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Corabi réunit sa dream team au Zik-Zak (19 février 2026)

Trente-cinq ans de carrière, des groupes cultes, des remplacements de luxe et des kilomètres de tournée au compteur : John Corabi n’a jamais quitté la route. Pour ce nouveau chapitre, il embarque une bande de vieux briscards au CV long comme un solo de Les Paul. Résultat : un concert sans poudre aux yeux, mais avec du cœur, du groove et du vrai rock’n’roll. [Texte : Philippe Saintes - Photos : Sante Broccolo].

John Corabi a le carnet d’adresses le plus rock’n’roll de la planète. Cela fait déjà trente-cinq ans que le chanteur trace sa route, depuis ses débuts avec The Scream, et rares sont ceux qui ont croisé autant de groupes, de studios et de scènes que lui. Remplaçant de Vince Neil le temps d’un album culte chez Mötley Crüe, compagnon de route de Bruce Kulick dans Union, membre régulier de The Dead Daisies, invité de luxe chez une ribambelle de figures du hard rock… Corabi n’a jamais cessé d’avancer. Un artisan du rock, un vrai, de ceux qui préfèrent les amplis aux discours.

Pour cette nouvelle aventure, il a réuni quelques “copains”. Mais à ce niveau-là, le mot est presque indécent. Derrière lui, on retrouve Troy Lucketta (Tesla) à la batterie, Paul Taylor (Winger) aux claviers, Michael Devin, ex-Whitesnake, à la basse, sans oublier le producteur-guitariste Marti Frederiksen, artisan du son d'Aerosmith, et Jeremy Asbrock, familier des tournées de Gene Simmons et Ace Frehley. Autrement dit : une escouade de vieux briscards qui sait exactement comment faire rugir une scène.

La soirée démarre en douceur avec « The Great Alone », entre blues rock sombre et vibrations indie 80’s. Le public se chauffe tranquillement, les conversations se mêlent aux premières bières, mais on sent déjà cette électricité particulière qui flotte dans la salle. Celle des soirs où quelque chose peut se passer.

Quand Corabi entre en scène, tout s’éclaire immédiatement. Et surtout, il y a cette voix. Toujours intacte. Grave, chaleureuse, légèrement éraillée, capable de caresser comme de mordre. Dès « New Day », titre d’ouverture du nouvel album, le ton est donné : un rock classique, décontracté, presque sudiste, qui coule tout seul. Pas de démonstration inutile, juste des chansons solides, jouées avec classe.

Le groupe respire la complicité. Les harmonies vocales s’empilent naturellement, les solos s’échangent avec élégance, et l’ensemble dégage ce plaisir simple de musiciens heureux d’être là. Les nouveaux titres dominent la setlist, mais quelques clins d’œil aux fidèles viennent pimenter le tout : « I’m Gonna Ride » file droit, dédié aux bikers tandis que « Do Your Own Thing » groove sans forcer.

Le concert avance comme un road movie, alternant émotion et sueur. La sensibilité de Union sur « Love (I Don’t Need It Anymore) » croise une version musclée de « Hooligans Holiday » qui transforme la salle en chœur géant. « Midnight Moses » ramène le groove, et le récent « When I Was Young » injecte une dose bienvenue de nostalgie dans ce cocktail très rock.

Le point culminant arrive avec « Man In The Moon », le morceau qui a tout déclenché à l’époque de The Scream. D’abord seul à l’acoustique, Corabi installe le silence, puis le groupe déboule et fait exploser le titre en power ballade grand format. Frissons garantis. Plus qu’un rappel, un moment de communion.

Au final, pas d’esbroufe ni d’artifice. Juste des musiciens chevronnés, des chansons bien écrites et une sincérité devenue rare. Une soirée à l’ancienne, généreuse et organique, qui rappelle que le rock, le vrai, tient parfois à peu de choses : une voix, quelques accords, et des musiciens capables de tout embraser.

Et si le nouvel album est à l’image de ce concert, il mérite clairement qu’on y tende l’oreille.

 

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