• MICHAEL SWEET : One Sided War, l'interview

      MICHAEL SWEET

    Le Missionnaire


    Tandis que Stryper s’apprête à fêter le 30ème anniversaire de l’album To Hell With The Devil, son chef de file sort un septième effort solo où il fait ressurgir des tréfonds de son âme généreuse le flot de ses influences et les a laissé déteindre. One Sided War est chargé de paroles à propos de Jésus et la foi en Dieu, mais également des défaillances de la société moderne. [Entretien avec Michael Sweet  (guitare-chant) par Philippe Saintes ]

    MICHAEL SWEET:


    Michael, quel est le message derrière le titre « One Sided War » ?

     

    Le message est simple et direct : aimons-nous les uns les autres et arrêtons de nous battre pour des futilités. Tu as pu le constater, les réseaux dits sociaux sont inondés de messages haineux. Beaucoup de gens ont déjà été victimes d’une agression ou d’une méchanceté en ligne. Facebook, Twitter et les autres sont si puissants que leur utilisation est parfois dangereuse. Ils sont un moyen très facile pour harceler, anonymement ou pas, sans ressentir d’empathie puisque l’impact direct sur la personne visée n’est pas visible derrière un écran. C’est une guerre unilatérale (One Sided War).

    A une époque où les discours de haine ont tendance à fleurir, je m’efforce de faire passer un message positif. L'amour c'est comme Dieu, il suffit d'y croire pour qu'il existe! 


    Est-ce toi qui incarne le Christ sur la pochette de l’album ?

     

    Beaucoup le pense en effet mais ce n’est pas moi. Je n’ai pas la prétention de représenter Jésus, jamais !


    Quelles sont les guitares que tu as utilisées pour cet album ?


    Une PRS Custom 24 et une Washburn ainsi que d'autres guitares que les gens ne sont pas habitués à m'entendre jouer : Fender et Gibson. J'ai effectué quelques solos et toutes les parties rythmiques.

     

    Tu as un don pour découvrir de jeunes artistes qui ont un réel talent. Il y a eu Gabbie Rae, Electra Mustaine et maintenant Moriah Formica (16 ans). Comment s’est passée cette dernière rencontre ?

    Moriah est incroyable. Elle a assuré la première partie de l’un de mes concerts et j’ai été bluffé  par sa performance vocale. Cette collaboration est en fait une idée de mon épouse, Lisa. Cela coulait de source. Nous avons enregistré ensemble deux titres : « Can't Take This Life » pour One Sided War et « Bring It On » pour son propre album. Cette fille chante du Pat Benatar, Heart, Skid Row, Halestorm ou Evanescence avec une facilité déconcertante. Moriah est dotée d’une voix très puissante. De plus, elle écrit ses propres chansons et joue de la guitare solo. C’est une future  star.

     

    Avec au moins deux albums par an, soit en solo, avec Stryper ou d’autres artistes, tu es un accro du travail. T’arrive-t-il de te reposer ?


    En fait, je dors avec les yeux ouverts (rires). Je travaille beaucoup car il viendra un moment où la flamme va se consumer. Je rentre en studio avec Stryper en février pour la réalisation d’un nouvel album qui devrait être terminé au printemps. L’album acoustique est déjà en boîte mais aucune date n’a été fixée concernant sa sortie. Ensuite, je suis censé enregistrer le second album de Sweet-Lynch. Suivront alors plusieurs concerts avec Stryper qui reste ma priorité. Fin 2017 ou début 2018, je m’attaquerai à la réalisation d’un disque en compagnie de mon ami Joel Hoekstra  (Whitenake). Il y aura aussi la réalisation d’un nouvel album solo. Par ailleurs, j’ai pris contact  avec Frank DiMino (Angel) car j’ai la volonté de collaborer avec lui prochainement. Je suis certain que nous pouvons réaliser un disque exceptionnel, sans ego mal placé. Pour être complet, un nouvel album de T&N est en négociation. George (Lynch) et Jeff (Pilson) m’ont demandé d’être le chanteur du groupe  mais tout dépendra surtout de l’agenda de Jeff. Il fait partie de Foreigner, et son programme est très chargé.  Bon, je ne sais pas si tous cela  est réaliste. Je ne veux surtout pas précipiter les choses au détriment de la qualité. Je veux le  meilleur du meilleur pour ces différents projets. Il y a tellement d’idées dans ma tête pour l’instant. Lorsqu’une opportunité se présente, je saute dessus car dans quelques années je ne pourrais plus faire tout cela.

     

    Michael Sweet


    Le dernier album de Stryper, Fallen, contient un morceau d’anthologie, « Yahweh » qui est inspiré de la bible et ouvre désormais chacun de vos concerts. Le groupe excelle dans ce long morceau épique. 


    Nous ne sommes pas un groupe de heavy metal rock progressif, mais nous adorons des groupes comme Iron Maiden, Judas Priest, et c’est notre façon de le montrer et de revenir à nos racines. Pour nos fans la marque de fabrique du son de Stryper, ce sont nos deux premiers albums Yellow Black Attack et Soldiers Under Command  car certaines chansons contenaient  différentes parties avec des éléments techniques, des arrangements variés, une structure complexe, alambiquée. Nous sommes passé à quelque chose de plus radiophonique, de plus direct sur l’album To Hell With The Devil. Avec Fallen, nous sommes revenus à quelque chose de plus sophistiqué. Il n’y a pas véritablement de colonne vertébrale  sur un titre comme « Yahweh ». Il se divise en trois sections musicales distinctes. Trois morceaux en un en quelque sorte. C’est un titre puissant. Clint Lowery, du groupe  Sevendust, m’a proposé un riff de guitare qui était énorme. J’ai adoré et à partir de celui-ci, j’ai composé le morceau « Yahweh ».


    Fallen représente probablement ce que Stryper a sorti de plus abouti jusqu’à présent. Tes textes sont très engagés. « Big Screen Lies » parle d’une relation historiquement « tendue » entre la machine libérale de Hollywood et les Chrétiens.


    C’est vrai. Dans de nombreux films les croyants sont plongés dans des situations ridicules. Ils sont présentés comme odieux, alcooliques, violents, pervers, fanatiques ou meurtriers. C’est une forme de subversion. Peut-on rire de tout ? On a le droit d’avoir des opinions politiquement incorrectes sur tel ou tel sujet. Mais je pense aussi qu’il doit y avoir une limite. Si l’offense ne tue pas, cela ne veut pas dire qu’elle est une vertu et que l’on doive la subir sans rien dire.


    2016 marque le 30èe anniversaire de l’album To Hell With The Devil. Stryper va donner une série de dates aux States avec les costumes Yellow/Black et la scène de l’époque. Comptez-vous aussi tourner en Europe avec ce Show ?


    Ce sera une grande tournée qui débutera à la fin du mois aux Etats-Unis. Nous serons aussi sur scène en Europe l'année prochaine, enfin je l'espère, car avec les organisateurs de concerts chez vous ce n'est pas gagné d'avance.


     

     MICHAEL SWEET : One Sided War

      

    STRYPER 

     

    One Sided War

     

    Rat Pack Records

     

    Le chanteur-guitariste de Stryper, propose un bel engin chromé, énergique et puissant.  Michael Sweet (53 ans) n’a pas oublié que les vitamines étaient indispensables  à la musique et plus particulièrement au hard, fut-il mélodique. Dans la lignée des deux derniers brûlots enregistrés avec Stryper, One Sided War, est convaincant à plus d’un titre : de la production à la composition en passant par quelques prouesses techniques (au niveau guitare s’entend). Cet album renferme une quantité de hits potentiels assez impressionnante. Parmi les musiciens, on note la présence de Joel Hoekstra (Whitesnake, ex-Night Ranger)) qui décoche des solos savoureux sur trois titres et celle d’Ethan Brosh, dont on admire l’excellence technique. La structure musicale puise ses racines chez Maiden (« Golden Age »), Dio (« I Am ») et Van Halen (« Bizarre »). Le single « Radio » se moque des rock stars qui se reconvertissent dans la musique country au gré du vent. On note aussi un morceau envoûtant à deux voix enregistré avec la complicité de la jeune et talentueuse Moriah Formica (« Can’t Take This Life »). Sweet ne passe pas son temps à s’autogratifier, ce qui est tout à son honneur. Il continue, au contraire,  de prêcher la bonne parole sur des morceaux qui s’enchaînent avec une pêche d’enfer, ce qui n’est guère étonnant quand on sait que celui qui tient les baguettes n’est autre que Will Hunt, le batteur d’Evanescence. Les connaisseurs ne se sont pas trompés puisqu’ils ont déjà propulsé One Sided War dans le Top 200 US ! [Ph. Saintes]


     

     

     


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