reste et, viennent zébrer de notes incandescentes ce hard rock qui a la valeur d’une grosse bouffée d’air pur. Energique, le groupe s’adonne aussi à des mélodies chatoyantes (« Christine », « The Missing Peace » ou la ballade à la Lynyrd Skynyrd « The Flood Is The Fault Of The Rain ») avec cette fois des guitares mélodieuses et sensuelles. Attention, ces fusils-là ne sont pas de vulgaires pistolets à eau ! [Ph. Saintes]   


    votre commentaire
  • Nouvelles en cascade pour les fans de Kiss. Au rayon sortie, on saluera le premier album solo de Bob Kulick, le remplaçant de Ace Frehley sur plusieurs titres studios des album Alive et Killers. On trouve sur Skeletons In The Closet, une pléiade d’invités : Dee Snider, Rudy Sarzo, Chuck Wright, Bruce Kulick, Vinny Appice, Frankie Banali, Eric Singer, Brent Fitz, Scot Coogan, Chuck Burgi ou Bobby Rock.

    Bob Kulick Skeletons In The Closest

     

    Dans le même temps sort l’album de Warrior, formation éphémère au sein de laquelle évoluait Vinnie Vincent et trois membres du groupe New England (le claviériste Jimmy Waldo, le bassiste Gary Shea and la batteur Hirsh Gardner), en 1982.

    Warrior Cover

     

    De son côté Ace Frehley a retrouvé sur scène ses anciens comparses du Frehley’s Comet, John Regan et Tod Howarth vendredi à Poughkeepsie, New York.

     

    Ace a également annoncé que Gene Simmons jouerait de la basse et chanterait sur son prochain album solo. Le Demon a, pour rappel, co-écrit deux chansons avec son ancien compère. Le duo se retrouvera se 20 septembre prochain à St. Paul, Minnesota, dans le cadre d’un concert-charité au profit des victimes de l'ouragan Harvey. Plus de 10 000 personnes sont attendues pour remplir le CHS Field Stadium avec la participation de Don Felder (ex-Eagles) et de Cheap Trick. 

    Gene Simmons The Vault

    Moins charitable le prix de The Vaultun coffret de 10 CD sur lequel les heureux propriétaires pourront découvrir des heures d’enregistrements (150 titres) inédits de M. Simmons. Celui sera disponible directement sur le site de l’artiste pour…2000 dollars (prix de base). Les acheteurs auront l’honneur de recevoir ce véritable coffre-fort (qui contiendra plusieurs objets) des mains de Gene en personne lors de l’un des 21 événements organisés par ce dernier autour de la planète. 

    www.genesimmonsvault.com

     


    votre commentaire
  • Ace Frehley : Anomaly deluxe

    ACE FREHLEY 

    Anomaly - Deluxe 

    Steamhammer / SPV

    Que peuvent donc avoir en commun Slash (Guns N’ Roses), Scott Ian (Anthrax), Tom Morello (Rages Against The Machine), Ty Tabor (King’s X), Mike McCready (Pearl Jam) et John Bush (Armored Saint) ? Une passion pour Kiss et Ace Frehley, le héros cosmique, pardi ! 20 ans après son précédent effort solo Trouble Walking et sept ans après son dernier départ de Kiss, le Space Ace revenait en force avec Anomaly (2009), accompagné du fidèle Anton Fig (batterie). Du tonitruant « Outer Space » à l’instrumental « Genghis Khan » en passant par la reprise de Sweet, « Fox On The Run » ou la ballade « A Little Below The Angels », Frehley avait sorti un carré d’as, en gardant dans la manche une quinte pour son album suivant, le solide Space Invader. Cette édition remasterisée (deux CD) comprend des versions alternatives et surtout deux inédits, la démo « Hard For Me » qui est en fait un brouillon du morceau « Foxy & Free » ainsi que le déjanté « The Return Of The Bar » (avec le rire de dingue du guitariste). Il devait probablement rester une bouteille de gin tonic dans le frigo du studio au moment de l’enregistrement de ce dernier titre. Anomaly avait en tout cas montré à la terre entière, que la père Ace n’avait pas troqué sa créativité contre la sobriété. [Ph. Saintes]


    votre commentaire
  • RIVERDOGS

    California dudes

    Malgré un cancer, Vivian Campbell a été capable de jouer dans trois groupes cette année. Entre les tournées de Def Leppard et Last In Line, le vaillant guitariste irlandais a encore eu le temps de réactiver le projet Riverdogs et donner une suite à l'album éponyme de 1990. Plein de fraîcheur, California n’est pas vraiment hard à 100% mais Mister Campbell est trop fertile pour se limiter à un genre cartésien. [Entretien avec Vivian Campbell (guitare) par Philippe Saintes – photos : Kelsey Danzeisen et Phil de Fer]

    VIVIAN CAMPBELL

    Viv, Riverdogs s’est formé en 1989. Peux-tu nous en rappeler la genèse ? 

    J'ai commencé par aider ce groupe sur quelques démos alors que je jouais pour Whitesnake. Au moment, de la préparation de l’album Slip Of The Tongue, j’étais mal à l'aise avec les choix de David Coverdale, j'ai donc saisi l'occasion pour me joindre à Riverdogs. Le timing était parfait puisque leur guitariste (Chris Buttleman) ne convenait pas. Nous avons obtenu un contrat avec CBS, le label de Tony Martell en mai 1989. L’enregistrement de l’album fut une galère en raison de la  dégradation des relations avec le premier producteur (Michael Frondelli) puis le rachat de CBS par Sony qui a entraîné de nombreux changements de personnel au sein du label. Le nouveau ponte (Richard Griffiths) nous a clairement fait savoir qu'il consacrerait son budget promotion à d'autres groupes (Note : Pearl Jam et plusieurs formations de la vague Grunge). Il ne croyait pas dans le potentiel de l’album, jugé trop « hard ». Ironiquement, Riverdogs n’était pas un groupe de heavy metal classique. Avec des intonations blues et folk, notre répertoire était même assez éloigné de celui du microcosme rock de L.A. Après des problèmes de batteurs (quatre changements en un an) et les frictions avec ‘Mike’ Frondelli, la maison de disque nous lâchait. Entre le début de l’enregistrement et sa sortie, un an et demi s’était écoulé. Je n’ai jamais reçu le moindre centime.  Désabusé par tous ses soubresauts, j’ai décidé de rejoindre Shadow King (1991) avant d'être appelé par Def Leppard un an plus tard. Riverdogs a continué un temps sans moi. Psychologiquement, ce fut une période difficile, pourtant notre travail a récolté des commentaires dithyrambiques de la part de la presse spécialisée, surtout en Europe. Depuis, le disque est devenu culte. La carrière du groupe a été interrompue suite au mauvais jugement d'un individu.

    La ligne directrice était  de créer un album comparable à ce 1er opus…  

    Absolument ! Nous avons voulu reproduire les sons et la texture du premier disque même si la recette est différente. Il y a par exemple moins de guitares acoustiques sur California et mon jeu est plus dynamique. Je suis d’ailleurs très satisfait du résultat. Les onze chansons de l’album sont le fruit d’un travail collectif, d’une équipe soudée. Dans le but de sonner artistiquement avec l’histoire de Riverdogs, Nick (Brophy, basse), qui est un ingénieur du son très talentueux, a analysé nos premières chansons et pris des tonnes de notes sur les plans et les arrangements réalisés à l’époque. Il a également consulté Jeff Glixman, le producteur qui a mixé et terminé l’album de 1990. On a aussi employé un équipement à l’ancienne pour renforcer ce caractère. Personnellement, j’ai joué sur quelques guitares utilisées lors de l’enregistrement de Riverdogs et avec le même ampli.

    C’est une véritable ode à la Californie. La nostalgie est palpable du titre de l'album à son artwork.

    Nick, Mark (Danzeisen, batterie) et Rob (Lamothe, chant) sont originaires du sud de la Californie. Je réside à Los Angeles depuis l’enregistrement de l’album Holy Diver avec Dio (1983) et mon épouse est américaine. J’ai passé une grande partie de mon existence là-bas, même si mes origines sont irlandaises, indiscutablement. Avant la sortie du premier album, nous avions écumé les clubs de San Diego, Los Angeles, Sacramento et San Fransisco.  California est en quelque sorte un retour à nos racines. Rob parle d’ailleurs dans ses textes d'expériences vécues et des endroits fréquentés à nos débuts. C’est à la fois un album conceptuel et autobiographique.

     

    RIVERDOGS 2017

     

    A l'écoute de California le premier mot qui m'est venu à l'esprit est « spontanéité »... 

    Rob habite aujourd'hui en Ontario (Canada) et Nick à Nashville, Tennessee. Tout notre budget est passé en frais d'hôtels, location de voiture, billets d'avions, nourriture... L'enregistrement fut par conséquent des plus rapides puisque concentré sur deux séances de cinq jours dans le studio privé de Mark, à Los Angeles, pour ce qui concerne la composition et les bases instrumentales.  La batterie et mes parties de guitares ont ensuite été réenregistrées dans un plus grand studio de la côte Ouest tandis que le chant de Rob et les harmonies vocales ont été mis en boîte à Nashville, dans le propre studio de Nick. La qualité des chansons est très forte. On s'est éclaté tous les quatre et tu peux effectivement entendre cet esprit spontané sur l'album. Il y a une grande complicité humaine et artistique entre nous. J'aime faire de la musique avec des gens qui prennent leur travail au sérieux mais qui ne se prennent pas au sérieux !

    Musicalement, tu sembles épanoui avec le répertoire de Riverdogs ou celui de Last In Line. Ton jeu est plus riche et étoffé comparé à l'univers de Def Leppard.  

    C’est très compliqué de jouer dans trois groupes à la fois. J’ai rejoint Def Leppard en 1992. Les harmonies vocales subtiles et les refrains accrocheurs sont la marque de fabrique du groupe. Nous bossons dur là-dessus. Il y a certes des parties de guitares complexes et intéressantes dans les morceaux de Def Leppard mais j’aime relever de nouveaux défis. Avec Riverdogs et Last In Line, je peux me concentrer essentiellement sur mon jeu  et la production. Mes expérimentations correspondant à ce que je peux être réellement. Je me suis libéré de certaines choses et j'ai aujourd'hui davantage confiance dans mon style (il rit).

    Outre ton jeu de guitare, le point fort de l'album est la magnifique voix de Rob Lamothe, un chanteur rock aux accents blues et soul...

    Effectivement ! J’ai travaillé durant ma carrière avec des chanteurs exceptionnels, Ronnie James Dio, Lou Gramm (Foreigner), Joe Elliott (Def Leppard) ou David Coverdale (Whitesnake). Rob fait partie de cette catégorie, c’est un chanteur de classe mondiale et aussi un très grand compositeur. Son talent n’est malheureusement pas reconnu à sa juste valeur. Lorsque je l’ai entendu pour la première fois, j’étais convaincu qu’il allait devenir une grande star de la chanson. L’industrie musicale est bizarre. J’ai côtoyé une foule d’artistes doués qui n’ont pas rencontré le succès. Le talent et la réussite  ne font pas toujours bon ménage… 

    Cette idée de reformation on la doit au label Frontiers qui a su se montrer persuasif… 

    Après le succès de l’album Heavy Crown (Last In Line), Serafino Peugino, le Directeur du label Frontiers Records m’a appelé pour me demander si j’étais intéressé par la réalisation d’un nouvel opus de Riverdogs, dans l’esprit  du premier album. Son honnêteté m’a plu. Nous avions déjà enregistré un autre disque il y a quelques années, World Gone Wild (2011) à l’occasion d’une réunion occasionnel. Je ne vais pas dire qu’il ne présente aucun intérêt, toutefois il était loin d’avoir donné satisfaction. Avec le recul, je sais que nous aurions pu faire mieux, connaissant notre potentiel.

    Comptes-tu tourner avec Riverdogs dans les mois à venir ? 

    On envisage de donner un concert à la fin de l'année en Californie du Sud mais il n'y aura pas de tournée. Cette année a été très intense pour moi. J'ai terminé les dates US de Def Leppard en juin et j'enchaîne avec une série de shows avec Last In Line, en Europe pendant l'été. En septembre, je rentre en studio pour enregistrer le deuxième album de Last In Line qui sera produit cette fois encore par Jeff Pilson (Dokken, Foreigner). Mon agenda musical est bien rempli. 

    RIVERDOGS 2017(2)

    Le décès de Jimmy Bain (68 ans) pendant la croisière « Def Leppard » début 2016 a été brutal. Last In Line a néanmoins souhaité poursuivre son parcours musical avec un autre bassiste.

