•  LAST IN LINE

     Engagé et engageant

    Après le succès de leur premier album Heavy Crown, nombreux sont ceux qui attendent avec impatience ce second disque des anciens membres de Dio. Que les amateurs se rassurent, Last In Line  propose douze morceaux saignants dont la qualité est à la mesure du talent des quatre musiciens. [Entretien avec Vivian Campbell (guitare) par Philippe Saintes  - photos : Jim Wright]

    Last In Line - II

    Viv, comment va ta santé ?

    Chaque jour qui passe est un cadeau. Je suis heureux de pouvoir jouer dans deux groupes fantastiques comme Def Leppard et Last In Line. Ce sont mes deux poumons. Je suis emballé par la sortie du nouvel album de Last In Line. Nous avons donné notre 1er concert le 17 janvier aux Etats-Unis. J'ai toujours l'énergie suffisante pour me produire sur scène et faire ce merveilleux métier.

    Le décès de Jimmy Bain (68 ans) début 2016 a été brutal. Last In Line a néanmoins souhaité poursuivre son parcours musical avec Phil Soussan. Comment définirais-tu leur façon de jouer? 

    Jimmy et Phil ont la même sensibilité. Ils ont évolué dans le même registre. Phil a en effet accompagné Ozzy Osbourne à l’époque où Jimmy, Vinny Appice et moi jouions avec Ronnie James Dio. Techniquement, le jeu de Jimmy était simple et carré. Phil est plus créatif. Son style ressemble davantage à celui de Geezer Butler (Black Sabbath) ou de John Entwistle (The Who). On a eu deux ans pour bien connaître la façon de jouer de Phil avant d’entrer en studio. Il s’est parfaitement intégré au sein du groupe. 

    Savais-tu que Phil avait aussi tourné avec la star française Johnny Halliday (1995-1996) ?

    Oui, il m’en a parlé. Il a été très affecté par la disparition de Johnny. Nous étions en tournée lorsque la nouvelle est tombée. Phil parle parfaitement le français. Il a même de la famille dans l’Hexagone. Celle-ci est d’ailleurs venue nous voir en concert à Paris, il y a deux ans. Ce n’est donc pas une surprise s’il a été recruté par Johnny Halliday. Ce dernier s’est toujours bien entouré.  

    Andrew Freeman met le feu sur cet album. On peut dire que c’est une bonne pioche !

    C’est un chanteur qui a du coffre, ce qui est un critère indispensable pour faire partie de Last In Line car il y a beaucoup d’énergie sur scène. On joue très fort et le chanteur doit répondre à cette dynamique. Andrew s’est imposé de façon magistrale. Il apporte quelque chose de frais et de différent dans son interprétation. Il a réussi à donner une couleur très personnelle à Last In Line. Cette évolution se ressent sur ce deuxième opus.

    Quant à ton vieux complice Vinny Appice (batterie), il développe toujours un style puissant, sans fioriture. 

    J’ai eu la chance de côtoyer plusieurs batteurs exceptionnels au cours de ma carrière comme Rick Allen (Def Leppard), Tommy Aldridge (Whitesnake) ou Terry Bozio mais Vinny est unique. Personne ne frappe aussi fort que lui. Il ne joue jamais deux fois de la même façon. Je ne sais jamais à quoi m’attendre en concert. C’est pour cela que j’aime jouer avec lui. Il me pousse à me dépasser car sa vitalité est communicative. C’est un type exigeant mais incroyablement drôle et chaleureux. 

    Andrew Freeman

    On retrouve à la production, Jeff Pilson (Dokken, Foreigner) qui était déjà là sur Heavy Crown. C’est en quelque sorte le 5è élément du groupe.

    Jeff est très important pour nous. Ces compétences techniques sont impressionnantes et c’est quelqu’un  avec qui il est très facile de s’entendre. Il nous a surtout aidé à finaliser les arrangements des morceaux. Le programme de chacun était très serré, Jeff avec Foreigner, Andrew avec Devil’s Hand et moi avec Def Leppard. Nous n’avons travaillé ensemble que pendant quelques jours. L’idéal aurait été de passer 4 ou 5 semaines en studio tous ensemble mais cela n’a pas été possible. Il y a eu beaucoup d’aller et venue. Je suis étonné par la cohérence et la solidité de l’album compte tenu du processus d’enregistrement. On peut remercier Jeff pour cela. 

    Last In Line a passé un cap. Ce qui fut autrefois une « jam » informelle dans un studio de répétition de Los Angeles en 2011 est devenu un groupe à part entière.

    Effectivement. On s’est lancé dans ce projet un an après le décès de Ronnie. Nous jouions essentiellement des morceaux de Dio au début. Last In Line (Note : titre du 2è album de Dio) était le nom le plus approprié pour le groupe mais celui-ci n’a jamais été une copie de la formation originale. On a d'ailleurs voulu montrer cette nouvelle identité sonore dès le premier disque Heavy Crown. Cette émancipation se poursuit avec II. Toutefois, le groupe continuera à interpréter des titres des trois premiers albums de Dio en concert. Je me rappelle que sur la tournée Holy Diver nous avions intégré dans la setlist des morceaux de Black Sabbath et de Rainbow, formation dont Ronnie fut le chanteur. C’est bien connu le passé hante le présent et conditionne l'avenir.

    Parlons des compositions. II est tissé de texte profond sur le monde actuel et sur ses dangers.

    L’album est très sombre dans son ensemble. Il parle de la vie d’aujourd’hui. Nous traversons une période compliquée politiquement, sociologiquement et écologiquement. Nous évoquons simplement ce que vous voyez aux actualités.  Andrew est le parolier de « Year Of The Gun ». Il vit à Las Vegas, où s’est déroulé la fusillade la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis, pendant un festival de musique (1er octobre 2017). Nous avons été affectés par cette tragédie. Andrew n’a pas l’habitude d’écrire des chansons fades ou mielleuses. Je pense qu’il a une perception assez négative de l’humanité et cela se comprend quand on voit qu’un idiot occupe le bureau présidentiel à la Maison-Blanche. Aujourd'hui, la question est au moins autant de comprendre comment on en est arrivé là que de savoir comment en sortir, et au plus vite. Je ne suis pas Américain mais j’ai passé la plus grande partie de ma vie dans ce pays. Et si je n’ai pas écrit les paroles de l’album, j’avais une vision sonore. J’ai voulu faire ressentir dans la musique mes propres doutes et les choses qui  me heurtent avec une note d’espoir néanmoins. En fait, je suis plus optimiste qu’Andrew (rires). 

    Tu évoques la situation aux Etats-Unis mais en Angleterre, le Brexit, ce n’est pas mal non plus.

    Tu as entièrement raison. Il y a aussi la Hongrie, l’Italie ou la Pologne, des pays touchés par la vague du populisme. Les gens se positionnent de plus en plus à droite et votent pour des leaders qui jouent sur la haine, sur les peurs avec des discours anti-migrants. Nous devons construire des ponts et pas des murs. Il faut plus de compassion entre les individus quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. 

    Sur la vidéo de Lanslide on peut découvrir ta nouvelle guitare fabriquée par le Gibson Custom Shop, l’as-tu aussi employée sur ce disque ?

    Elle apparaît sur 20 à 25% de l’album seulement car je travaillais encore sur le prototype pendant l’enregistrement. Ce n’est qu’à la fin des séances que j’ai pu jouer sur la version définitive. Mais pour le reste, j’ai joué sur ma Les Paul période « Dio », la n°72987537.  Je me suis également servi d’une Strat pour les overdubs.

    Viv Campbell - Last In Line II

    Vous êtes est actuellement en tournée aux States. Tu rejoindras ensuite Def Leppard pour les festivals du printemps et de l’été en Europe. Pouvons-nous espérer voir Last In Line en Europe avant la fin de l’année ?

    Nous nous produirons au Download festival le même jour que Def Leppard, sur la scène principale. Ce sera une journée chargée pour moi (il rit). Auparavant, Last In Line se produira dans un club de Londres. Pour le reste de l’Europe, il faudra sans doute patienter jusqu’à l’automne.

    Def Leppard a clôturé en décembre sa tournée Hysteria au Royaume-Uni et en Irlande. Quelle est ta chanson préférée de cet album paru en août 1987.

    Sans hésitation, « Gods Of War » car c’est le morceau le plus rock de cet album. J’apprécie surtout sa complexité. J’adore jouer les riffs et aussi le solo ce qui est un extra pour moi car comme tu le sais, je dois surtout me cantonner dans un rôle de guitariste rythmique dans Def Leppard. Sinon, je prends aussi beaucoup de plaisir à interpréter en concert « Two Late For Love », un morceau sur lequel mon prédécesseur Steve Clarck jouait de la lead. Chaque fois que nous ajoutons une chanson à la setlist je suis emballé  parce que Def Leppard se doit de jouer les chansons que les fans veulent en concert : « Animal », « Hysteria », « Pour Some Sugar On Me », « Photograph » ou « Rock Of Ages ». C’est devenu une routine. Dès lors, jouer des titres plus obscurs est excitant pour nous tous.

    « Les gens se positionnent de plus en plus à droite et votent pour des leaders qui jouent sur la haine, sur les peurs avec des discours anti-migrants. Nous devons construire des ponts et pas des murs. » 

    L’éponyme Def Leppard, votre dernier album remonte à 2015. Comptez-vous enregistrer de nouvelles chansons ?

    J’ai enregistré quelques idées. Nous travaillons individuellement pour l’instant même si Sav, Joe et Phil se sont retrouvés pour composer quelques morceaux ensemble. Je pense que le groupe devrait se rendre à Dublin pour enregistrer un nouveau disque mais ce ne sera pas avant 2020. Ce n’est là qu’une pure spéculation de ma part.

     Last In Line - Viv Campbell

     

    Quand sortira le box-set Rock Of Ages II qui couvrira ta période au sein des "Léopards" ?

    Je ne peux pas te répondre. Je suis généralement le dernier averti des projets de Def Leppard.

    Brian May devrait introniser Def Leppard, lors de la 34è cérémonie du Rock’n’Roll Hall Of Fame, le 29 mars prochain. Est-ce que tu as vu le biopic Bohemian Rhapsody ?

    Oui, j’ai vu le film. Rami Malek est exceptionnel  dans le rôle de Freddy Mercury. Il s’est approprié à la perfection sa gestuel. Le résultat est bluffant ! Beaucoup de personnes m’ont dit que Bohemian Rhapsody ne respectait pas la chronologie des évènements mais ces libertés scénaristiques ou anachronismes qui jalonnent ce long-métrage ne m’ont pas choqué. Je pense que c’est une belle réussite cinématographique.

    J’ai lu que le regretté Phil Lynott t’avait invité chez lui à Londres pour travailler sur les démos de ce qui aurait dû être son troisième album solo. Que sont devenues ces maquettes ?

    Je n’en sais rien mais j’espère qu’elles ont été détruites. J’ai rejoins Phil sept mois avant son décès. Il était alors complètement accroc à l’alcool et les drogues dures. Je ne comprenais absolument pas ce qu’il me disait tellement il était usé mentalement. C’est triste à dire car il était un héros pour moi. J’étais vraiment mal à l’aise. Je l’adorais et le respectais mais là, il avait totalement sombré dans la déchéance. Phil tentait de m’expliquer ce qu’il voulait que je joue mais cela n’avait ni queue ni tête et lorsque je lui demandais de répéter, sa réponse était tout à fait incompréhensible. C’était embarrassant. Musicalement, je me rappelle que Phil avait davantage besoin d’un guitariste comme Mark Knopfler qui a joué sur son dernier album solo. Te souviens-tu de la chanson « King’s Call » ? On entend le son cristallin d’une Fender branchée sur un twin reverb alors que je préfère le mariage Gibson-Marshall (rires). J’ai conservé un très mauvais souvenir de cette collaboration éphémère.

    Phil Lynott aurait eu 70 ans en 2019. On parle d’une reformation de Thin Lizzy pour l’occasion. Pourrais-tu y participer ?

    J’en doute car personne ne m’a contacté mais j’aimerais le faire bien sûr. Thin Lizzy fait partie de mon héritage. Même si mon apparition dans le groupe n’a duré que quelques mois, elle m’a permis de me reconnecter à ma véritable passion, qui est de jouer de la guitare rock. Elle est même à l’origine du projet Last In Line. J’ai retrouvé le même désir qu’à l’époque où je jouais avec Dio au début de ma carrière. Lizzy a énormément compté pour moi. Alors oui, si on me le proposait, j’accepterais avec grand plaisir !

    Retrouvez cet article dans Classic Obs' Mag

     Last In Line - II cover

    LAST IN LINE

    II

    Frontiers Records 

    Last In Line est une deuxième vie pour Vivian Campbell  et ses camarades. Lorsqu’il peut s’échapper de la cage dorée des léopards, celui que ses amis surnomment « Viv » sort les crocs. Le guitariste délivre riffs et solos de guitare « badass » (écoutez donc « Give Up The Ghost » et « False Flag » !). Cette fois encore l’Irlandais a ressorti sa vieille Les Paul, celle-là même qui a irradié les trois premiers disques de Dio. « Cette guitare a un côté émotionnel pour moi. Elle m’accompagne aussi en tournée », nous a-t-il confié. Le groove de batterie nerveux et haletant de Vinny Appice et la ligne de basse solide de Phil Soussan donnent également un cachet indéniable à un disque qui en a sous le pied niveau production. Et puis, il y a la voix unique et grave d’Andrew Freeman qui balise des chansons à la fois denses et bouillantes. Ni chichi, ni paillettes, le hard-rock de la formation américano-britannique est profondément vivant et humain. Chaque incursion sonique possède sa propre personnalité. Avec des morceaux véloces comme « Landslide », « Year Of The Gun » et « Black Out The Sun », le groupe continuera à donner sans problème des concerts qui hérissent la crinière. [Ph. Saintes] 

    Site web : http://www.lastinlineofficial.com/

     


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  • La Wembley Arena était archicomble mardi dernier pour le 2è concert londonien des léopards lors de l'Hysteria Tour. Le groupe de Sheffield a interprété l’intégralité d’Hysteria, meilleur album de l’année 1987, dans une quasi…hystérie collective. Le quintet a ensuite quitté les planches pour revenir en rappel jouer quelques classiques « Promises », « When Love And Hate Collide », « Let’s Get Rocked » « Rock Of Ages » et  « Photograph » sur lesquels le public a également fait entendre sa voix. Def Lerppard est bien resté une icône de l’autre côté de la Manche. Si vous n’y étiez pas, rendez-vous le 23 juin prochain sur la plaine de Dessel. En attendant, joyeux Noël à tous !

    Def Leppard Wembley 18.12.18

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     Photos et texte © Phil de Fer 2018


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  • CHEAP TRICK, WembleyArena, 18 décembre 2018(2)

    Cheap Trick est resté ce grand petit groupe en perpétuel équilibre entre mélodies sucrées et solos poivrés. Rick Nielsen, Robin Zander et Tom Peterson sont des adeptes du « Rockfort ». Ils s’acharnent à glisser une paille d’humour dans la poutre d’acier du hard-rock à l’image de ce « Run Run Rudolph » interprété en compagnie de Michael Monroe (Hanoi Rocks) à l’harmonica et de Phil Manzanera (Roxy Music) à la gratte.

    CHEAP TRICK, WembleyArena, 18 décembre 2018

    Noël se poursuit avec cette musique magique qui produit sur nous l'effet d'un élexir de perpétuelle adolescence ! 

    CHEAP TRICK, WembleyArena, 18 décembre 2018 (3)

    CHEAP TRICK, WembleyArena, 18 décembre 2018 (4)

    CHEAP TRICK, picks Rick Nielsen

     Photos et texte © Phil de Fer 2018


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  • Cinq jours en mer à écouter de la musique, à assister à des concerts et à traîner avec quelques stars du rock…Durant ce voyage dans l’Atlantique, nous avons pu une nouvelle fois constater que la vie avec Kiss lors d’une croisière était très riche en événement. Parmi ceux-ci la réunion de six membres de la formation US le 31 octobre, pourtant sans fard lors de la soirée d’Halloween ! Pendant le traditionnel set acoustique, Bruce Kulick et Ace Frehley sont montés sur le Pool Deck pour interpréter quelques titres fétiches : « Domino », « Hide Your Heart », « 2000 Man », « New York Groove », « Nothin’ Too Loose » et bien sûr l’incontournable « Rock And Roll All Nite ». Nous vous offrons quelques photos à inscrire au livre des « happening ».

    KK VIII - P. Stanley Day 1

    KK VIII - Eric Singer Day 1

    KK VIII - Thayer-Kulick Day 1

    KK VIII - A. Frehley Day 1

    KK VIII - G. Simmons Day 1

    La veille à Miami, port de départ, Vinnie Vincent avait effectué un retour « électrique »  en accompagnant sur trois titres Four By Fate, combo au sein duquel officie les ex-Frehley’s Comet, Tod Howarth et John Regan ainsi que l’ancien batteur de Skid Row, Rob Affuso Pour l’occasion, Vincent est apparu avec le maquillage et la croix ansée. L’éphémère guitariste de Kiss (1982-83) s’est contenté de la rythmique sur « Lick It Up », « I Love It Loud » et « Cold Gin » dans ce Nightclub plein à craquer. Une prestation peu convaincante  à des années lumières de ce que proposera le Spaceman sur le Norvegian Jade. Ace Frehley a effectivement enchaîné les bonnes surprises : « Save Your Love », « Dark Light », « Torpedo Girl », « Two Side Of The Coin »,… des morceaux de Kiss portant sa griffe. L’ « ace » de pique a tenu la barre d’une main de maître tout au long de la croisière en compagnie des musiciens de…Gene Simmons !

    KK VIII - A. Frehley Day 1(2)

    KK VIII - A. Frehley band

    KK VIII - A. Frehley last night

    L’autre coup de cœur de la croisière fut incontestablement Bruce Kulick qui a déchargé toute l’artillerie des années’80 et ’90 dès le premier soir en compagnie des Conspirators Bent Fritz (batterie) et Todd Kerns (chant, guitare rythmique) et du bassiste Zach Throne, connu également pour ses talents d’acteur. Les quatre musiciens ont revisité live les albums Asylum, Crazy Nights, Smashes, Thrashes & Hits, Hot In The Shade et Carnival Of Souls tout en ajoutant l’étonnant « Sword And Stone », un titre accrocheur signé Stanley-Kulick que le groupe allemand Bonfire a enregistré en 1989, sans oublier l’hommage au  regretté à Eric Carr sur « Little Caesar ».

    KK VIII - B. Kulick live

    KK VIII - T. Kerns

    KK VIII - B. Fritz

    Le lendemain, branle-bas de combat avec les Dead Daisies, l’un des gangs les plus chauds du moment.  Les morceaux de bravoure propulsés par l’audace vocale de John Corabi (ex-Mötley Crüe), la frappe d’acier de Deen Castronovo (Journey, Bad English) et la facilité technique de la paire Doug Aldrich-Marco Mendoza (ex-Whitesnake), font mouche à tous les coups en concert. Ceux qui étaient-là, reçurent en plein visage les « Resurrected », « Make Some Noise », « Midnight Moses », « Bitch »,…. lors de trois sets sans temps mort !

    KK VIII - John Corabi

    KK VIII - M. Mendoza

    KK VIII - Doug Aldrich

    Nous avons aussi pu découvrir de nouveaux talents au cours de la croisière 2018. Repéré par le manager de Kiss, Doc McGhee, Vintage Trouble a fait chavirer les cœurs avec son univers teinté de blues-rock old school et de soul américaine. Ce groupe californien est entrain de se faire un nom grâce notamment à Ty Taylor, chanteur fantasque à l’énergie débordante et communicative. Le groupe de Hair Metal Teäze fut une attraction d’excellent niveau tandis que Beth Blade & The Beautiful Disasters et le girl band Thundermother ont souqué ferme pour satisfaire les Kiss Kruisers. Voilà des formations promis à d’heureux lendemain à condition de ne rien lâcher..

    KK VIII - Vintage Trouble

    KK VIII - Vintage Trouble Ty Taylor

    Et Kiss dans tout cela ? Le quatuor a livré deux shows de bonne qualité dans le Stardust. On déplorera toutefois le manque de  surprises au niveau de la setlist. Mais même en jouant la carte du sobre, la bande à Gene Simmons parvient encore à emballer le match de jolie manière. On ne s’en plaindra certainement pas ! Kiss peut maintenant s'embarquer dans une dernière tournée mondiale One Last Kiss: End Of The Road World Tour, qui fera escale plus près de chez nous, au Graspop Metal Meeting sur la plaine de Dessel le dimanche 23 juin 2019 !

    KK VIII - Kiss live show 2

     KK VIII - Live show 2 (2)

    KK VIII - Live show 2 (3)

    KK VIII - Live show 4

    Photos et texte © Phil de Fer 2018


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  •  NAZARETH

    Nouveau testament 

    Un des meilleurs groupes écossais est de retour, après avoir fait le plein de hargne et de fureur…Il s’agit du grand Nazareth, qui s’apprête à sortir un 24è album studio intitulé Tattoed On My Brain qui coïncide avec le 50è anniversaire de la formation. Un chiffre symbolique, à l’aube d’une nouvelle époque. [Entretien avec Carl Sentance (chant) par Philippe Saintes – photo : Frontiers Records]

    Nazareth1

    Carl, en 1968, se réunissait une bande de potes originaire de Dunfermline poussée par l’envie de faire du rock. A l’époque tu n’avais que six ans.

    Oui, c’est fabuleux de faire partie de cette aventure depuis 3 ans maintenant. Nous respectons beaucoup les anciens morceaux mais le liveshow est différent aujourd’hui.

    Du combo d’origine, il ne reste plus que le bassiste Pete Agnew. On peut franchement parler d’une nouvelle ère pour Nazareth…

    Effectivement. Le line-up actuel est fantastique et je crois que l’on peut revenir à la grande époque de Hair Of The Dog (1975). Le niveau musical est élevé et cela va en surprendre beaucoup. Nazareth reste un vrai  groupe composé de membres qui ont chacun des personnalités distinctes. Jimmy (Murrison, guitare), Pete et Lee (Agnew, batterie) sont des rockers de la vieille école. En tournée, le dressing room ressemble à un ring de boxe, chacun reste dans son coin mais lorsque nous montons sur scène, nous ne faisons plus qu’un. Il y a énormément d’énergie sur scène. 

    Comment les nouvelles compositions s’annoncent-elles ?

    C’est un album de rock moderne avec des titres nerveux. C’est sans doute l’album le plus lourd du catalogue de Nazareth. Il va faire tourner les têtes (il rit). J’ai composé les textes et la musique de cinq morceaux dont « Never Dance With The Devil » et « Silent Symphony », Pete et Jimmy ont chacun signé trois chansons et Lee est crédité sur deux titres. 

    Quels sont les titres de Tattooed On My Brain qui ont le potentiel pour se retrouver sur la setlist ?

    C’est difficile pour tous les groupes de faire un choix car le public est souvent tenté de comparer. En fait, on pourrait inclure la plupart des titres du nouvel album mais tu dois te demander comment ils vont ressortir dans le contexte d’un live. C’est une vraie réflexion avec une volonté de structure cohérente derrière. Le set que nous allons jouer cet automne sera différent de la tournée donnée pendant l’été. Rien n’est fixé mais je suis persuadé que nous allons interpréter « Tattooed On My Brain » car il a le potentiel pour plaire aux fans. Pete a composé ce morceau avec une guitare acoustique. J’ai tout de suite compris que l’on tenait là une chanson d’anthologie. C’est un rock avec des accents pop, funk et soul assez inattendus. Nous allons  réaliser un clip vidéo dans les prochains jours. Une de mes compos, « State Of Emergency » me semble aussi taillée pour la scène.

    « En tournée, le dressing room ressemble à un ring de boxe, chacun reste dans son coin mais lorsque nous montons sur scène, nous ne faisons plus qu’un. » 

     

    Nazareth2

    Mis à part la tournée programmée en novembre sur le continent, avez-vous d'autres projets en vue ?

    J’ai écrit quinze à vingt morceaux pour l’album et le groupe en a choisi cinq. Je garde les autres pour plus tard. On devrait en effet retourner en studio l’année prochaine.  

    En tant que nouveau membre, quelle est ta chanson préférée de Nazareth ? 

    J’aime chanter les titres les plus heavy du band comme « Beggars Day » et « Expect No Mercy » mais si je dois en choisir un seul, alors c’est certainement « Hair Of The Dog » qui est un classique.

    Tu as aussi travaillé avec Don Airey (Deep Purple) sur son album One Of A Kind, sorti au printemps. On y trouve une superbe ballade « Everytime I See Your Face ». Ta performance vocale y est remarquable.

    Oh, merci ! C’est un titre que Don et moi avons composé naturellement au piano. Don était très inquiet. Il se demandait si la musique n’était pas un peu hors contexte pour un groupe de rock. Il est parti nous acheter des sandwiches pendant que j’enregistrais le chant.  Quand il est revenu, j’avais terminé ! En une ou deux prises, tout était fini. J’ai aussi apporté le titre « One Of A Kind » qui a donné son nom à l’album.

     Nazareth-cover

     

    NAZARETH

    Tattooed On My Brain 

    Frontiers Records

    Ce groupe britannique a la couleur et la saveur d’une légende. A l’origine plutôt folk électrique, il est le précurseur de la ballade hard avec une superbe reprise de « Love Hurts » des Everly Brothers. Heureusement, la carrière de Nazareth ne se limite pas à ce seul tube. Toutes leurs productions des années ’70 se révèlent dignes d’éloges. Pourtant ce quatuor a été préservé du succès et l’histoire gardera d’eux qu’ils méritaient mieux. Sans doute peut-on invoquer l’envergure des Led Zeppelin, Deep Purple ou Black Sabbath, qui ont considérablement obscurci le parcours de Nazareth en Angleterre. La nouvelle formation nous revient avec un album de metal racé qui s’écoute avec plaisir. Il se révèle plus palpitant que ces prédécesseurs sortis dans l’indifférence entre 2008 et 2014. Il n’y a pas de mélancolie de la part des musiciens qui savent se montrer inspirés. Ils n’imitent pas, ne copient pas. Les compos de factures heavy-rock 70s tiennent bien la route grâce à une production impeccable et moderne signée Yann Roullier.  Le torride Never « Dance With The Devil » et l’éponyme « Tattooed On My Brain » sont les titres phares tandis qu’un blues chanté par Pete Agnew (« You Call Me ») termine subtilement ce disque assez éclectique. [Ph. Saintes]


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    OCTOBRE 2018
    Hors-série spécial ACE FREHLEY

     Metal Obs' consacre un hors-série 
     du guitariste mythique de Kiss : ACE FREHLEY !


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  •  LEE AARON

    Inoxydable 

    Elle a tout vu, tout vécu. Lee Aaron n’a pas seulement traversé les âges, elle n’a cessé de se réinventer. Reine autoproclamée du metal, elle fut bien plus qu’une copie de Pat Benatar ainsi que l’attestent des albums comme Call Of The Wild ou Bodyrock. La jolie canadienne a régné sur les années ’80 avant que la vague grunge n’emporte tout sur son passage.  Après un break nécessaire pour élever ses enfants et une parenthèse jazz, elle est redevenue aujourd’hui une chanteuse de rock à part entière comme en témoigne sa récente prestation au festival de Wacken. [Entretien avec Lee Aaron (chant) par Philippe Saintes – photos : DR]

    Lee Aaron - promo 2018

    L’album Diamond Baby Blues sorti au printemps 2018 présente un répertoire plus roots et moins rentre-dedans que le précédent. Quelle est ta nouvelle approche musicale ?

    Je ne voulais pas faire un deuxième Fire and Gazoline qui était un retour à un style plus hard et aussi percutant qu’à mes débuts avec Metal Queen et Bodyrock. Cette fois le but était de créer un disque old school mais dans un esprit résolument moderne. On retrouve la richesse du son et les harmonies vocales du blues rock des années ’70. Des chanteurs comme Paul Rogers ou Janis Joplin, des groupes comme Led Zeppelin, Deep Purple, Fleetwood Mac. J'ai adoré jouer ces titres et également de cette patine Soul de ma voix  sur ce disque. Je suis folle de cette musique !

    La complicité en matière de composition avec le nouveau guitariste, Sean Kelly (Nelly Furtado, Helix), rappelle ta collaboration avec Steve Albany au tout début de ta carrière.

    Elle est assez similaire, c’est vrai ! La différence est que je n’étais que simple co-auteur à l’époque.  Sur ce disque, j’ai aussi co-signé plusieurs titres avec Sean ou mon bassiste Dave Reimer mais si tu regardes attentivement les crédits tu peux voir que j’ai composé seule « Mercy ». C’est une question d’expérience et de confiance en soi. Aujourd’hui, je suis bien plus téméraire pour écrire les textes et la musique. Les retours positifs de Sean m’ont beaucoup aidé aussi. J’adore ça ! Le compositeur est un architecte du son, et en bien des points, l'écriture d'une chanson peut s'apparenter à la construction d'une maison. Mes chansons ont un côté social. « American High » est une référence à l’America First de Donald Trump. « Best Thing »  parle d’une fille qui est devenue plus forte sur le plan mental et plus mature après une rupture. C’est un titre autobiographique en quelque sorte. Je m’inspire d’expériences personnelles, de sentiments connus. « The Bedroom » évoque les stéréotypes « homme-femme ». C’est parti d’une plaisanterie de mon mari qui dit souvent que je porte la culotte (rires). J’aime l’esprit d’entreprise au féminin. De nos jours, une femme doit souvent assumer plusieurs rôles à la fois.

    Que penses-tu de l’affaire Harvey Wenstein qui ébranle pas mal de monde ? 

    Je suis heureuse que les femmes s’élèvent pour dire « non, ça suffit ! » Cette affaire a levé le voile sur l’épidémie d’abus et de harcèlement qui sévit dans nos sociétés. J’ai aussi connu cela durant ma carrière. Mon premier manager qui avait droit de regard sur tout ce que je faisais me répétait sans cesse que j’étais stupide si je ne posais pas nue pour un magazine national américain. J’avais 19 ans, j’étais jeune et influençable. Le harcèlement, les jeux de pouvoir où un contact intime est exigé par des hommes pour une quelconque raison, et bien sûr, toutes formes d’agression sont des outrages qui ne devraient jamais se produire. Je suis en revanche exaspérée par le caractère unilatéral des messages publiés sur les réseaux sociaux. Un grand nombre de personnes préfèrent fustiger des individus pour avoir voulu se défendre juridiquement contre des accusations fausses et extrêmement dommageables pour leur carrière.  Il faut laisser la justice faire son travail. Elle condamnera les coupables et ceux-ci affronteront les conséquences.

    Avant le premier album, Lee Aaron Project (1982), tu as longtemps hanté le circuit des clubs canadiens en faisant des imitations de Janis Joplin. 

    J’ai interprété des reprises des Who, de Led Zeppelin, Deep Purple,…au début de ma carrière, à l’âge de 19 ans mais c’est Janis qui m’a influencée. Sa capacité vocale me fascinait. Elle a touché mon âme au plus profond. Elle n’interprétait jamais deux fois de la même manière ses chansons. Elle vivait les sentiments et les émotions différemment chaque soir. C’est la plus belle chose qu’une artiste m’ait transmise. Chez Janis Joplin tout venait du coeur. Elle avait une approche similaire à celles des artistes de jazz en live. Ses morceaux n’étaient pas identiques à ceux des albums.  

    Tu reprends un titre d’une autre grande dame sur Diamond Baby Blues : « I’m A Woman » de Koko Taylor. 

    On a ajouté ce morceau à la setlist. C’est toujours un challenge de jouer devant le public un titre qu’il ne connaît pas ou qu’il n’a pas l’habitude d’entendre mais j’adore ça. Je suis curieuse de voir la réaction des fans pendant le show. « I’m A Woman » est un classique du blues. C’est un pastiche du  « I’m A Man » de Muddy Waters. Koko a subtilement transformé le refrain. Sa version est un hymne de l’émancipation avec un texte coup de poing : ‘profite de mon mari si tu veux, mais laisse-le moi pour faire le ménage…’ Lorsque l’on joue ce titre en concert, les gens deviennent hystériques (rires).

    Mon fils qui a 11 ans adore ce morceau…. 

    Génial ! Le mien en a 12. Cette chanson est intemporelle. Nous l’avons réinventé en ajoutant des éléments rock à la Led Zeppelin au milieu du morceau. Il faut parfois dépoussiérer de belles chansons avec audace et je pense effectivement que la jeune génération apprécie notre adaptation.

    Lee Aaron band 2018

    Le groove de « Mercy » est un autre moment fort de l’album…

    Je suis d’accord. L’histoire de cette chanson est amusante. Mon manager à Montréal travaillait avec un jeune prodige de la guitare âgé de 18 ans. Ce dernier a signé un contrat avec une maison de disque ici au Canada. Ce garçon me fait penser à Eddie Van Halen. Le problème est qu’il n’a aucune chanson car il ne sait pas composer. A la demande de mon manager, j’ai écrit « Mercy » pour lui mais il n’a pas aimé. Donc, j’ai décidé de l’utiliser pour mon album en modifiant les paroles. Ma version est nettement plus mature. Je me suis tellement appliquée sur cette chanson. Quant à ce jeune guitariste, il n’a toujours rien sorti jusqu’à présent. Il déteste les chansons des autres (rires). Comment veux-tu qu’il ait une carrière alors qu’il ne sait pas composer et refuse les titres des autres ?

    Comme de nombreux artistes rock des années 80 tu as été rayées du paysage musical durant la mode grunge qui a bouleversé le panorama de la musique. Ce fut une période pénible pour toi. 

    Le grunge a effectivement eu un impact terrible sur la vie de nombreux groupes et chanteurs de glam rock. Peu de gens le savent mais j’ai été déclarée en faillite en 1996. J’ai senti le vent tourner dans l’industrie musicale au début des années ’90 avec la percée du courant « Indie ». Lorsque votre maison de disque investit des millions pour votre carrière elle a automatiquement un droit de regard sur la façon dont vous vous habillez, sur le choix des chansons, du producteur. Cela fait partie du business. Pendant plusieurs années, j’ai été pieds et poings liés avec Attic qui contrôlait tout. J’ai créé mon label dans un esprit d’indépendance, pour avoir un meilleur contrôle sur ma carrière, sur le marketing mais pas plus que les autres, je n’avais anticipé le tsunami grunge. Les années 90 furent un véritable désastre. Du jour au lendemain, je n’étais plus une artiste, j’avais disparu de l’espace médiatique. Plus personne ne voulait m’accorder d’interviews. L’industrie musicale était devenu complètement folle. En conséquence, j’ai arrêté mon label sur les conseils de mon manager et de mon avocat. C’était la seule chose à faire. Ce fut un coup très dur mais je m’en suis bien remise. Je considère cela comme une expérience de la vie ! J’ai pu faire le point sur les aspects négatifs du business et je me suis accordée une pause pour réfléchir de la suite à donner à ma carrière. J’ai changé d’univers en explorant des musiques qui m’ont toujours attirées comme la musique classique et le jazz. J’ai été invitée à jouer dans les principaux festival de jazz au Canada. Finalement, ce fut la plus belle période de ma vie sur le plan musical. Certains fans de hard rock n’ont pas compris, ils ont cru que je les abandonnais pourtant ce ne fut pas une démarche opportuniste de ma part. Le jazz et le blues sont les racines du rock. Ce sont les jazzmen et les bluesmen qui ont « électrifié » la musique. Je suis juste revenue aux sources. Grâce à cela, je suis devenue une meilleure chanteuse et j’ai également pu développer mes talents en tant que productrice.

    « Ce sont les jazzmen et les bluesmen qui ont ‘électrifié’la musique. »

    Pourquoi dès lors être revenue au son des années ’80 sur ton précédent disque ? 

    2004 fut l’année de la naissance de ma fille. Mon fils est arrivé deux ans plus tard. J’ai fait un break d’environ 10 ans pour remplir mon rôle parental. J’ai donné mon temps, mon amour et mon énergie pour qu’ils deviennent de bonnes personnes. C’est important à mes yeux. Mes enfants ont grandi et l’envie de faire des disques est revenue. J’ai commencé par écrire des chansons pour l’album Fire and Gazoline avec Sean Kelly.  Je n’avais pas de but précis sur son orientation, blues ou rock ? Ce sont finalement les titres de rock mélodique qui ont pris le dessus. Sean a trouvé sa place dans le groupe, il a inclus sa vision de la musique. C’est un excellent guitariste et quelqu’un qui a du cœur. Les choses sont allées très vite. Une fois encore ce ne fut pas quelque chose de prémédité. 

    Tu as été l’une des artistes féminines de hard-rock les plus en vue durant les 80s avec la regrettée Wendy O’Williams, le groupe Vixen, Doro Pesch, Lita Ford, Fiona, les sœurs Wilson et Joan Jett. Vous jouissez encore aujourd’hui d’un statut « culte ». Existait-il une sorte de compétition ou d’émulation entre-vous ? 

    Lorsque nous étions jeunes chanteuses, la comparaison était inévitable. On avait toute une image, un look, une attitude. Je dirais un mélange de sensuel et de classe mais les groupes et artistes féminins souhaitaient réussir avec leur musique et pas seulement pour leur impact visuel dans le milieu macho des hard-rockers. Je pense sincèrement que les gens ont commencé à nous prendre au sérieux à la fin des 80s, avant cela on en a bavé. Je nous considère comme des survivantes. C’est intéressant ce que tu me dis là car j’ai joué avec Joan Jett il y a quelques années et j’ai rejoins sur scène le groupe Heart plus récemment. J’ai d’ailleurs reçu à cette occasion un compliment de la part d’An Wilson, une de mes idoles. Elle est venue me voir dans la loge parce que j’étais tellement anxieuse de ne pas pouvoir sortir la bonne note pendant le show mais elle a eu ces mots rassurants : « pas de problème Lee, tu sais tout chanter ! » Ça m’a touché très profondément. En octobre 2017, j’ai également joué avec Lita Ford à Winnipeg. On s’est bien amusée en coulisse et on a interprété en duo « Cherry Bomb » des Ru

    Lee Aaron 2018

    nnaways. Il y a beaucoup de complicité entre-nous. Il y a un respect mutuel. J’admire les filles qui se sont investies dans le rock comme Lita et Doro car elles sont restées honnêtes envers leur art..

    Lee, pour toi la musique est un travail ou un hobby ?  

    Ni l’un, ni l’autre. Je ne vois pas cela comme un job alimentaire mais c’est tout de même plus sérieux qu’un hobby. Ma vie n’est plus consacrée à 200% au rock’n’roll et je ne fais plus de tournée de 300 dates chaque année, néanmoins je monte sur scène 2 à 3 fois tous les mois et je le fais très sérieusement. J’ai décidé de ne plus être tout le temps sur la route. C’est peut-être à cause de l’âge (rires). A présent, je détermine ce que je fais et quand je veux le faire. On vient de terminer deux vidéos clips et d’autres projets sont inscrits sur les tablettes. Après la tournée de l’été, le groupe va s’accorder un peu de repos puis nous allons nous atteler à l’écriture de chansons pour un nouvel album qui devrait être enregistré au printemps prochain.

    Qui sont les jeunes filles qui t’accompagnent dans la vidéo de « Tom Boy » qui a cartonné sur You Tube ? 

    La demoiselle qui tient la guitare est ma fille. Les autres sont ses copines de classe à l’école d’art. « Tom Boy » est une chanson ironique sur les femmes qui s’inquiètent de leur âge et de leur aspect. J’adore l’esprit frivole des jeunes filles de 10-12 ans qui ne se préoccupent pas de leur look ou du jugement que l’on pourrait avoir d’elles. C’est la période de l’insouciance.

    Quel est ton film préféré ? 

    Les nuits de Cabiria de Frederico Fellini 

    Pour conclure, quel serait pour toi le groupe idéal ?

    Oh mon Dieu ! C’est difficile. Je déteste cette question (elle rit).  Il y a tellement de noms qui me viennent à l'esprit. Bon, je me lance, Keith Moon à la batterie, Paul Mc Cartney à la basse et Jimi Hendrix à la guitare !

    Lee Aaron Diamond Baby Blues

     


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  • Richie Faulkner (013 de Tilburg), 6 août 2018

    La machine priestienne s’est emballée lundi à Tilburg lors d’un concert sold-out dans la salle  013. La bande de Rob Halford (qui a encore pu nous faire apprécier l’étendue de sa technique vocale) a offert au public hollandais la plus longue set list de la tournée 2018 (20 titre, c’est mieux qu'au Wacken Open Air) dans laquelle figuraient notamment « Saints In Hell » et « Tyrant ». L’énergie et  l’enthousiasme du virtuose Richie Faulkner n’ont échappé à personne. Le groupe qui a tenu à contenter ses fans les plus fidèles, a aussi présenté en avant première le titre « No Surrender », extrait du dernier album Firepower.

    JUDAS PRIEST (013 de Tilburg), août 2018

    Malgré la maladie de Parkinson, le  guitariste Glenn Tipton  est venu jouer lors du rappel composé de « Metal Gods », « Breaking the Law », « No Surrender », « Victim Of Changes » et « Living After Midnight ». La foule l'a accueilli sous un tonnerre d'applaudissements.

    JUDAS PRIEST (013 de Tilburg), 6 août 2018

    Halford & Tipton (013 de Tilburg), 6 août 2018

    JUDAS PRIEST salute (013 de Tilburg), 6 août 2018

    Photos et texte © Phil de Fer 2018


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  •  AXL RUDI PELL

    Le teuton errant

    17è album studio déjà pour le modeste et sympathique virtuose allemand. Alors que sort Knights Call, nous n’allons pas nous battre pour tenter de vous persuader que ce travailleur acharné est un génie. On se contentera de lui laisser la parole. Comme on vous laisse juges de poser une oreille ou non sur son œuvre. C’est désormais une affaire entre lui et vous. [Entretien avec Axl Rudi Pell (guitare) par Philippe Saintes – photos : SPV]

      Axel Rudi Pell Band

    Axl, comment s’est passée la composition de l’album ? 

    J’écris les textes et la musique seul. Je m’installe avec ma guitare, en compagnie d’un ordinateur et je laisse l’inspiration venir. Ensuite, Bobby (Rondinelli, batterie) m’accompagne ; c’est donc avec lui que j’enregistre les maquettes. Après, je réenregistre les guitares rythmiques et je viens greffer les claviers et la basse avec les logiciels. Une fois les structures des morceaux terminées, Johnny Gioeli (chant) vient apposer  sa voix. Je finis toujours le boulot avec les parties lead. Je suis un artiste fondamentalement indépendant dans l’âme et, à ce titre, j’ai besoin d’avoir un maximum de contrôle sur ce que je crée. Et puis, je n’avais pas le budget pour réunir tous les musiciens dans un studio. Le climat économique actuel est ce qu’il est. 

    A l’écoute de Knights Call on ressent plusieurs gammes d’émotions.

    Le feeling est différent, en effet. Cet album est plus varié, plus étendu. Chaque morceau est différent et a sa propre couleur. Knights Call couvre un spectre plus large de genres tout en restant cohérent puisque l’aspect mélodique d’ « ARP » est toujours présent.

    Le morceau « Long Live Rock » est-il un clin d’œil à Dio ?

    (Il rit). C’est vrai J’ai écrit ce morceau qui a une orientation musicale proche de Dio. Je voulais un titre fort pour la scène. Sans Dio, « A.R.P. » n’existerait sans doute pas. 

    L’instrumental « Truth And Lies » met en relief tous les musiciens d’A.R.P. 

    Chacun a effectivement son moment de gloire. Pour l’anecdote, je tiens la basse sur ce titre. Certains fans m’ont déjà dit que ça ressemblait à du Uriah Heep. Pour d’autres, il sonne plutôt comme du Deep Purple. Pour d’autres encore, le son est proche du répertoire de Michael Schenker. Je ne peux pas leur donner tort, c’est un mélange d’influences.  C’est là que sont mes racines.

    En parlant des influences, on trouve un morceau arabisant sur le disque, l’excellent « Tower Of Babylon ».  

    Merci. En fait, il s’agit d’un hommage à Rainbow, période « Stargazer », avec une influence zeppelinienne. J’adore ces deux groupes. C’est également mon titre préféré de l’album ! Il devrait figurer dans la setlist de la tournée avec quatre autres morceaux de Knights Call.  

    Axl Rudi Pell 2018

    « Slaves On The Run » évoque de son côté la « zombification » de la société moderne.

    Effectivement, je suis très touché par la destruction du lien sociale. Internet a vraiment modifié les comportements. Aujourd’hui les gens sont accrocs à leur portable. J’ai un smartphone mais je ne l’utilise pas 60 fois sur une journée. Ce n’est pas utile. Malheureusement, on n'a plus la possibilité de se retirer de ce monde numérique.  Bon, je ne vais pas monter sur scène et me plaindre du monde dans lequel nous vivons.

    Quels sentiments aimes-tu suggérer à ton public ?

    Lorsque je compose mes textes, j’aime qu’ils laissent l’auditeur assez libre de les interpréter à sa guise. Je n’écris guère sur des sujets trop personnels, à l’exception d’un titre adressé à mon épouse sur le précédent opus. Mais à mon avis, la musique c’est avant tout l’évasion.

    Tu as collaboré avec de nombreux chanteurs Bob Rock, Jeff Scott Soto et aujourd’hui Johnny Geoli. N’as-tu jamais souhaité chanter tes propres compositions ?

    Oh, mon Dieu non ! J’ai mis ma voix une seule fois, ça devait  être en 1999 sur « Hey Joe », la reprise du classique de Jimi Hendrix, titre bonus figurant sur l’album Ballads II. Les gens ont détesté, c’était une calamité. (il rit). Johnny fait ça beaucoup mieux que moi. On travaille ensemble depuis exactement 20 ans. C’est quelqu’un de très charismatique et sans discussion l’un des meilleurs chanteurs de heavy metal mélodique. 

    Into The Storm (2014) et Game Of Sins (2016)  ont connu le succès dans les charts dans plusieurs pays européens.  Est-ce que tu regardes les chiffres de ventes de tes albums?

    Je ne vais pas te mentir, bien sûr mais je regarde surtout les commentaires des fans lorsqu’un nouvel album sort. Les deux précédents disques studios se sont bien vendus. Cool ! Knights Call est  meilleur et plus fort du début à la fin, dès lors je m’attends à un bon accueil du public même tu ne sais jamais comment cela va se passer. Laissons donc le temps au temps…

    Axl Rudi Pell : Knights Call cover

    Tu rends souvent hommage à l’ère médiévale dans tes albums. Comment expliques-tu le succès de cette période auprès des groupes de heavy metal ?

    Je ne sais pas l’expliquer. Je pense qu’il y a une similitude entre le poing levé des kids en l'honneur du rock'n'roll lors de chaque concert et celui des guerriers sur le champ de bataille. Le geste est nettement plus populaire et amusant aujourd’hui, heureusement d’ailleurs (il rit).

    Uli Jon Roth participe la tournée européenne du 3G en compagnie de Joe Satriani et John Petrucci.  A quand un 3G 100% allemand, Uli Jon Roth, Michael Schenker et Axl Rudi Pell ?

    Si un organisateur me le propose, je le fais sans problème. Michael Schenker a bercé ma jeunesse quand il évoluait au sein de UFO dans les années ’70. J’ai également le plus grand respect pour Uli. Ce serait un honneur de jammer sur scène avec de tels musiciens. Qui sait ? 


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  •  GENE SIMMONS BAND (013 de Tilburg), 19 juillet 2018

    Surprenants et plein d'énergie, Gene Simmons et ses musiciens ont proposé jeudi soir un concert effarouché et détonnant, une soirée totalement imprévisible. Le Demon sans fard est devenu une attraction unanimement acclamée. Apostrophant ses fans en néerlandais « Godverdomme !», suant et souriant, le bassiste-chanteur de Kiss s’est sincèrement amusé à Tilburg.

    GENE SIMMONS BAND (013 de Tilburg)3

    L’énergie de Gene, des guitaristes Phil Shouse, Jeremy Asbroke et Ryan Cook et du batteur Brent Fitz (Slash) s’est transmise aux spectateurs de la salle 013 en ébullition. Et ce n’est pas l’exécution des  hits « Deuce », « Dr. Love » et « War Machine » qui allaient tempérer leurs ardeurs. Le Gene Simmons Band a alterné les titres les plus significatifs de Kiss avec des morceaux surprenants (l’inédit « Are You Ready », « I », « Charisma » ou « Radioactive » - interprété à l’occasion des 40 ans du premier album solo du père Gene) en passant par des reprises comme le « Long Tall Sally » de Little Richard !    

    GENE SIMMONS BAND (013 de Tilburg)

    GENE SIMMONS BAND (013 de Tilburg), 19 juillet 2018

    Lorsque la foule lance des titres, Gere les rattrapent ! On a ainsi eu droit aux intros de « Unholy » et de « Domino », le premier couplet de « She’s So European » et de « La Bamba » ainsi qu’une version totalement improvisée de « I Was Made For Lovin’ You » en compagnie de quelques fans invités sur scène. D’autres veinards présélectionnés ont eu l’occasion de chanter avec le groupe « I Love It Loud » et « Rock’n’Roll All Nite » tandis qu’un musicien en herbe a joliment assuré à la six cordes sur la totalité de « Parasite ».  Simmons a  également invité son épouse Sharon et sa fille Sophie, à le rejoindre sur le podium. Une soirée inédite.   

    GENE SIMMONS BAND (013 de Tilburg)2

    Photos et texte © Phil de Fer 2018


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