• STRYPER

    Vade Retro Satanas !

    Les hard-rockers chrétiens bousculent une nouvelle fois avec assurance les préjugés grâce à un album à mi-chemin entre génie artistique et « hérésie » musicale! Mais que cache donc le titre choc : God Damn Evil ? [Entretien avec Michael Sweet (chant, guitare) par Philippe Saintes – photos : Alex Solca]

    Stryper : God Damn Evil - groupe

    Voilà un disque surprise. Les critiques qui ont suivi la sortie de God Damn Evil ont été élogieuses. Même des metallistes endurcis ont apprécié votre travail.

    Nous avons donné le meilleur de nous-même pour cet album et les retours sont effectivement très positifs. Il a été bien accueilli par nos fans mais également par des inconditionnels de Judas Priest ou de Slayer, comme j’ai pu le constater sur le web et les réseaux sociaux. J’en suis très fier car je suis moi-même un grand admirateur de Rob Halford et de Judas Priest. Si un témoignage doit rester, ce sont les mots et sensations du public. 

    « Take It To The Cross » est le morceau le plus ‘endiablé’ de l’album en raison notamment des grognements  death metal de Matt Bachand (Shadows Fall, Act Of Defiance). Peux-tu nous en dire plus sur cette collaboration. 

    Matt est un artiste passionné originaire comme moi du Massachusetts. Il habite à 10 minutes du studio d’enregistrement. Il était disponible et en une demi-heure, il a bouclé sa partie vocale. Matt était une évidence pour cette chanson car il a un timbre guttural incroyable. Il faut une technique vocale particulière pour cela. Ce n’est pas du tout mon style !

    35 années d’existence, ça donne la liberté de composer ce qui vous tient à cœur, quitte à désorienter votre public ?

    Oui ! Mais quoi qu’il en soit, tu dois aussi garder ton cap pour ne pas décevoir les fans. L’album a un côté heavy  et rapide mais on trouve aussi des chansons mid-tempo comme « The Valley », « Sorry », ou « Lost », des titres à la fois mélodiques et puissants, qui sont selon moi les meilleurs de l’album. Ces chansons épiques rappellent la glorieuse époque de Stryper entre 1986 et 1988. Nous les avons d’ailleurs intégrées dans la set-list.  Musicalement et artistiquement, il ne faut jamais oublier son héritage, pourquoi on a eu envie de faire ça un jour, pourquoi des gens continuent à écouter ton travail. Je crois que nous avons réussi la fusion entre deux styles, l’ancien et le moderne. Il n’y a pas d’opportunisme. J'aime beaucoup ce disque car le son est très naturel. Les compositions ont été terminées en une dizaine de jours. Nous n’avons fait aucune démo, préférant nous focaliser sur l’élaboration des bandes finales. Il n’y a pas eu plus de deux ou trois prises par morceau, en studio.

    Il y a eu une brève polémique à propos du titre « God Damn Evil » aux Etats-Unis. La chaîne de distribution Walmart a décidé de retirer l’album de la vente. Visiblement les responsables de cette boîte n’ont pas pris la peine d’écouter ou de lire les paroles. Il s’agit clairement d'une déclaration de foi et non d’un juron. Dès lors, quel est le problème ?

    Je n’en sais rien, à vrai dire. C’est une bonne question. Certaines personnes ont besoin de créer le problème là où il n’y en n’a pas. C’est typique de notre société. Ce n’est pas du racolage. Nous sommes attachés à des convictions et nous sommes très à l’aise avec cela, parce que la musique ne sert pas qu'à se changer les idées ou à danser. C’est aussi un moyen de communiquer. Stryper a souvent utilisé des titres forts pour ses albums :  To Hell With The Devil », In God We Trust, Murder By Pride, c’est dans notre nature.  « God Damn Evil » ( littéralement « Dieu damne le mal ») invite les individus à demander à Dieu de mettre fin à la haine et à la violence qui gangrènent le monde. C’est une à la fois une prière et un hymne ! Lorsque nous jouons cette chanson en concert, le public se déchaîne. Je n'ai pas de mots pour décrire le plaisir et les émotions que celui-ci ressent.

    STRYPER :groupe 2018

    Quel a été le rôle de Robert (Sweet, batteur) et de Oz (Fox, guitariste) sur cet album ?

    Ils ont collaboré à l’écriture de certains morceaux et Robert a trouvé le titre de l’album. J’ai toujours composé la majorité des titres au sein de Stryper tout simplement parce que c’est mon rôle. Robert a peut-être co-écrit une dizaine de chansons sur les 200 de notre catalogue. L’écriture est quelque chose qui vient facilement chez moi. Créer une chanson me prend généralement deux heures. J’imagine le groove puis le riff et ensuite je trouve les paroles et la mélodie et c’est terminé. Cela me vient naturellement ! 

    « God Damn Evil » invite les individus à demander à Dieu de mettre fin à la haine et à la violence qui gangrènent le monde. » 

    Considères-tu que Stryper a encore des choses à dire après un tel album ?

    Bien sûr car le groupe regarde toujours vers l’avant. On m’a dit plusieurs fois que nous ne pourrions pas réaliser un album plus fort que No More Hell To Pay ! Pourtant, on l’a fait avec Fallen en 2015 et maintenant God Damn Evil. Notre secret ? Celui d’être animé par la passion. Pour moi, chaque nouvel album doit être supérieur au précédent.

    Au niveau de l’artwork, vous avez choisi de confier le travail à un certain Stanis Dekker qui avait réalisé les pochettes des deux précédents albums, No More Hell To Pay et Fallen.

    Absolument, il s’agit d’un artiste français. Si tu regardes d’un peu plus près les trois images en les plaçant l’une à côté de l’autre, tu constateras qu’il s’agit d’une trilogie. Il y a une similarité au niveau de la technique, du graphisme, des couleurs, des détails. 'Stan' est un passionné qui est également fan du groupe. Cela se voit car il restitue à merveille l’univers de Stryper grâce à ses illustrations. 

    La lyric vidéo de « Take It To The Cross » vaut le coup d’œil, elle semble directement inspirée des jeux vidéos. La réalisation est très réussie.

    C'était le single idéal pour présenter l'album. La vidéo a été conçue par Wayne Joyner, un grand spécialiste en matière de multimédia et d’images de synthèse. Je trouve l’animation  vraiment intéressante. Wayne a fait un travail remarquable. Cela ressemble davantage à un clip musical qu’à une simple vidéo avec lyrics.

    Une nouvelle fois Stryper est le grand absent des principaux festivals Metal de l’été en Europe.

    Sur le plan de la logistique et financièrement, c’est très compliqué de jouer en Europe. Par ailleurs, certains organisateurs préfèrent nous éviter pour ne pas être estampillés de l’appellation « chrétien ». Je ne mets pas tout le monde dans le même sac puisque le groupe est invité au Rock Fest de Barcelone, le 7 juillet prochain. Ensuite nous nous envolerons vers l’Australie et le Japon.

    Quels sont tes plans et projets futurs ? 

    J’ai signé un deal avec le label Rat Pack pour un nouveau disque solo. Ensuite, je vais enchaîner avec un album en duo avec Joel Hoekstra (Whitesnake). L’enregistrement commencera au mois de janvier 2019. J’imagine que le prochain Stryper sortira fin 2019 ou début 2020.  Il y aura entre-temps la commercialisation d’un album acoustique qui a déjà été enregistré mais aussi d’un documentaire sur le groupe. Enfin, il y a toujours une probabilité de voir un troisième Sweet-Lynch. J’espère pouvoir continuer notre collaboration. George (Lynch) désire faire un album concept sur la chrétienté mais ça ne me botte pas car nous avons des divergences sur le sujet. Et puis, nous n’avons jamais pu défendre sur scène les deux premiers albums. Sans tournée, ce projet deviendrait superflu pour moi !

     Stryper : God Damn Evil - cover

    STRYPER

     God Damn Evil

    Frontiers Records

     « Je pense que le white-metal est un concept stupide. Faire du rock ou du hard-rock est un moyen de se rebeller, de sortir d’une certaine sorte d’oppression. Les groupes de white-metal, en plus de n’avoir rien compris au rock, n’ont aucun talent ! Stryper, c’est de la daube ! ».

    Ces paroles sont celles de Fernando Ribeiro (Moonspell), un grand visionnaire qui n’a probablement jamais écouté un album de Stryper. Ce groupe de métal chrétien fut incontestablement la bête noire des musiciens de black et death metal mais aussi de journalistes rock souvent méprisants. Il a lutté contre les préjugés et les stéréotypes tout au long de sa carrière. Ignoré, snobé par les organisateurs de concert en France, Stryper tient sa revanche avec ce sulfureux God Damn Evil. La riposte est foudroyante. Dès le 1er morceau, « Take It To The Cross » vos enceintes prennent une grande paire de « baffles » tant le rythme est speedé. Sur la musique se mêlent deux voix, celle gutturale de Matt Bachand (Shadows Fall) et une claire, celle de Michael Sweet. Deux chanteurs, deux univers différents qui se marient très bien ! Avec des titres comme « The Devil Doesn’t Live », « Open Up » ou « The Sea Of Thieves », c’est la lourdeur qui prédomine. La qualité ne souffre d’aucune critique. Comment ne pas réaliser en écoutant cet album que Michael Sweet et Oz Fox méritent leur place dans le panthéon des guitar-heroes. Leur jeu combine une technique hallucinante à un rare sens de la mélodie. La basse de John O’ Boyle gronde tandis que Robert Sweet enfonce le clou avec sa batterie. Michael Sweet nous déclarait avant la sortie ce brulôt : « Nous sommes convaincus qu’il s’agit d'un excellent enregistrement studio. Il a une touche unique mais également une énergie et un groove communicatif.  Il y a une ballade rock, quelques  chansons qui restent dans la continuité de notre répertoire mélodique, je pense à « Sorry » ou « Beautiful », mais le reste de l’album ravira les fans de metal. »

    Stryper va effectivement recruter de nouveaux disciples dans les rangs des fans d’Accept, Judas Priest, King Diamond ou Megadeth. Le titre God Damn Evil s'est même attiré les foudres de l'Amérique puritaine. La chaîne de magasins Walmart et quelques béotiens pontifiants ont boycotté l’album car ils n’avaient pas compris le jeu de mot. Le groupe reste fidèle à ses convictions. Il ne reste plus qu’à espérer que la métamorphose musicale soit acceptée. [Ph. Saintes]     

     


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  •  Sunstorm : The Road To Hell -cover

    SUNSTORM

    Road To Hell

    Frontiers Records

    La nouvelle a d'abord été rapportée sur un site web russe le 16 avril dernier expliquant que Joe Lynn Turner, 66 ans, avait souffert d'un infarctus lors d’un concert à Minsk et qu'il était dans un état stable. La nouvelle nous a été personnellement confirmée par le label Frontiers. Nous souhaitons donc à Mr. Turner un rétablissement complet et rapide. Quelques mois plutôt, l’artiste avait décidé de mettre sa voix sur les chansons du claviériste-compositeur italien Alessandro Del Vecchio (Revolution Saints). Il s’agit déjà du 5è album de ce projet musical baptisé Sunstorm. Les musiciens de studio tiennent bien leur rôle tandis que Joe révèle une fois de plus ses larges possibilités vocales. L'ensemble n'est pas spécialement original et demeure très mid-tempo et homogène avec surabondance de claviers. Les quelques brûlots sont surtout là pour ne pas faire paraître le « package » trop pâlots. Généralement les « albums sur commande » de la bande à Serafino Perugino (boss de Frontiers) nous laisse indifférent et le seul attrait de celui-ci, vous l’aurez sans doute compris, est la performance de l’ancien compagnon de route de Ritchie Blackmore et d’Yngwie Malmsteen, que l’on peut toujours considérer comme l’une des plus belle voix du hard. Bien que ce dernier se soit contenté d’enregistrer le chant dans son home studio, le contenu vaut bien le contenant. Del Vecchio a réussi à pondre des titres qui tiennent la route et la distance. Les morceaux sont construits et accrocheurs : les refrains («The Road To Hell », «  Everywhere ») et les riffs (« On The Edge », « Resurrection » ). Personnellement, je préfère entendre Joe Lynn Turner dans son registre favori : le hard fortement teinté de blues mais si vous êtes un habitué de  la section Adult Oriented Rock, il y a toutes les raisons pour que vous soyez comblés par cette route de l’enfer. [Ph. Saintes] 

     


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  •  DOKKEN : Return To The East Live 2016

    DOKKEN

    Return To The East Live 2016

    Frontiers Records

    Mis sur pied à l’automne 1982 par le chanteur Don Dokken en compagnie de deux anciens membres de la formation Xciter - George Lynch (guitare) et Mick Brown (batterie) - et du bassiste Jeff Pilson, Dokken n’a jamais atteint les sommets malgré de somptueux albums comme Tooth And Nail et Under Lock And Key. Le groupe n’a d’ailleurs pas résisté à la lassitude et surtout aux tiraillements – les relations entre les quatre hommes devenant plus qu’exécrables dès la fin des années ‘80. Il a donc fallu attendre près de 20 ans après la rupture (fin ’97), pour revoir sur scène le quatuor original lors d’une mini-tournée japonaise (six concerts) et un unique show sur le sol US. Ce live a été capté en octobre 2016 au pays du Soleil-Levant à l’occasion du festival Loud Park. Les quatre musiciens ont mis de côté les guerres intestines pour proposer une prestation irréprochable. Tout le monde est en place, Pilson rayonne dans les chœurs et épaule Don Dokken empâté mais solide en voix tandis que les solos du maestro Lynch sont parfaitement exécutés. Quant à ‘Wild’ Brown, ce n’est pas un grand showman mais sa frappe est solide. Ce Return To The East regroupe les immortels classiques « Unchain the Night », « Dream Warriors », « Kiss of Death », « Breaking the Chains » et « In My Dreams » sans oublier « Into The Fire ». Au total : 12 morceaux et un bain de jouvence partagé par un public qui ne perd pas une miette de cet instant que chacun sait éphémère. Le DVD bénéficie d'une réalisation sobre mais de qualité, sans fioritures inutiles. En guise de bonus, on trouve un titre inédit (« It’s Another Day ») et deux versions acoustiques (« Heaven Sent », « Will The Sun Rise »). Il s’agit surtout d’un testament musical car il n’y aura malheureusement pas de suite à cette (trop courte) réunion. Jeff Pilson est en effet retourné au sein de Foreigner qui a un planning chargé et George Lynch poursuit ses nombreux projets (Lynch Mob, KXM, Sweet & Lynch). Une reformation fracassante mais finalement…fracassée ! [Ph. Saintes]


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  •  DON AIREY 

     Le patient anglais

    Don Airey, c’est une carrière exceptionnelle. Son CV est long comme la Tamise (Cozy Powell, Colosseum II, Rainbow, Michael Schenker, Ozzy Osbourne, Gary Moore, Whitesnake…). C’est aussi le gentleman qui officie depuis plus de 15 ans derrière l’orgue Hammond au sein de Deep Purple. Nullement rassasié, le vétéran britannique sort ces jours-ci un cinquième album solo One Of A Kind. Nous l’avons appelé chez lui du côté de Cambridge, peu après le tea-time. Of course ! [Entretien avec Don Airey (claviers) par Philippe Saintes – photos : Jim Rakete et Phil de Fer] 

    Don Airey - Lille 2017

    Don, pour One Of A Kind, tu as travaillé avec de vieux camarades. Cela ressemble plus à un projet de groupe qu’à un effort solo.  

    Tout à fait. J’ai d’ailleurs récemment reçu un e-mail de Laurence Cottle dans lequel il me dit adorer le morceau « Stay The Night » car il y joue un solo basse. Le concept a démarré pendant un festival en Belgique en 2015. J’avais commencé à écrire un premier morceau, et un ami musicien là-bas, m’a encouragé à enregistrer un album complet. On s’est ensuite réuni pour composer, Simon (McBride, guitare), Carl (Sentance, chant) et moi. Carl a pensé au titre « One Of A Kind » qui a donné son nom à l’album.

    Avez-vous fait des prises « live » ou un gros travail en studio avec de nombreux arrangements et des pistes doublées ? 

    Les musiciens ont enregistré en même temps, dans des pièces différentes. En deux ou trois prises, l’album était en boîte. Carl a bouclé les voix et les harmonies en à peine deux ou trois jours. Les solos de guitare et les parties de Moog ont été enregistrées un peu après. Le travail en studio n’a pris qu’une vingtaine de jours mais  il a fallu deux ans pour trouver des dates qui arrangeaient tout le monde. C’était dès lors excitant d’enregistre rapidement.  

    Tu as aussi pris en charge la production. 

    Oui, c’est moi le producteur. Si tu n’es pas content, tu peux me payer un autre ingénieur du son, mais moi j’en suis très satisfait (il rit). 

    Non, pas de soucis  l’album est très bien comme ça (rires). Il est très riche musicalement parlant. Qu’avais-tu à l’esprit pendant les séances d’enregistrement ? 

    Mon but était vraiment de tirer le meilleur de chacun, surtout de Simon McBride, et bien sûr, de Laurence Cottle (basse) qui a joué sur tous mes albums solos. J’ai voulu donner à ce disque une énergie proche de la musique que l’on produisait avec Rainbow. Il y a aussi une belle interaction entre la guitare et les claviers.  

    Cet album est un hommage à tous les groupes dans lesquels tu as joué. Je pense que les fans de Rainbow, Deep Purple ou Judas Pries l’apprécieront. 

    Cet album est effectivement inscrit dans le classic rock britannique. Il fait partie de mes racines musicales. J’ai adoré travailler avec tous ces excellents groupes.  

    Don Airey

    Le titre « Remember to Call » est-il un hommage à la musique de Gary Moore ? 

    Il en est inspiré, mais le titre n’a rien à voir : c’est un clin d’œil à mon fils qui a longtemps vécu chez nous et qui a acheté une maison pour y vivre avec son épouse après son mariage. C’est pour ça que j’ai appelé le morceau « Remember to Call » (« N’oublie pas de passer un coup de fil »). Cette réminiscence à la musique de Gary Moore réside surtout dans le jeu de Simon qui s’en inspire beaucoup. Je ne pense pas que ça soit une mauvaise chose pour quiconque de s’inspirer du jeu d’un grand artiste. 

    Simon McBride est également irlandais. 

    Exact, et d’ailleurs il vient de Belfast, ils sont vraiment du même coin. Simon tient parfois des propos que Gary aurait tout à fait pu tenir. Il est charmant et j’adore travailler avec lui. 

    Charmant et brillant guitariste avec ça ! Comment l’as-tu rencontré ? 

    J’organise un festival caritatif dans mon village natal tous les deux ans, le « Blues and Soul ». Depuis vingt ans, tous les bénéfices sont reversés à des hôpitaux et des écoles. Je suis ami avec le gestionnaires des exportations et importations pour la marque PRS. Ce dernier m’avait recommandé Simon il y a six ans pour m’accompagner lors de ce festival. Il était excellent et on a gardé le contact. Finalement, j’ai pensé à lui pour ce nouveau projet.  

    « Everytime I See Your Face » est une belle ballade, et la performance de Carl est exceptionnelle. 

    C’est un morceau pour lequel j’étais très inquiet. Je me demandais si la musique n’était pas un peu hors contexte pour un groupe de rock. Carl a demandé de commencer l’enregistrement de l’album par ce morceau, et j’ai dit ‘OK, je vais nous acheter des sandwiches pendant que tu enregistre’", et quand je suis revenu, il avait terminé (rires) ! En une ou deux prises, Mr. Speed (rapide) avait fini. 

    « All Out of Line  » et  « Stay the Night  » ont beaucoup de groove.  

    « Stay the Night » vient en fait d’une excellente idée de Jon (Finnigan, batterie) pendant l’improvisation d’une partie rythmique jouée avec Carl et moi-même. Je ne savais pas vraiment comment la faire rentrer dans cet album mais je suis content d’y être parvenu car c’est un des meilleurs morceaux de l’album. 

    Il y a quelques influences de musiques orientales dans le morceau « Victim of Pain ». 

    Tout à fait, l’univers musical arabe s’est toujours bien marié au rock, surtout la partie proche du metal. Après réflexion, je dirais que c’est mon titre préféré. J’en suis particulièrement fier. 

    « Running Free » est quant à lui un très beau morceau de piano ambiant. 

    Ce morceau m’est venu très spontanément. J’ai décidé de l’intégrer à l’album après avoir terminé deux morceaux difficiles, je pense que c’était « Victim of Pain » et « Children of the Sun ». Comme on avait encore une autre chanson difficile à enregistrer, je me suis dit : ‘tu ne peux pas infliger ça au groupe’. Je me suis alors rappelé d’un riff mis de côté et j’y ai ajouté une intro. L’arrangement a été très rapide. Simon et Jon ont inséré des sons de maracas, ce qui donne une cadence intéressante au morceau. 

    « Lost Boys » est quant à lui un morceau de rock progressif. 

    J’ai composé ce morceau avec Carl et ce fut l’un des premiers à être mixé. J’ai été agréablement surpris en écoutant la version finale. « Lost Boys » donne toujours bien en concert. 

    Malgré une sonorité metal prog, cet album reste accessible pour le grand public. 

    Oui, je pense qu’il y a quelques jolies mélodies. C’est ce qui manque à beaucoup de morceaux de rock progressif actuellement. On a essayé d’avoir une partie accrocheuse par morceau et de rendre le style plus simple. Comme dirait Jimi Hendrix, il n’y a rien de mal à écouter les chansons du juke-box !  

    Don Airey - Lille 2017(2)

    La tournée s’est clôturée avant même la sortie de l’album. Etrange, non ?  

    Normalement, One Of A Kind devait être publié en mars et cette tournée devait le promouvoir mais la sortie a été retardée en raison d’un changement de pochette et du remix. On a tout de même décidé de maintenir la tournée. Nous avons interprété « Lost Boys » ainsi que « Victim Of Pain » et « All Out Of Line » durant la tournée européenne. Comme nous étions un peu lassés de notre répertoire, nous avons décidé de jouer ces nouveaux morceaux. Le public était sous le choc (rires) mais ça s’est très bien passé. 

    Lors des tournées avec Deep Purple, tu joues une chanson traditionnelle dans chaque ville. A Lille, l’an dernier, tu as interprété  "Le P’tit Quinquin". Le public était en feu… Quand trouves-tu le temps d’apprendre ces musiques ? 

    Avant chaque concert, je demande à un membre de l’équipe technique de me fredonner une chanson représentative du folklore local. Ensuite, je mets les notes de musique sur une partition et s’il y a un clavier dans la loge, je l’interprète devant le technicien du coin pour qu’il puisse me dire si ce que je joue est correct. J’ai une immense collection de chansons populaires à la maison, je pense avoir stocké 700 fichiers au total depuis mon arrivée dans Deep Purple . 

    Connais-tu une chanson populaire belge ? 

     J’en connais plusieurs, mais je ne pense pas que je pourrais t’en chanter une comme ça sur le vif . 

    À propos de la Belgique, vous descendez presque systématiquement dans le même hôtel à Bruxelles et il n’est pas rare de vous voir dans un bar cubain de cette même ville, où des quidams peuvent vous aborder  

    C’est pour cela qu’on a choisi cet hôtel. On adore ce bar, surtout Ian Paice. On y passe toujours un très bon moment. Il y a toujours d’excellents groupes là-bas… 

    Un café ou un bar est-il pour vous un lieu de choix pour vous détendre après un concert ? 

    Absolument. En général, rentrer d’un concert est un peu comme rentrer du boulot : c’est étrange d’aller directement se coucher en rentrant. Donc s’il y a un bon café pas loin, comme ce bar cubain, ça fait toujours plaisir d’y boire quelques bières avant d’aller dormir. On se sent un peu plus humain. 

    L’album éponyme du groupe Whitesnake (1987) a soufflé ses trente bougies. As-tu un souvenir précis des sessions d’enregistrement ? 

    Je me souviens d’avoir pris l’avion à Londres-Vancouver pour aller enregistrer avec le groupe, mais l’appareil a fait demi-tour en plein milieu de l’Atlantique car un des moteurs avait pris feu. C’était un peu flippant. Tous les  passagers se sont retrouvés dans un hôtel de Londres et le lendemain, un autre avion a décollé pour Vancouver. J’étais assis à côté d’un gars qui m’a dit : ‘Au moins, aucun moteur ne fume cette fois-ci.’ Il avait vu qu’un moteur dégageait de la fumée au moment du décollage la veille. Je lui ai demandé pourquoi il ne l’avait pas signalé aux hôtesses de l’air, et il m’a répondu laconiquement : ‘Parce que je pensais que c’était normal’ (rires). Je suis resté de quatre à cinq jours à Vancouver. David Coverdale avait malheureusement une extinction de voix et tout était entre les mains de John Sykes, dont le jeu de guitare était électrifiant ! L’ingénieur du son, Mike Stone, était excellent. J’ai d’ailleurs travaillé plusieurs fois avec lui. C’était une bonne session d’enregistrement. Dès mon retour, ma femme m’a dit : ‘les contractions me donnent envie de pousser’. Je l’ai aussitôt emmenée à l’hôpital et ma fille est née. C’est un sacré souvenir ! 

    Il paraît que tu collectionnes les vinyles des années ‘50 et ‘60. 

    Tout à fait, je m’intéresse principalement aux albums de jazz de Jimmy Smith, Bill Adams et Charlie Parker, mes premières inspirations. 

    Tu es aussi un fan du cosmos et de l’astronomie ! 

    Oui  

    Mars : c'est pour quand le grand départ ? 

    J’y jouerais bien en concert, mais je ne pense pas que la technologie le permettra de mon vivant. (rires). 

    Quelles sont tes activités en dehors des tournées ? Faire du jardinage, regarder la télévision, aller voir un match de foot… ? 

    Je suis un grand fan de football, oui. 

    De l’équipe des Sunderland, n’est-ce pas ? 

    C’est ça. Cette saison n’est pas des meilleures, mais j’apprécie toujours d’aller voir l’équipe et la soutenir. J’aime bien jardiner aussi, je marche beaucoup et puis j’ai aussi quatre petits-enfants maintenant, et je leur consacre beaucoup de temps. 

     

    Deep Purple 2017

     

    On dit jamais deux sans trois. Quand comptez-vous retravailler avec Bob Ezrin pour l’ultime album de Deep Purple ? 

    Je suis le claviériste, personne ne me tient au courant (rires). Le temps nous dira ce qu’il en est. Je sais que Bob est très impatient de créer un nouvel album, et il a déjà plusieurs idées pour le différencier de Now What ?! et Infinite. Bob a fait du très bon travail. Le groupe a beaucoup d’estime pour lui. 

    Est-il en quelque sorte le sixième membre de Deep Purple ? 

    On pourrait dire ça, oui. Il a toujours quelque chose à dire et ce qu’il dit est toujours pertinent. S’il a envie de créer un nouvel album, c’est qu’il y a une bonne raison. 

    Et quel est ton prochain projet personnel ? 

    Je suis en train de travailler sur un album qui contiendra des instruments à cordes et peut-être du violon. Ce  projet prend forme et devrait aboutir à l’automne prochain. 

    Pour conclure cette interview, je vous propose de jouer au portrait chinois. Si tu étais un livre, lequel serais-tu ? 

    Madame Bovary, de Gustav Flaubert.

    Si tu étais un sportif connu ? 

    Kevin De Bruyne.

    Qui gagnera la coupe du monde de Russie cette année, la Belgique ou l’Angleterre ? 

    Je n’y ai pas vraiment réfléchi. J’ai vu l’Angleterre jouer l’autre soir et j’ai été surpris par leur niveau ! Évidemment, la Belgique a ses chances. L’Italie ou l’Allemagne pourraient aussi gagner, car ces équipes sont douées pour saisir les opportunités qui leur sont offertes. 

    L’Italie ne participera pas cette année… 

    Oh oui c’est vrai, elle a été éliminée ! 

    Dernière question. Tu as joué avec les meilleurs guitaristes de la scène hard rock. Pourrais-tu décrire Gary Moore et Michael Schenker par le biais d’une anecdote ? 

    J’en ai une pour Gary ! Lorsqu’on était en studio pour l’album Back on the Streets, il a fait huit prises pour un solo. Chacune d’entre-elle était phénoménale. L’ingénieur du son Chris Andrew, nous a proposé de venir les écouter pour sélectionner la meilleure. Une fois le choix opéré, j’ai proposé à Gary de doubler la piste. Il  s’est assis et a reproduit instantanément le solo. Il se souvenait à la perfection des huit prises. J’étais vraiment scotché. 

    Pour Michael Schenker ? 

    Ce qui m’a le plus marqué chez lui, c’est ce regard farouche qu’il me jetait lorsque je jouais en boucle un de ses riffs et que je finissais par trouver une suite. Ses yeux disaient ‘Mais comment t’as fait ?’ Je pense que je l’énervais un peu, ce qui est toujours bien avec un guitariste (rires). 

    Je te remercie pour ta gentillesse durant cette interview. Tu es un vrai gentleman ! 

    Je te remercie aussi : j’ai fait plusieurs interviews par téléphone récemment, et certaines étaient vraiment désagréables, à cause des questions lourdes de certains journalistes. Toutes tes questions étaient pertinentes, et ça fait vraiment plaisir. 

    Merci Don. Si tu passes par la Belgique, avec ton groupe ou avec Deep Purple, passe un coup de fil ! 

    Je n’y manquerai pas ! 

     Don Airey : One Of A Kind

    DON AIREY 

    « One Of A Kind » 

    earMUSIC 

    Don Airey a réuni au Headline Music Studio, dans le comté du Cambridgeshire, quelques pointures du rock : le chanteur Carl Sentance (Krokus, Nazareth) à la voix chaude et hyper-émotionnelle, le nouveau prodige irlandais de la six-cordes Simon McBride (Snakecharmer, Sweet Savage), le fidèle bassiste Laurence Cottle (Clapton, Sting) et le batteur Jon Finnigan (Gang Of Four). On peut reconnaître que la diversité dont cet album fait preuve est un atout majeur. Don et ses camarades de jeu peuvent aussi bien nous servir un rock punchy (« Respect ») que de longues plages d’atmosphère (« Running Free ») ou encore des envolées bluesy (« Remeber To Call, « Want You So Bad »). « Everytime I See Your Face » est une ballade aux harmonies envoûtantes et sereines. Sur « Children Of The Sun » la guitare et les claviers se succèdent, se rejoignent et se chassent dans une ambiance et un son devenu culte. L’épique « Victim Of Pain » jongle entre metal et consonance orientale/arabisante. Sur l’hymne progressif « Lost Boys » les riffs de guitare font encore mouche. Enfin les lignes de basse sur « All Out Of Line » et surtout « Stay The Night » sont groovy à souhait. Ce petit bijou mérite d’être entendu et ce n’est certainement pas de l’indulgence bienveillante. [Ph. Saintes] 

     


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  •  The Dead Daisies 

     Rock dur, rock pur, rock fort

    Les musiciens des Dead Daisies ne sont pas nés de la dernière pluie. Avec leur 4è album studio, Burn It Down, le quintet US attaque de plein fouet le printemps 2018. C’est un déluge de décibels et de riffs électriques qui s’abat sur nos tympans. Grâce à ces irréductibles, le vent du rock’n’roll n’a pas fini de souffler, comme en témoignent ces propos. Entretien avec Doug Aldrich (guitare) par Philippe Saintes – photos : DR]

    Doug Aldrich

    © Phil de Fer 2018

    Burn It Down se démarque de vos précédents disques en composition comme en production. Qu’est ce qui pour vous, prononce cette différence ?

    Ce quatrième album on l'a voulu différent avec des sons plus 70s  et des riffs bien rock’n’roll. C’est notre ami producteur Marti Frederiksen qui nous rapproché de ce hard rock traditionnel. Nous avons écrit 25 chansons en dix jours à New-York. Marti a écouté le tout et effectué la sélection. Nous avons ensuite enregistré les backing tracks dans son studio à Nashville. Nous avions besoin de sang neuf, d’énergie nouvelle, d’excitation….Des titres comme « Set Me Free », « Burn It Down » ou « Judgement Day » apportent une couleur différente.

    Quel est ton titre préféré de l’album ?

    Probablement « Set Me Free » qui est une ballade mais surtout un morceau de blues avec une touche hendrixienne dans le solo joué à la moitié du morceau. J‘adore aussi le refrain et la mélodie. C’est une très belle chanson. Ensuite, je placerai « Burn It Down » qui possède le style et le son des années 70. La plupart de nos groupes favoris sont issus de ces années.

    Votre reprise métal de « Bitch » des Rolling Stones est une réussite…

    Au départ on l’a fait pour le fun et finalement nous en avons fait un morceau des Dead Daisies avec un riff plus heavy.  Les reprises feront toujours parties de la setlist. Elles apportent une certaine fraîcheur à nos concerts. 

    J’imagine que tu as contribué à faire entrer dans le groupe ton compère Deen Castronovo (ex-Journey, Revolution Saints) après le départ de Brian Tichy ?

    Brian a été honnête, il nous a informé qu’il n’était pas certain de pouvoir remplir toutes ses obligations en 2018. C’est un batteur très demandé. Deen étant l’un de mes meilleurs amis, j’ai logiquement pensé à lui pour remplacer au pied levé Brian. Les autres membres ont été enchantés par cette idée. Ce fut le bon choix ! Je suis heureux pour Deen car il a traversé une période difficile dans sa vie (problèmes avec la justice en 2015). Il a perdu sa place au sein de Journey, cependant il a pu compter sur mon soutien et celui de Jack (Blades, bassiste des Revolution Saints) pour résoudre ses problèmes. Il a payé cher certaines erreurs mais il a grandi en tant que personne ! Sur le plan musical, Deen a apporté plus de groove aux chansons. C’est un atout pour nous de l’avoir sur scène car en plus d'être un fabuleux batteur c’est un excellent chanteur.

    Peut-on tirer une comparaison entre ta collaboration avec David et celle avec Reb Beech du temps de Whitesnake ?

    Ces sont deux profils différents. Dans Whitesnake on jouait l’un contre l’autre, à la demande de David Coverdale. David Lowy et moi sommes complémentaires pour fonctionner en duo. Cela s’entend d’ailleurs sur l’album Live And Louder. Le style de David est  simple, direct et brut. Le mien est davantage « poli ». Parfois sur scène nous jouons le même riff mais bien souvent nous alternons ce qui permet d’avoir deux sonorités bien distinctes. C’est aussi plus amusant.  Bun It Down véhicule d’ailleurs cette impression. On entend parfaitement le son des deux guitares.

    "Le groupe est devenu plus stable aujourd’hui. On a un excellent line-up tant sur le plan humain que musical."

     Dead Daisiesphoto promo 2018

    Vois-tu une perspective à long terme pour The Dead Daisises ?

    A chaque jour suffit sa peine !  Si tu penses trop à l'avenir tu ne peux pas réussir complètement ce que tu entreprends dans le présent. Evidemment, chaque fois que j’intègre un projet je souhaite qu’il rencontre le succès et à chaque fois je vis des choses intenses, comme actuellement avec les Dead Daisies. Cette formation a un énorme potentiel mais la vie est imprévisible. J’ai toujours pris les choses au jour le jour. Je considère que cette attitude est la plus réaliste.

    Il y a toutefois eu divers changements depuis que le collectif s’est mis en place en 2013.

    Effectivement mais le groupe est devenu plus stable aujourd’hui. On a un excellent line-up tant sur le plan humain que musical. J’inclus Brian dans cette remarque. Et puis, c’est vraiment incroyable d'avoir à présent Deen avec nous. C’est un groupe fort, solide et soudé. Les Dead Daisies vont  déchirer sur la tournée.

    Vous avez l’habitude de rencontrer gratuitement vos fans après chaque concert. Que penses-tu des artistes qui chargent entre mille et deux mille dollars pour des M&G ?

    Si des personnes sont prêtes à dépenser de telles sommes alors ce n’est pas un soucis, je crois. Les grands groupes doivent financer le personnel technique et un équipement très coûteux pendant de longs mois lors de tournées marathons dans des grands lieux de spectacle. Tout cela a un prix j’imagine. Je ne veux pas juger. Les Dead Daisies ne font pas payer les Meet & Greet. Nous devons toutefois limiter le temps de la séance de dédicace car nous n’avons pas toujours la possibilité de rester deux heures supplémentaires après un concert mais c’est une chance de pouvoir échanger des impressions et discuter avec les personnes qui ont payé pour vous voir jouer et qui achètent vos albums. Des fans sont là à plusieurs concerts. Ils viennent du monde entier. Certains sont d’ailleurs devenus des amis proches.

    As-tu écouté Viva La Rock, l’album solo de Marco Mendoza ?

    Absolument. C’est un excellent album de hard-rock avec un gros son et des mélodies accrocheuses. Marco a une magnifique voix et il voulait vraiment réaliser son propre disque. On va peut-être jouer quelques titres de cet album bien que Marco tourne actuellement avec ses musiciens en Europe. Il n’a donc plus besoin de nous pour en faire la promotion (rires).

    Tu as accompagné Glenn Hughes sur scène en 2016. Aimerais-tu retravailler avec lui ?

    Absolument. Jouer avec cet artiste a été du pur bonheur. Glenn est quelqu’un d’exceptionnel. L’un des plus grands chanteurs de sa génération. Je l’ai appelé il y a quelques jours et on a longuement parlé du dernier album des Black Country Communion. Glenn est infatigable. Il est actuellement en tournée avec le Classic live Deep Purple. C’est un show exceptionnel, que je recommande. J’espère évidemment travailler à nouveau avec lui mais ce n’est pas pour tout de suite au vu de nos programmes respectifs. 

    Dans son autobiographie, Michael Sweet a écrit qu tu avais auditionné pour Stryper en 1983. Est-ce exact ?

    Non, je ne sais pas pourquoi il a déclaré cela. C’est probablement lié au fait qu l’on tournait dans les mêmes petits clubs à l’époque. J’étais alors le guitariste de la formation Fighter. Le groupe de Michael et Robert Sweet ne s’appelait pas encore Stryper mais Roxx Regime.  Ce sont d’excellents amis. J’adore ce qu’ils font. 

    Dead Daisies promo 2018

    L’hiver dernier tu as enregistré un titre (« It Might Be This Christmas ») pour les victimes du feu en Californie, avec le chanteur Keith St. John. A quand un nouvel album de Burning Rain ?

    Des personnes ont tout perdu dans les incendies apocalyptiques qui ont ravagé l’état en 2017. Nous avons modestement tenté d’apporter une éclaircie dans la vie de ces gens. Pour répondre à ta question, le nouvel album est prêt. Je suis très content du résultat. C’est probablement le meilleur disque de Burning Rain et c’est pour ça qu’on est impatient. Une fois que la tournée des Dead Daisies sera clôturée, j’aurais plus de temps pour le promouvoir. J’espère qu’il sortira cette année.

    Je te propose de terminer l’interview avec le portrait chinois …. 

    Si tu étais un livre ? All Quiet On The Western Front (Tout est calme sur le front Ouest), pour la symbolique du titre. Je vis en Californie, dans l’Ouest des Etats-Unis, depuis plus de 35 ans maintenant et je suis quelqu’un de calme et posé, sauf quand j’ai une guitare dans les mains (rires).

    Une émission ou une série télé ? (Il rit). Les Real Housewives de Beverly Hill, une émission familiale très amusante. J’adore l’esprit seventies de cette télé-réalité.

    Un sportif ? Nick Foles, le quarterback des Eagles de Philadelphie.

    Quel a été ton premier concert ? Les Beach Boys. 

    Et ton premier disque vinyle ? Led Zeppelin II acheté en 1972.

      Dead Daisies cover Burn It Down

    THE DEAD DAISIES

    Burn It Down 

    Spitfire Music / SPV

    Burn It Down est un disque où l’influence penche clairement du côté de Black Sabbath et d’Aerosmith période ’70s. Il se situe un cran au-dessus de l’album précédent « Make Sone Moise » (2016) mais n’atteint pas la diversité de Revolución (2015). Comme si les idées s’étaient raréfiées après un effort de créativité intense. Il faut dire qu’entre temps le line-up a pas mal changé, que Doug Aldrich est retourné en studio avec les Revolutions Saints et que Marco Mendoza s’est offert une petite promenade solo. On trouve néanmoins ici des moments savoureux. Ainsi «  Resurrected » est un fracas sonore, le titre générique est soutenu par une basse vénéneuse et des colonnes de guitares alors que « Judgement Day », enregistré en une seule prise, est probablement le titre le plus subtil grâce à son mélange électrique-acoustique.  Mention très bien aussi pour « Set Me Free » une ballade blues sur laquelle Doug Aldrich tient une place prépondérante avec  une touche hendrixienne dans le solo. Enfin « Dead And Gone » devrait faire un malheur sur scène. En conclusion, Burn It Down est un disque tonique qui ne manquera pas de satisfaire les fans des Dead Daisies ! [Ph. Saintes] 

     


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  • Notre interview de Ian Hill publiée dans un numéro hors-série du magazine Metal Obs : http://www.metalobs.com/wp-content/uploads/2016/04/Hors-Se%CC%81rie-Judas-Priest.pdf


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  •   DELTA DEEP

     Couleur Café

    Le blues électrique est à nouveau à l’honneur grâce à des artistes comme Kenny Wayne Shepherd, Joe Bonamassa ou Beth Heart. Il faut désormais ajouter à cette liste, le groupe Delta Deep qui réunit en son sein quatre pointures : Phil Collen (guitare et chant, Def Leppard), Debbi Blackwell-Cook (chant, Michael Bublé), Robert DeLeo (basse, Stone Temple Pilots) et Forrest Robinson (batterie, Joe Sample & The Crusaders). Phil Collen, brillant comme jamais, nous parle de cette association, de la tournée américaine avec ses potes du G3 (Joe Satriani et John Petrucci) et des projets pour 2018. [Entretien avec Phil Collen (guitare, chant) par Philippe Saintes – photos : Helen L. Collen]

    Delta Deep 1

    Parle-nous de la récente tournée avec Joe Satriani et John Petrucci, cela a du être une expérience enrichissante….

    C’est un privilège d’avoir pu jouer avec Joe et John, deux virtuoses mais avant tout des personnes admirables. Chacun a  apporté sa touche personnelle en essayant d’atteindre le meilleur niveau possible mais il n’y avait pas de rivalité ou de compétition sur scène, juste une saine émulation artistique.  On ne jouait pas l’un contre l’autre mais ensemble pour le public. Cette tournée mélangeait reprises, exercices d'improvisation, émotion et bonne humeur. Pendant deux mois le groupe et les spectateurs ne faisaient plus qu'une grande famille. C’est certainement l’un des meilleurs moments de ma carrière.

    Malheureusement on ne te verra pas en Europe avec le G3…

    Effectivement. J’aurais aimé poursuivre l’aventure mais je dois donner un concert avec Def Leppard pour une bonne cause au Royal Albert Hall de Londres, le 25 mars et ensuite partir en tournée avec le groupe aux Etats-Unis pendant l’été. Mon programme est très chargé. Sinon, j’aurais adoré poursuivre cette aventure en Europe mais il n’est pas impossible que l’on se remette à jouer ensemble plus tard.

    Le bassiste Robert DeLeo n’était pas présent sur cette tournée G3/Delta Deep. Reste-t-il un membre officiel du groupe ?

    Oui, oui ! Robert est très occupé en ce moment avec le groupe Stone Temple Pilot qui a commencé à travailler en studio avec un nouveau chanteur (Jeff Gutt). Robert joue aussi avec le Joe Perry All-Star Band. Il ne pouvait donc pas faire cette tournée avec nous. Son remplaçant, Craig Martini est incroyable, il est membre du G4 et accompagne régulièrement Paul Gilbert (Mr. Big). C’est un bassiste funk-soul-rock  qui a vraiment le profil pour jouer avec Delta Deep. 

    La combinaison de ta voix rauque et celle de stentor de Debbi Blackwell-Cook sonne merveilleusement bien sur East Coast Live, un enregistrement public capté au Daryl's Club, une maison tenue par le fameux Daryl Hall du duo Hall & Oates…

    Merci pour le compliment. J’assure les backing vocals au sein de Def Leppard et je suis le lead singer du groupe Manraze, donc le chant n’est pas nouveau pour moi. Le blues est une influence majeure dans ma façon de chanter. Et puis, c’est une chance d’avoir Debbi à mes côtés. Elle est juste magistrale ! Il se dégage effectivement quelque chose de l’union de nos deux voix. Je suis très content du résultat car la clef de la réussite c’est avant tout le collectif. La section rythmique fait beaucoup et tient un rôle décisif dans le résultat final.

    Delta Deep est une sorte d’émancipation par rapport au rock « électronique » de Def Leppard. Musicalement, le groupe joue un blues spontané et diversifié.

    Le blues n’a cessé d’évoluer. Cela a commencé avec des guitares acoustiques à deux cordes dans le Delta du Mississippi dans les années ’20 puis le style s’est électrisé à Chicago avant d’être amené vers d’autres rivages par les Rolling Stones, Jimi Hendrix et Led Zeppelin. Je me souviens avoir vu une affiche annonçant un concert réunissant le même soir Chuck Berry, James Brown, BB King, les Isle Brothers, Little Richards et Jimi Hendrix. Toutes ces étoiles ont joué le même soir. Leurs univers étaient différents mais tous ont été influencés par le blues. Cette affiche me fait aujourd’hui penser à la musique de Delta Deep : du rock, du funk, du blues, de la soul. Nous sommes à facettes multiples. Je connais pas mal de bluesmen qui ont une très grande technique et pensent être les seuls à savoir ce qu'était le vrai blues mais en réalité ces puristes refusent de comprendre que ce genre continue à évoluer et à s'enrichir . Nous essayons vraiment d’amener de nouvelles idées pour rendre le blues plus accessible. Je dois dire que suis un blanc privilégié car j’ai la chance de jouer une musique qui m’inspire en compagnie d’excellents musiciens de couleur. 

    Delta Deep 2

    On voit aujourd’hui émerger d’excellents jeunes groupes qui proposent un style bien roots. Le courant n’est donc pas mort…

    Je crois que de nombreux jeunes sont saturés par tout ce qu’ils entendent à la télé ou en radio de nos jours. Je n’ai rien contre Katy Perry, Beyoncé, Taylor Swift ou Justin Bieber mais ils font partie d’une dérive médiatique. Je ne peux qu’encourager les jeunes à aller voir ailleurs. Il existe de très nombreux groupes et artistes qui méritent un meilleur statut et le soutient du public, partout dans le monde. Certains jeunes fascinés par le vintage se tournent aussi vers l’achat du vinyle, un support qui connaît un regain de popularité. Cela veut dire que des musiques old-school comme le rock et le blues vont traverser encore quelques décennies.

    Les textes de Delta Deep parlent notamment de la ségrégation. Peut-on vous coller l’étiquette de groupe à message ?

    Nous écrivons d'abord des chansons pour transmettre une émotion sincère. Le fait d’avoir deux Afro-Américains dans le groupe explique le métissage de notre musique. Le blues est une sorte d’exutoire, un cri de l’âme contre l’injustice ou  la ségrégation. J’ai toujours aimé la puissance émotionnelle de ce genre musical. Une chanson reste aujourd’hui encore un formidable vecteur d’idées et un moyen privilégié d’exprimer un engagement. On évoque dans nos chansons des sujets qui nous touchent comme la souffrance ou la colère. L’esclavagisme a pris une autre forme aujourd’hui. La chanson « Down in Delta » fait bien sûr référence aux champs de coton mais c’est aussi est une métaphore, le Delta représente ici l’enfer. Cette façon de composer est nouvelle pour moi. C’est ma femme (Note : la créatrice de mode Helen L. Simmons) qui a trouve le nom du groupe Delta Deep, elle a également co-écrit plusieurs morceaux du premier album. Sur le plan social et culturel, c’est enrichissant d’avoir une épouse de couleur.

    "Je connais pas mal de bluesmen qui ont une très grande technique et pensent être les seuls à savoir ce qu'était le vrai blues mais en réalité ces puristes refusent de comprendre que ce genre continue à évoluer et à s'enrichir." 

    Avez-vous derrière la tête de sortir un second album studio ?

    Sept nouvelles chansons sont pratiquement prêtes. Les parties vocales et les backing tracks ont déjà été enregistrés. Cet album sera différent du premier. Nous continuons à expérimenter et à défier les genres. Il y aura notamment un gospel hard rock qui colle bien avec l'idée de mue et l'esprit de ce deuxième opus. J’ai aussi produit le dernier album de Tesla qui doit sortir en mai ou en juin prochain.  J’ai été impliqué dans la création de toutes les chansons.  La musique  est un condensé d’influences des années ’60 et ’70 :  les Beatles, Queen, Led Zeppelin, Aerosmith, AC/DC,  les Who, des groupes qui ont marqué les musiciens de Tesla.  On a travaillé un an et demi pour donner naissance à une petite collection de joyaux.  La musique a été composée  backstage lors de la tournée nord-américaine. Je suis impatient que cet album sorte. 

    As-tu également en stock de nouvelles chansons pour Def Leppard ?

    Joe Elliott et moi avons commencé à composer les premiers morceaux. Un titre est déjà en boîte. Au cours de la tournée avec Delta Deep et le G3 j’ai aussi emmagasiné de bonnes idées pour le prochain album. C’est encore un processus très excitant pour moi, même après toutes ces années. En attendant, je peux te confirmer que Def Leppard sera sur les grands festivals européens l’année prochaine. On se verra certainement sur cette tournée.

    Delta Deep 3

    Ta première guitare fut une SG. J’imagine que tu dois être peiné par les difficultés financières du fabricant américain Gibson. On parle ici d’une gestion…« rock’n’roll » !

    C’est effectivement la crise et probablement la faillite, il n’y a aucun doute là-dessus. Les fabricants et les magasins qui vendent des instruments sont en souffrance mais je reste convaincu que les dirigeants de Gibson n’ont pas eu la bonne approche face à la concurrence des instruments bon marché ou en matière d’innovation. Ses activités dans l’électronique ont été un flop. L’industrie du disque a également connu des difficultés mais elle a su s’adapter pour retrouver de la rentabilité dans le secteur. Aujourd’hui elle continue de vendre des K7, des vinyles et des CD. Par contre, la société Gibson n’a pas su tirer son épingle du jeu.   

    Un mot sur ta récente participation à l’album posthume de Ronnie Montrose, 10X10  avec d’autres interprètes ? Tu joues sur le morceau « Still Singin’ With The Band »…

    J’adorais la formation Montrose qui a été une influence énorme lorsque le premier disque est sorti en 1973.  J’ai eu des contacts avec Ronnie lors de concerts et festivals où Def Leppard partageait l’affiche avec son groupe. J’ai été très touché par sa disparition. Ricky Phillips (producteur de l’album) a déclenché mon envie avec sa volonté de rendre hommage à ce grand guitariste qui était aussi son ami. On peut entendre la voix de Glenn Hughes sur ce titre. Ce dernier a eu la gentillesse de venir nous rejoindre trois fois sur scène lors de la tournée du G3. On interprété en sa compagnie « Superstition » et « Highway Star ».

    De nombreuses personnalités de la musique ont tiré leur révérence en 2017. Chris Cornell, Chuck Berry, Greg Allmann, Walter Becker, Tom Petty, Malcolm et George Young, Fats Domino, la star française Johhny Halliday,…As-tu été touché par la disparitions d’une de ces icônes du rock ? 

    Johnny a assisté à l’un de nos concerts à Paris, il y a quelques années.

    Vraiment ?

    Oui, on l’a rencontré après le show. C’était cool. Le décès de Malcolm Young est tragique tout comme celui de Lemmy de Mötorhead en 2015. La disparition de Prince m’a profondément marqué. Je trouve cela tragique car il était plus jeune que moi ! Je dis toujours à mes enfants que la mort fait partie de l’existence mais voir disparaître une personne plus jeune est profondément injuste. 

    Dans ton autobiographie tu évoquais ta passion pour le foot. As-tu des regrets de ne pas être devenu un joueur pro ?

    Pas du tout. Mais alors pas du tout. Je préfère le métier de musicien. C’est bien plus amusant. La carrière d’un footballeur est courte. Moi, je continue à vivre pleinement de ma passion, à donner du plaisir aux gens tout en côtoyant des musiciens extraordinaires. Je n’ai probablement jamais été aussi créatif qu’aujourd’hui. A 60 balais, c’est génial !

     Delta Deep Live Cover

    DELTA DEEP

     

    East Coast Live 

     

    Frontiers Records

     

    On déguste avec avidité ce « live » enregistré dans un club de la banlieue de New-York. Le concert respire la bonne humeur grâce notamment à Debbi Blackwell-Cook qui met l'ambiance en s'adressant au public avec beaucoup humour. Les spectateurs prennent un repas tout en écoutant religieusement la voix de Debbi, sœur  spirituelle d'Aretha Franklin, les riffs et solos de Phil Collen ainsi que le groove de la section rythmique. Avec cette formation, Collen accentue ses références black à tel point que le blues vit ici en intermittence avec une soul éventuellement funk, mélangée à du hard rock. Au total quinze morceaux  dont la plupart proviennent du premier album éponyme sorti en 2015. Le set qui débute avec une solide reprise du « Black Dog » de Led Zeppelin, se poursuit avec un gospel endiablé « Bang The Lid », le sensuel « Treat Her Like Candy » chanté par Collen, l’émouvant « Whiskey » (en hommage au fils assassiné de la chanteuse), les plus nerveux « Shuffle Sweet », « Black Coffee » et « Bless These Blues » mais aussi « Private Number » influencé par Smokey Robinson sans oublier la splendide interprétation du « Mistreated » de Purple. La soirée s’achève par un court  solo de batterie de Forrest Robinson enchaîné avec le solide « Down In The Delta » puis un medley funk et rythmé repris en chœur par l’assistance. Ce show joué avec simplicité et un charme indéniable laisse éclater le talent de tous les musiciens et propose surtout une musique qui fait du bien. [Ph. Saintes] 

     


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  • Sweet & Lynch

     Le trait d’union

    Dans le pseudo-marasme qui existe au sein de l’industrie du disque, il est encourageant de voir certains se prendre en charge et unir leurs efforts afin de mieux se faire entendre. Michael Sweet (Stryper) et George Lynch (Lynch Mob) proposent en cette fin d’année un second album en duo à la fois déroutant et fracassant. Son titre Unified, symbolise la collaboration entre un chrétien convaincu et un athée spirituel, uni par la passion  du rock. [Entretien téléphonique avec Michael Sweet (chant) par Philippe Saintes – photos : Alex Solca]

    Sweet | Lynch

    Pour Only To Rise, tout le monde était tombé d’accord sur la qualité du disque dès les premières notes. Unified, est plus complexe. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour assimiler tout le travail créatif, les effets et les arrangements…

    Je crois que de nombreuses personnes ont du mal à ressentir toutes les choses que tu viens de décrire. C’est un album qui mérite effectivement plusieurs écoutes attentives pour en saisir les subtilités et l'assimiler dans sa totalité. C’était l’idée de départ, nous n’avons pas souhaité faire un « copier-coller » des albums de Dokken, de Stryper ou même du premier Sweet & Lynch. Il y a peut-être deux ou trois titres qui sonnent familier comme « Promise Land » ou « Make Your Mark » mais pour le reste, le but était de proposer un son différent. Les morceaux « Walk », « Afterlife » et « Live To Die »  sont clairement dans l'esprit George Lynch-Michael Sweet mais différents dans la forme. Musicalement « Walk » est un mix d’Aerosmith , des Bee Gees et de Queen. C’est en grande partie la raison pour laquelle certains l’adoreront et d’autres le détesteront. La musique d’ « Afterlife » est plus dépouillée et mélancolique mais derrière une apparence sombre, ce titre délivre un message d’espoir.    

    Tu n’es donc pas surpris par la réaction de certains fans qui ne s’attendaient pas à une telle révolution musicale ?

    Effectivement. Peut-être qu’au premier abord cela peut paraître déroutant pour l’auditeur. Il faut juste prendre le temps de s’y habituer. Quand un disque est particulièrement apprécié et qu’ensuite tu proposes quelque chose de totalement différent,  l’auditeur est logiquement surpris mais cela ne veut pas dire pour autant que ce deuxième opus n’est pas bon. Nous ne voulions tout simplement pas faire un Only To Rise bis. On l’assume totalement. Les groupes doivent prendre des risques, malgré ce que vont penser les gens, c’est ça être un artiste. Prenons l’exemple de Van Halen. J’ai adoré le premier album qui a bouleversé le monde de la musique rock mais si on écoute ensuite 1984, il n’y a aucune comparaison possible. Le groupe a pris une direction complètement différente sur le plan musical comparé à Van Halen I. Pourtant ce sont deux excellents albums. Je pense qu’il faut tout simplement rester ouvert d’esprit.

    L'album fait une place à chacun des membres du groupe. Tu as su retirer le meilleur de chaque musicien en tant que producteur de Unified.

    La musique est toujours plus motivante quand elle est reliée au processus créatif. On a essayé différentes choses, de nouvelles idées. Peu de gens le savent mais je suis rentré pour la première fois dans un studio à l’âge de 10 ans. Mon père était musicien et compositeur. Je l’accompagnais lorsqu’il enregistrait des démos dans un petit studio à Whittier, en Californie. J’ai vraiment passé ma vie dans les studios, en travaillant notamment dans l’ombre des Michael Wagner, Stephan Galfas et  Tom Werman qui ont produit les albums de Stryper. Cette passion n’est pas neuve. J’ai réalisé de nombreux albums dans le passé mais aujourd’hui je souhaite vraiment me faire un nom comme producteur au sein de la scène musicale, proposer une nouvelle carte de visite en quelque sorte. 

    George a affirmé avoir été impressionné par ton travail de producteur. C’est un fameux compliment.

    C’est vrai. Il ne savait pas réellement à quoi s’attendre mais au final,  il a vraiment adoré tout l’album.  C’est gratifiant et valorisant lorsque cela vient d’un immense artiste comme George qui est très exigeant sur le plan musical.

    Comment vous êtes-vous partagé le travail ? 

    Sur le premier album George a composé une bonne partie de la musique et je me suis occupé des mélodies et des textes, à l’exception de « The Wish », « Recover » et « Strengt In Numbers » qui portent ma signature. Pour Unified, George a écrit les musiques et moi les mélodies, les textes et quelques arrangements. Je joue aussi un peu de guitare mais c’est George qui a fait 75-80 % du boulot sur l’album. Il joue tous les solos. On a défini les rôles de cette collaboration dès le départ, je suis le chanteur et George le guitariste. Je me suis volontairement mis en retrait en tant que six-cordistes. 

    George Lynch

    "Unified est un album qui mérite plusieurs écoutes attentives pour en saisir les subtilités et l'assimiler dans sa totalité."

    Un monde uni est un gigantesque puzzle comme  la  pochette de l'album. Le titre Unified est aussi un clin œil à l’Amérique actuel qui apparaît de plus en plus désunie et divisée. 

    C’est vraiment triste. Le pays est divisé par des fractures sociales, économiques et politiques. C'est la première fois que les institutions sont ébranlées à ce point depuis la guerre civile. Jamais l’opposition entre deux camps n’a été aussi forte, c’est la raison pour laquelle j’ai écrit cette chanson qui est un appel au rassemblement malgré les différences. On est dans une société où tout est sujet à polémique. Il suffit de voir le déversement de haine sur les réseaux sociaux.  Si vous publiez un message de soutien à une personne, vous êtes aussitôt attaqué via des messages d’injures par des milliers d’autres individus. Ce n’est pas comme cela que devrait fonctionner l’humanité mais c’est malheureusement le monde dans lequel nous vivons. Il est temps de recréer le dialogue et d’accepter d’être confronté à d’autres idées. On m’a demandé comment un croyant  et un « esprit libre » pouvaient s’entendre dans un même groupe. La réponse tient en un mot : respect ! Bien que nous ayons des idées opposées sur la foi, moi et George, nous nous respectons en tant que musiciens, amis et êtres humains.

    Il y a également du neuf du côté de Stryper, l’arrivée d’un nouveau bassiste, Perry Richardson (ex-Firehouse), et l’enregistrement d’un 11è album studio.

    On est tout excité par l’arrivée de Perry qui a insufflé un nouvel état d’esprit au sein de notre formation. Quand il est entré pour la première fois dans le studio avec nous, la pièce s’est « illuminée » . Il s'est rapidement intégré à notre petite famille. Son sourire est contagieux, il se transmet de personne en personne. Il a amené beaucoup d'énergie positive, vraiment ! On avait tous besoin de cela. Perry est non seulement un excellent bassiste mais aussi un très bon chanteur.  Lorsque les gens le verront sur scène, ils seront convaincus que nous avons fait le bon choix. On a l'impression d'un nouveau départ avec Perry dans le groupe ! Il a été auditionné début novembre et quelques jours plus tard, nous avons commencé à enregistrer les bases à savoir les guitares rythmiques, la basse, la batterie, les claviers et les chœurs ainsi que les overdubs des guitares. Il ne reste donc plus qu’à finaliser le chant principal et les solos de guitares.    

    Tu as déclaré sur ta page Facebook qu’il s’agissait probablement de votre meilleur album.

    Laisse-moi apporter une petite correction, j’ai dit qu’il s’agissait certainement de notre meilleur album (rires). C’est peut-être un cliché mais je l’affirme sans langue de bois. Ce n’est pas juste mon avis, c’est aussi celui de Rob (Sweet, batteur) et de Oz (Fox, guitariste). Nous sommes tous le trois convaincus qu’il s’agit d'un excellent enregistrement studio. Il a une touche unique mais également une énergie et un groove communicatif.  Stryper Got the Groove Back (une référence au film How Stella Got Her Groove Back - Sans complexes), c’est difficile à expliquer, tu dois écouter cet album pour comprendre . Il y a une ballade rock, quelques  chansons qui restent dans la continuité de notre répertoire mélodique, je pense à « Free » ou « Calling On You », mais le reste de l’album ravira les fans de metal. Le titre « Sorry » par exemple est à la fois heavy et accrocheur. Les fans vont adorer.

    Est-ce que chaque membre a proposé des morceaux ou as-tu écrit toutes les chansons comme sur  Fallen?

    Cet album comporte onze morceaux dans la tradition rock. Oz (Fox) a composé quelques musiques tandis que Rob a co-écrit des textes et a trouvé l’idée du titre de l’album mais il est encore trop tôt pour le dévoiler. 

    Michael Sweet

    Que devient l’album acoustique de Stryper évoqué lors d’une précédente interview ?

    Cet album a été enregistré il y a plusieurs mois afin de proposer aux fans une relecture acoustique d'anciens morceaux,  mais nous n’avons pas encore trouvé le temps de le mixer. C’est quelques chose qui devrait être fait dans un avenir assez proche. On pourrait envisager une sortie pour septembre 2018.  

    On devrait entendre quelques titres de Sweet & Lynch en public au cours d’une tournée qui réunirait sur une même affiche Stryper et Lynch Mob. 

    Exact. De nombreuses personnes aimeraient me voir partager la scène avec George. Mon idée est donc de partir en tournée avec Lynch Mob. Stryper serait la tête d’affiche et Sweet & Lynch débuterait la soirée.  Mon frère Rob et Jimmy D'Anda se partageraient la batterie sur quelques morceaux tandis que Sean McNabb et Perry Richardson tiendraient la basse en alternance pour un set assez court, de 7 à 8 chansons.  J’ai à cœur de faire cette tournée qui s’annonce très excitante.  

    Tu as aussi évoqué la possibilité d’un album avec Joel Hoekstra (Whitsenake)…  

    Un album commun avec Joel est quelque chose qui sommeille depuis plusieurs années maintenant. Je regrette que ce projet ne se soit pas encore matérialisé. C'est assez compliqué de faire coïncider nos agendas. Todd Sucherman, l’actuel batteur de Styx, pourrait nous rejoindre. On est également en contact avec Arnel Pineda (chanteur de Journey) et d’autres musiciens. Rien n’est encore confirmé mais en tout cas, si ça se fait, ce sera tout simplement dingue. Je peux en tout cas te certifier qu’un album estampillé Joel Hoekstra et Michael Sweet va débarquer quoiqu’il arrive.

    Je propose de terminer l’interview avec ton portrait chinois ….

    Si tu étais un livre ? Même si ça peut paraître cliché, je crois que tu connais la réponse. La Bible !

    Une série télé ou un film ? J’ai regardé avec beaucoup de plaisir Stranger Thing, avec mon épouse. Quant au film, je dirais une production Marvel, probablement Iron Man, mon super héros  préféré. 

    Un sportif ? Tom Brady un joueur de football américain…

    Et si tu étais une femme ? (Il rit) Mon épouse, Lisa.

     Sweet & Lynch - Unified cover

     SWEET & LYNCH

    Unified

    Frontiers Records

    Le talent de composition de George Lynch et Michael Sweet se révèle à la hauteur de leurs ambitions pour Unified. Leur grande maîtrise de l'écriture musicale et leur faculté à marier avec brio un metal offensif et les harmonies leur permettent de retenir l'attention de l'auditeur tout au long des 50 minutes de musique d'une richesse rare. Encore faut-il comprendre que les deux compères n'ont pas voulu rester enfermé dans un hard mélodique et qu'ils ont délibérément décidé d'évoluer vers quelque chose de plus léché au niveau de la production. A chaque instant sur cet album, il se passe quelque chose d’excitant, que ce soit sur les titres énergiques comme « Heart Of Fire » et « Make Your Mark », ou alors des morceaux plus calmes, l’exemple le plus flagrant étant « Tried & True ». Sweet & Lynch c’est l’esthétisme du hard porté au rouge vif. On peut regarder en ronchonnant dans le rétro ou enfin accepter que la paire a changé de direction. Cette route prendra peut-être plus de temps et davantage d’écoutes, mais le voyage en compagnie de ces deux musiciens reste en tout cas toujours aussi magique... [Ph. Saintes] 

     


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  • Alice Cooper Brielpoort de Deinze,

    Le Coop’ a 69 ans. Les générations, les modes, les styles sont passés mais pas sa musique. Le spectacle commence à 21h00 avec « Brutal Planet ». Les éclairages s’animent et suivent le chanteur dans ses moindres déplacements. Le Alice Cooper band qui semble tout droit sorti du film New York 1997, enchaîne les morceaux d’anthologie dans un décorum « gorisé » :  « No More Mr. Nice Guy », « Under My Wheels », « Billion Dollar Babies », « Poison »... L’ambiance est d’enfer.

     Alice Cooper Brielpoort de Deinze (2)

    Alice Cooper sort alors de scène et laisse ses petits camarades effectuer leurs solos respectifs (avec 3 gratteux dans la bande tout de même). Au menu : riffs coupe-gorges et tambours décapants. Dégustez, c’est Alice qui régale ! Impressionnant de cohésion, les musicos n’arrêtent pas de courir dans tous les sens. La palme du meilleur second rôle revient à la très présente Nita Strauss, la fille de manche…. La foule écoute ensuite religieusement la ballade « Only Woman Bleed « jouée sur une guitare double manche par Ryan Roxie avant de lever le poing sur le vindicatif « Paranoiac Personality», dernier hit en date. 

    Alice Cooper Brielpoort de Deinze(3)

    Alice Cooper Brielpoort de Deinze (4)

    Au cours de la dernière partie du concert, Alice affronte un Frankenstein géant, des infirmières diaboliques interprétées par ses propres filles avant d’être électrocuté sur scène puis décapité dans un barda scénique rythmé par les incontournable « Ballad Of Dwight Frye », « I Love The Dead » et « I’m Eighteen ». La foule retient son souffle mais pas de panique, le chanteur est immortel.  Ce n’est pas un concert mais un spectacle. Faut pas confondre ! Au bout d’une heure trente de grand frisson, la star entame une dernière chanson en béton, le sacro-saint « School’s Out » couplé avec « Another Brick In The Wall », le tube légendaire de Pink Floyd. Le morceau est évidemment survolé d’un envoi de big ballons. Le mot de la fin est lancé : joyeux Noël !  Et déjà toutes les lumières se rallument à l’intérieur d’un Brielpoort hanté par le passage d’un spectre toujours bien vivant !

     Alice Cooper Brielpoort de Deinze (9)

    Alice Cooper Brielpoort de Deinze (7)

    Alice Cooper Brielpoort de Deinze (8)

    Photos et texte © Phil de Fer 2017


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  • La Machine du Moulin Rouge, autrefois « La Locomotive », illustre salle parisienne, était bien remplie pour célébrer le retour de Mr. Big, après trois ans d’absence. C’est une "dream team"  affamée qui a déboulé sur scène. Si Eric Martin, Billy Sheehan, Paul Gilbert et Matt Starr ont été à la hauteur de leur réputation, le batteur Pat Torpey, diminué par la maladie de Parkinson, a joué des percus durant une bonne partie du concert et pris place derrière les fûts sur la ballade « Just Take My Heart ». Quelle joie de le retrouver hilare sur la scène. Mr. Big a présenté un show de grande qualité, à la fois délirant et très professionnel.  Le public ravi n’a pas manqué de saluer l’anniversaire de Mister Gilbert qui nous a ensorcelés avec ses guitares magiques pendant près de deux heures. Avant cela, les revenants américain de Faster Pussycat et les flamboyants irlandais de The Answer, ont laissé parler pendant 45 minutes chacun, la puissance brute de leur hard rock authentique et sans compromis. All Killer - no filler!

    FASTER PUSSYCAT - Paris 2017

    FASTER PUSSYCAT - Paris 2017 (2)

     FASTER PUSSYCAT - Paris 2017 (3)

    THE ANSWER - Paris 2017

    THE ANSWER - Paris 2017 (2)

    THE ANSWER - Paris 2017 (3)

    Paul Gilbert - Paris 2017

    Mr. Gig - Paris 2017

    Billy Sheehan et P. Gilbert - Paris 2017

    Pat Torpey - Paris 2017

    Eric Martin - Paris 2017

    Mr. Big set list - Paris 2017


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