    Cela a été un choc terrible pour nous. Son décès est intervenu un mois avant la sortie de Heavy Crown. Jimmy avait mis beaucoup d’espoir dans ce disque. Il y a quelques années, il a joué de malchance. Il était pratiquement insolvable et a connu des soucis avec la justice. La musique fut en quelque sorte une bouée de sauvetage. Il était très enthousiaste, et s'était même fait tatouer notre logo sur son bras droit, son seule tatouage d’ailleurs, c'est dire son engagement envers le groupe. Jimmy était une personne avec qui il était agréable de travailler. Entre lui, Vinny (Appice, batterie) et moi, l'alchimie fonctionnait à la perfection. Bien qu’il luttait contre un cancer, nous avons tous été ébranlé par sa disparition soudaine. Dans un premier temps, la tournée a été annulé, mais Last In Line est finalement remonté sur scène pour honorer sa mémoire, avec Phil Soussan (ex-Ozzy Osbourne, Vince Neill) à la basse. Phil est un ami de longue date et son style est similaire à celui de Jimmy. A chaque concert nous continuons à le célébrer à travers la chanson « Starmaker ». Il sera toujours avec nous.

    A l'exception du Royaume-Uni, Def Leppard s'est montré plutôt discret sur le « Vieux continent » ces dernières années.

    Même si aucune date n’a encore été annoncée, je peux te dire que nous viendrons en Europe l’année prochaine dans le cadre d’une tournée mondiale. Pour l'heure, nous commémorons les 30 ans de la sortie de l'album Hysteria, les 40 ans du groupe (formé en 1977)  et ma 25è année au sein de Def Leppard. On a aussi quelques idées pour un nouvel album mais il n'y a pas de plan pour l'instant. 

    Comme tout britannique qui se respecte, le football est l'une de tes passions. Quel est ton club préféré ?  

    A vrai dire, je ne suis pas un partisan inconditionnel. Quand j'étais gamin à Belfast dans les années'70, le sectarisme était profondément ancré dans le football nord-irlandais. Je n'ai jamais supporté un club local par contre j'ai été fasciné très jeune par le FC Chelsea car mes parents ont brièvement habité dans le quartier de Stamford Bridge. Vers l'âge de quinze, seize ans quand je me suis mis à la guitare, j'ai lâché le foot. Il aura fallu attendre mon passage dans Def Leppard dans les années 90 pour renouer avec le ballon rond. Aujourd’hui, je vais voir l'un ou l'autre match quand j'en ai la possibilité.

    Tu sais qu'il y a un talentueux joueur belge dans les rangs des Blues... 

    Bien sûr, Eden Hazard (rires).

    RIVERDOGS 2017(3):

     

    En tant que Nord-Irlandais, que penses-tu du Brexit ? 

    L'Irlande du Nord est un cas particulier. C'est probablement la nation du Royaume-Uni qui risque de perdre le plus d'argent avec le Brexit car elle est la plus subventionnée. La sortie de l'euro risque de desservir la jeunesse. C'est un non-sens. Une réunification irlandaise permettrait à l'Irlande du Nord de rester dans l'UE. Ce serait ironique, l'Irlande réunifiée grâce au Brexit (rires). Je suis en principe un citoyen du Royaume-Uni mais ma famille à ses racines en République d'Irlande, dans les comtés de Tyrone et du Donegal. C'est très difficile pour moi de m'identifier à l'une ou l'autre communauté. Tout comme pour le Brexit, j'ai un sentiment négatif par rapport à l'identité nationale, le patriotisme exacerbé. Cela me fait penser à la chanson de John Lennon « Imagine » : Imagine qu'il n'y a aucun Paradis, Imagine qu'il n'y a aucun pays ! C'est sans doute très naïf mais à la fin de la journée, on est finalement tous humains et on a tous des envies.

    Pour conclure, comment évolue ton combat contre le lymphome de Hodgkin (cancer du système immunitaire) ? 

    Les derniers résultats sont prometteurs. Il y a deux ans, les médecins ont décidé de passer à l’immunothérapie, un traitement qui vise à mobiliser les défenses immunitaires contre la maladie (Note : c’est aussi le cas de Johnny Hallyday). Environ 40% des patients tous cancers confondus, traités avec cette molécule, étaient encore en vie trois ans après le diagnostic. Je ne suis pas pour autant sorti d'affaire mais la maladie est enrayée avec un minimum d'effets secondaires. Je suis dès lors en mesure de continuer d'enregistrer des disques et de me produire sur scène, ce qui est déjà une victoire.   

     

    RIVERDOGS : California

    RIVERDOGS

    « California »  

     Frontiers / Harmonia Mundi

    Il y a 27 ans, Riverdogs  sortait un album qui était musicalement un OVNI dans le milieu rock à forte testostérone. Plus acéré que son prédécesseur, California est exécuté avec la même passion et la même simplicité. Riffs efficaces, harmonies vocales, l’auditeur chavire dans une ambiance emplie d'émotion qui lui fait retrouver l'insouciance des années ’80 et ce soleil Californien sous lequel nous aurions tous aimé grandir pour vivre une période d'effervescence sur la mythique Côte Ouest. Les quinquas s’éclatent et font valdinguer les frontières. Rock (« American Dream »), blues (« Welcome To The New Disaster »), et même pop (« I Don’t Know Anything »), l’univers de Riverdogs est mutant et tournoyant. Il faut aussi souligner la qualité de jeu exceptionnelle de Vivian Campbell sur l'ensemble des titres. Mais si les guitares se taillent la part du lion, Rob Lamothe, chanteur à la voix d’or, n’a rien perdu de son formidable talent de compositeur. Un retour aux sources réussi. [Ph. Saintes]   

     

     


    votre commentaire

  • Brya  Adams - Middelkerke 2017

    B. Adams - Middelkerke 2017

    Bryan Adams : concert époustouflant vendredi soir

    The Romantics - Middelkerke 2017

    The Romantics - Middelkerke 2017(2)


    Les Romantics fêtent leur 40 ans avec le public belge

    Bob Geldof - Middelkerke 2017

    Boomtown Rats - Middelkerke 2017

    Bob Geldof (Boomtown Rats), plus fort que Mick Jagger ou Steven Tyler

    © Phil de Fer 2017


    votre commentaire
  • L’amitié n’est pas forcément une vue de l’esprit dans un monde musical pourtant réputé pour ses trappes et ses mesquineries. Un album pour se faire plaisir (Heavy Crown), à des années-lumière de toute considération commerciale et une mini-tournée européenne cet été, Vinny Appice et Vivian Campbell s’amusent comme de jeunes fous sur scène. La semaine dernière, les deux ex-Dio se sont produits à Utrecht, aux Pays-Bas. Un retour historique, puisqu’un un concert donné dans cette même ville lors de la tournée Holy Diver (1983) avait fait l’objet d’une captation live. Appice et Campbell, accompagné du chanteur Andrew Freeman, du bassiste Phil Soussan (ex-Ozzy Osbourne) et du claviériste Erik Norlander (John Payne), ont interprété les principaux morceaux des albums légendaires Holy Diver et Last In Line (les titres éponymes bien sûr, « Rainbow In The Dark », « Stand Up And Shout », « Straight To The Heart », « Don’t Talk To Strangers », « Evil Eyes », « We Rock »,…)  ainsi que quatre compositions de Heavy Crown (« Devil In Me », « Martyr », « Already Dead » et « Starmaker »). Le groupe a évidemment rendu un hommage au regretté Jimmy Bain, décédé en janvier 2016. Last In Line jouera ce week-end au festival Alcatraz, à Courtrai, en Belgique.  

    LAST IN LINE : live à Utrecht(1)

    LAST IN LINE : live à Utrecht(3)

    LAST IN LINE : live à Utrecht(4)

    LAST IN LINE : live à Utrecht(5)

    LAST IN LINE : live à Utrecht(2)

    LAST IN LINE : De Helling (Utrecht), 31 juillet 2017

    © Phil de Fer 2017



    votre commentaire
  • MASTERPLAN : PumpKings

    MASTERPLAN

    PumpKings

    AFM Records

    Le guitariste du groupe, Roland Grapow, a rajeuni onze morceaux composés par ses soins au cours de la décennie passée dans les rangs d’Helloween (1989-2000), des titres issus des albums Pinke Bubbles Go Apes, Chameleon, Master Of The Rings, The Time Of The Oath et The Dark Ride. Depuis le départ de Jørn Lande et Uli Kusch, Masterplan s'est perdu dans une sorte de trou noir à cause des changements de line-up en cascade. Le recrutement des dernières années n'a pas été très judicieux. Le timbre guttural de Rick Altzi, le nouveau chanteur, est d'ailleurs l'un des points faibles de l'album (le second étant l’absence de titres inédits). Mais objectivement, les reprises de « Mankind » et « Escalation 666 » éclipsent les originaux chantés par Andi Deris. Le progressif  « The Dark Rises »  est également plus abouti. Haute technicité, authenticité, mélodie, tout y est dans ce disque en forme de best-of. Ça c'est bien le Roland Grapow des furieuses soirées power metal d'antan ! Ses fans regretteront qu'il n'ait pas été invité à la fête des citrouilles, la tournée mondiale 'Pumpkin-United Tour'. Et s'il y avait dans son PumpKings comme un soupçon de revanche ? [Philippe Saintes]


    votre commentaire
  •  

    Voici une sélection de disques du label Frontiers à emporter dans vos valises :

     CRAZY LIXX
     Ruff Justice

    Crazy Lixx Ruff Justice

     

    Les déjantés suédois proposent un album studio (leur 5è) inspiré et habité, qui, souvent, touche au sublime. Les fans de Def Leppard période Pyromania apprécieront ce glam rock à la fois mélodique et groovy

     

    HAREM SCAREM
     United

     

    Harem Scarem - United

    Energique et mélodique, voilà comment on pourrait décrire les ingrédients des morceaux du  14è album des canadiens de Harem Scarem, la fierté de Toronto.

     

    JACK RUSSELL’S GREAT WHITE
     He Saw it Coming

    Jack Russell's great White - He saw it coming

    Jack Russell semble avoir vaincu ses vieux démons. La voix reste chaleureuse aussi bien sur les titres blues, que les ballades acoustiques ou les morceaux accrocheurs. Largué par ses collègues de Great White en 2011, le ‘Jack’ a cette fois pris une longueur d’avance. On attend avec impatience le sprint final.

     

    QUIET RIOT
     Road Rage

     

    Quiet Riot : Road Rage

       

    Il est des retours que l’on n’attend pas spécialement. C’est le cas de Quiet Riot. Et pourtant, à l’arrivée, ce premier album après 8 ans d’absence fait partie des bonnes surprises de l’été (l’album sortira le 4 août). On y retrouve la style 80s du groupe allié à des touches plus modernes mâtinées d’un zeste de groove. Un mélange plutôt réussi, auquel la voix de James Durbin colle parfaitement.  

     

     

    TOKYO MOTOR FIST
     Tokyo Motor Fist

      

     Tokyo Moto Fist

     

    Voici un groupe formé de musicians prestigieux : le chanteur Ted Poley (chant, Danger Danger), le guitariste/producteur Steve Brown (Trixter), le bassiste Greg Smith (Ted Nugent, Rainbow, Alice Cooper) et le batteur Chuck Burgi (Rainbow, Blue Oyster Cult, Joe Lynn Turner). Le quatuor cherche clairement son inspiration dans le hard-rock des 80s et  personne n’est déçu !

     

     

    TREAT
    The Road More or Less Traveled

     

    Treat - Live

     

    Les rockeurs suédois font de la résistance. Trente ans après ses débuts, Treat continue en effet d’occuper le terrain du hard mélodique. À l’ancienne, mais toujours pas déclassé. Un live à consommer comme un cocktail sur les plages d’Almeria…sans modération !

     

     

    UNRULY CHILD
     Can't Go Home

     

    Unruly Child - Can't Go Home

     

    Pas question d’oublier le sympathique come-back de Marcie Michelle Free (King Kobra) qui a certainement marqué les fans de hard mélodique, avec ce 6è album déjà du combo Unruly Child. Rafraîchissant !

     

    WARRANT
     Louder Harder Faster

     

    Warrant - Louder, Harder, Faster

    Le dernier opus de Warrant se laisse écouter sans surprendre mais la variété de tons est telle, sur les mélodies en béton que l’auditeur passe un bon moment en compagnie d’un groupe authentique. 


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires