• Nazareth : l'interview de Carl Sentance

     NAZARETH

    Nouveau testament 

    Un des meilleurs groupes écossais est de retour, après avoir fait le plein de hargne et de fureur…Il s’agit du grand Nazareth, qui s’apprête à sortir un 24è album studio intitulé Tattoed On My Brain qui coïncide avec le 50è anniversaire de la formation. Un chiffre symbolique, à l’aube d’une nouvelle époque. [Entretien avec Carl Sentance (chant) par Philippe Saintes – photo : Frontiers Records]

    Nazareth1

    Carl, en 1968, se réunissait une bande de potes originaire de Dunfermline poussée par l’envie de faire du rock. A l’époque tu n’avais que six ans.

    Oui, c’est fabuleux de faire partie de cette aventure depuis 3 ans maintenant. Nous respectons beaucoup les anciens morceaux mais le liveshow est différent aujourd’hui.

    Du combo d’origine, il ne reste plus que le bassiste Pete Agnew. On peut franchement parler d’une nouvelle ère pour Nazareth…

    Effectivement. Le line-up actuel est fantastique et je crois que l’on peut revenir à la grande époque de Hair Of The Dog (1975). Le niveau musical est élevé et cela va en surprendre beaucoup. Nazareth reste un vrai  groupe composé de membres qui ont chacun des personnalités distinctes. Jimmy (Murrison, guitare), Pete et Lee (Agnew, batterie) sont des rockers de la vieille école. En tournée, le dressing room ressemble à un ring de boxe, chacun reste dans son coin mais lorsque nous montons sur scène, nous ne faisons plus qu’un. Il y a énormément d’énergie sur scène. 

    Comment les nouvelles compositions s’annoncent-elles ?

    C’est un album de rock moderne avec des titres nerveux. C’est sans doute l’album le plus lourd du catalogue de Nazareth. Il va faire tourner les têtes (il rit). J’ai composé les textes et la musique de cinq morceaux dont « Never Dance With The Devil » et « Silent Symphony », Pete et Jimmy ont chacun signé trois chansons et Lee est crédité sur deux titres. 

    Quels sont les titres de Tattooed On My Brain qui ont le potentiel pour se retrouver sur la setlist ?

    C’est difficile pour tous les groupes de faire un choix car le public est souvent tenté de comparer. En fait, on pourrait inclure la plupart des titres du nouvel album mais tu dois te demander comment ils vont ressortir dans le contexte d’un live. C’est une vraie réflexion avec une volonté de structure cohérente derrière. Le set que nous allons jouer cet automne sera différent de la tournée donnée pendant l’été. Rien n’est fixé mais je suis persuadé que nous allons interpréter « Tattooed On My Brain » car il a le potentiel pour plaire aux fans. Pete a composé ce morceau avec une guitare acoustique. J’ai tout de suite compris que l’on tenait là une chanson d’anthologie. C’est un rock avec des accents pop, funk et soul assez inattendus. Nous allons  réaliser un clip vidéo dans les prochains jours. Une de mes compos, « State Of Emergency » me semble aussi taillée pour la scène.

    « En tournée, le dressing room ressemble à un ring de boxe, chacun reste dans son coin mais lorsque nous montons sur scène, nous ne faisons plus qu’un. » 

     

    Nazareth2

    Mis à part la tournée programmée en novembre sur le continent, avez-vous d'autres projets en vue ?

    J’ai écrit quinze à vingt morceaux pour l’album et le groupe en a choisi cinq. Je garde les autres pour plus tard. On devrait en effet retourner en studio l’année prochaine.  

    En tant que nouveau membre, quelle est ta chanson préférée de Nazareth ? 

    J’aime chanter les titres les plus heavy du band comme « Beggars Day » et « Expect No Mercy » mais si je dois en choisir un seul, alors c’est certainement « Hair Of The Dog » qui est un classique.

    Tu as aussi travaillé avec Don Airey (Deep Purple) sur son album One Of A Kind, sorti au printemps. On y trouve une superbe ballade « Everytime I See Your Face ». Ta performance vocale y est remarquable.

    Oh, merci ! C’est un titre que Don et moi avons composé naturellement au piano. Don était très inquiet. Il se demandait si la musique n’était pas un peu hors contexte pour un groupe de rock. Il est parti nous acheter des sandwiches pendant que j’enregistrais le chant.  Quand il est revenu, j’avais terminé ! En une ou deux prises, tout était fini. J’ai aussi apporté le titre « One Of A Kind » qui a donné son nom à l’album.

     Nazareth-cover

     

    NAZARETH

    Tattooed On My Brain 

    Frontiers Records

    Ce groupe britannique a la couleur et la saveur d’une légende. A l’origine plutôt folk électrique, il est le précurseur de la ballade hard avec une superbe reprise de « Love Hurts » des Everly Brothers. Heureusement, la carrière de Nazareth ne se limite pas à ce seul tube. Toutes leurs productions des années ’70 se révèlent dignes d’éloges. Pourtant ce quatuor a été préservé du succès et l’histoire gardera d’eux qu’ils méritaient mieux. Sans doute peut-on invoquer l’envergure des Led Zeppelin, Deep Purple ou Black Sabbath, qui ont considérablement obscurci le parcours de Nazareth en Angleterre. La nouvelle formation nous revient avec un album de metal racé qui s’écoute avec plaisir. Il se révèle plus palpitant que ces prédécesseurs sortis dans l’indifférence entre 2008 et 2014. Il n’y a pas de mélancolie de la part des musiciens qui savent se montrer inspirés. Ils n’imitent pas, ne copient pas. Les compos de factures heavy-rock 70s tiennent bien la route grâce à une production impeccable et moderne signée Yann Roullier.  Le torride Never « Dance With The Devil » et l’éponyme « Tattooed On My Brain » sont les titres phares tandis qu’un blues chanté par Pete Agnew (« You Call Me ») termine subtilement ce disque assez éclectique. [Ph. Saintes]


    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :