• Entretien téléphonique avec David Coverdale réalisé à l’occasion de la sortie du « Purple Album » de Whitesnake. Dans cette première partie, DC évoque son arrivée au sein de Deep Purple en 1973 et sa collaboration avec Ritchie Blackmore et le regretté John Lord, ses deux « professeurs ». [Phil]

      


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  •  DEF LEPPARD

    Sept ans de réflexion

    La machine à tubes britannique est de retour avec son 11è disque, tout simplement appelé Def Leppard qui devrait cartonner, au moins auprès des nostalgiques du groupe. Autre bonne nouvelle, l’état de santé du guitariste Vivian Campbell (lymphome) est jugé satisfaisant. [Entretien avec Joe Elliott (chant) par Philippe Saintes  - photos Ross-Halfin]

    Sept ans se sont écoulés entre Songs From the Sparkle Lounge et le nouvel album. Pourquoi êtes-vous resté aussi longtemps éloigné des studios d’enregistrement ?

     Nous avons toujours sorti des disques à intervalles réguliers, tous les 3 ans. Puis il y a effectivement eu cette longue pause. Il ne faut cependant pas oublier les trois titres inédits enregistrés pour la compilation « live » Mirror Ball (2012). La raison est simple, depuis 20 ans nous vivons à l’ère du numérique. Les fuites sur Internet sont devenues de plus en plus courantes et difficiles à contrôler à une époque où la reproduction de fichiers musicaux requiert peu de moyens techniques. Par contre, la fréquentation des salles de concerts n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. Nous avons donné des concerts plus souvent qu'auparavant, partout dans le monde. La scène est devenue notre deuxième maison. Je me suis aussi associé aux Quireboys pour le projet Down’n’Outz (Note : un album hommage à Mott The Hoople). Phil a joué avec Man Raze et vient de sortir un disque de blues avec Delta Deep ainsi qu’une autobiographie (Adrenalized: Life, Def Leppard and Beyond). Quant à Vivian, il retrouve régulièrement les membres originaux de Dio (Note : le groupe Last in Line, sortie d’un album chez Frontiers début 2016). En raison de cet emploi du temps démentiel, nous n’avons pas trouvé le temps d’enregistrer un nouveau disque ou de composer suffisamment de chansons. De toute façon, nous n’étions guère enthousiastes à l’idée de faire un nouvel album de Def Leppard, d’autant que  les revues spécialisées comme Kerrang et Rolling Stones insistaient sur la fin de vie du CD.  Le monde de la musique a fort changé, et il continue de se transformer. Après la tournée 2013, le besoin de nous réunir dans un autre endroit que la scène, d’échapper à une certaine routine, s’est fait sentir, si bien que nous nous sommes retrouvés tous les cinq dans mon studio, à Dublin. Nous avions enregistré quelques idées sur iPhone dans le but de sortir un EP 3 titres, mais on s’est  rapidement retrouvé avec douze morceaux potentiels. Absolument tout le monde avait composé, et je ne parle pas que de la musique mais aussi des textes. L’inspiration était revenue, et plus créative que jamais, voilà tout. Notre réaction a été unanime : « fonçons, faisons un nouvel album et tant pis pour le téléchargement ! » Deux dernières chansons  sont arrivées quelques semaines plus tard. Si la réalisation de ce disque n’a pas excédé neuf semaines, les séances ont été interrompues par les tournées. N’étant pas soutenu par un label, nous n’avions pas de budget et aucune date n’avait été fixe pour la sortie de l’album. Nous étions libres de travailler comme nous l’entendions.  Une fois le mixage finalisé, nous avons contacté plusieurs maisons de disque  pour savoir si elles étaient intéressées par la commercialisation de l’album.

    Joe Elliott

     C’est probablement l’opus le plus varié de votre discographie.

     Oui, absolument ! La raison est simple. Nous n’avions plus composé ensemble depuis longtemps. Def Leppard est un groupe aux personnalités marquées. Nous fonctionnons désormais de manière plus indépendante, chacun contribuant à forger une identité musicale. C'est cette diversité qui me plaît tant dans Def Leppard. Sav est arrivé avec « Let’s Go » et « Last Dance ». Rick a amené « Invincible ». J’ai écrit au moins quatre morceaux avec Phil (« Dangerous », « Man Enough », « Forever Young » et « Broke’N’Brokenhearted »). J’ai également écrit « We Belong » et « All Time High ». Le groupe au complet est crédité sur « Blind Faith » et « Wings Of An Angel ». Enfin, Phil a composé « Sea Of Love » et « Energized ». Toutes ces chansons  sont absolument superbes. II y a beaucoup de feeling, d'espace sur cet album. Ce n'est pas du cent mille à l'heure façon AC/DC ou Airbourne. Je n’ai rien contre ces groupes, mais tu n’aimerais pas entendre une ballade acoustique ou l’utilisation de piano sur un disque d’AC/DC. Notre univers est plus proche d’un groupe comme Queen qui était capable de créer des titres de hard-rock pur jus comme « Tie Your Mother Down » ou « Now I’m Here » et  en même adopter le style opéra sur « Bohemian Rhapsody » ou « Love Of My Life ». Musicalement, je dirais que Def Leppard est un mix entre le côté sophistiqué de Queen et la puissance d’AC/DC. Nous restons des rockeurs, après tout !

     Il y a également un très beau duo avec Debbie Blackwell-Cook sur le morceau « Sea Of Love ».

     Pour cette chanson, on a intégré des éléments issus du gospel des années 70, comme Mott The Hopple l’a fait sur « The Golden Age of Rock’n’Roll » ou sur « The Ballad of Mott ». Tu peux entendre au milieu de la chanson un break de guitare à la manière de Jimi Hendrix. C’est pour moi un titre plus proche de Lenny Kravitz que du heavy metal. Le groupe a souhaité aller plus loin dans la direction artistique, sortir des sentiers battus. Il y a un vrai feeling rock-soul. Debbie qui est la chanteuse de Delta Deep,  a enregistré sa partie dans le studio de Phil, en Californie et le mixage a été réalisé à Dublin. Nos deux voix réunies donnent plus d’ampleur, le son est énorme ! 

     Sur Pyromania et Hysteria, on pouvait difficilement cerner vos influences. En revanche sur Def Leppard vous avez clairement cherché l’inspiration dans le rock ‘old school’.

     Il y a sur cet album des échos de David Bowie, des Faces période Ooh La La, de Queen ou encore de Led Zeppelin. Nous avons senti qu’il nous fallait utiliser ce  qui nous venait naturellement. Nous avons emprunté le style de Kiss sur le morceau  « All Time High » et « Blind Faith » comporte des similitudes avec le titre « Rain » des Beatles, du moins dans l’esprit. « Man Enough » a un petit côté « Another One Bites the Dust » de Queen. Nous sommes tous devenus des musiciens parce que nous avons écouté ces groupes. Ceux-ci font partie de notre ADN. Il n’y aurait pas eu de Rory Gallagher sans Jimi Hendrix. Si Phil Collen a pris un jour une guitare et a commencé à jouer c’est parce que Ritchie Blackmore l’a fait avant lui. On est toujours imprégné par ce que l’on écoute.

    Def leppard 2015

     Quel est le secret d’un tube, selon Joe Elliott  ?

     Un tube doit être accessible, irrésistible, addictif. Nous avons grandi en écoutant les charts anglais et la vague Glam des années ’70. Slade, Sweet, T-Rex et Mott The Hoople sont nos mentors. Ils avaient adopté une approche similaire à celle de Ray Davies (Kinks) dans les 60s. Sur « All Day and All Of The Night », « You Really Got Me », « Tired Of Waiting For You » il y a deux accords et beaucoup d’espace pour la mélodie. C’est aussi la marque de fabrique de Billy Idol et de Joan Jett. Dans les tubes de Suzi Quatro ou de Gary Glitter, la batterie et les guitares sont agressives mais la voix soutient toujours le dessus. La plupart des guitaristes de groupes de metal détestent ce genre de chanson parce que ce sont des morceaux de rock simples. Dans notre cas, nous cherchons juste à faire de bonnes chansons. Sav a écrit 90% de « Let’s Go ». J’ai apporté les textes et un couplet. Le riff est le petit frère de « Pour Some Sugar On Me », « Let’s Get Rock » ou « Rock Of Ages ». Ce sont des morceaux courts, efficaces, avec des guitares pour grossir le son et surtout des refrains chantés en chœur. Selon moi, une chanson doit être aussi bonne en album qu’en live.  « Let’s Go » et « Dangerous » ont d’ailleurs été intégrés dans la setlist car c’est le public qui aura toujours le dernier mot.

     Vous avez tourné aux USA avec Kiss en 2014 et cette année encore avec Tesla, Styx, Night Ranger et Foreigner.  Le marché nord-américain est une stratégie délibérée ?

     C’est vrai que nous marchons très fort, là-bas. Je pense qu’il faut tenir compte de l’impact des stations de radio formatées rock aux States et au Canada.  Je ne connais pas les statistiques exactes, mais il doit bien y en avoir  quatre ou cinq dans chaque grande ville. C’est énorme proportionnellement à l’Europe. Nous croulons sous les invitations et le public continue à remplir les salles. Nous avons joué devant 20.000 personnes à Birmingham (Alabama), Salt Lake City, Portland et New York. Nous avons vendu autant de tickets que Paul McCartney ! Le territoire américain étant vaste, c’est logique que nous y passions plus de temps qu’en Europe. 

    Def Leppard 2015(2)

     Qu’en est-il justement de votre popularité sur le Vieux Continent aujourd’hui ?

     Cette année nous nous sommes produits en Allemagne, en Tchéquie, en Pologne, en Lituanie et avons visité tous les pays scandinaves. On a fait chaque fois salle comble ! Le public européen continue à nous soutenir. Les dates programmées en décembre au Royaume-Uni avec Whitesnake et Black Star Riders, affichent presque toutes sold-out.  On jouera notamment à Sheffield, notre ville natale.

     Sur scène, vous revendiquez d’ailleurs votre « patriotisme ». Le design de l’Union Jack apparaît notamment sur la guitare de Phil Collen, la batterie de Rick Allen ou ton foulard.  

     C’était au départ un clin d’œil au Who et à la British Invasion. Le t-shirt Union jack que je portais dans la vidéo de « Photograph » est devenu accidentellement une sorte d’emblème, de logo pour les fans. 

    Tu as aussi rejoint le groupe anglais Vega en studio pour un cover du titre « 10X Bigger Than Love ».

     A l’origine, j’avais composé ce morceau pour l’album X, en 2002, mais il est finalement sorti en face B sur le single « Long Way To Go ». Nick Workman (chant) qui est un ami, m’a appelé pour me demander l’autorisation d’inclure une reprise sur le troisième album de Vega (Stereo Messiah). J’ai répondu : « OK les gars, foncez ! ». J’ai fais moi-même les chœurs. L’an dernier, Vega a ouvert pour Down’n’Outz au Royaume-Uni et en Irlande. Le groupe a joué « 10X Bigger Than Love » en live. Je regardais tous les soirs ces types jouer ma chanson. C’était bizarre et gratifiant à la fois.

     Souffrant d’un lymphome (comme Tony Iommi de Black Sabbath) depuis 2013, Vivian Campbell a déclaré forfait pour les deux premiers concerts de la tournée US. Comment va-t-il aujourd’hui ?

     Vivian va bien. Il a arrêté la chimiothérapie et ne doit plus subir de traitements agressifs par radiation. Son nouveau traitement est l’un des meilleurs contre le cancer du système lymphatique. Il a retrouvé le sourire, joue et chante merveilleusement bien. Je ne sais évidemment pas ce qui se passe dans son corps, mais d’un point de vue extérieur, il semble très heureux. Les cures ont lieu toutes les trois semaines et les effets sont positifs. Déterminé à guérir complètement, Vivian n’a pas voulu que le groupe annule des spectacles. C’est la raison pour laquelle Steve Brown (Trixter) le remplace sur scène quand il est absent.  

      Def Leppard Cover

     DEF LEPPARD

    Def Leppard
    earMUSIC 
     

    Du hard-rock qui se veut dynamique (« All Time High »), des ballades langoureuses (« We Belong, « Last Dance ») et des mid-tempo chatoyants (« Dangerous », « Invincible »), rien n’a été oublié pour titiller les sommets des charts internationaux comme autrefois. Les léopards de Sheffield ont réussi un bon compromis entre le gros rock et la mélodie pour entretenir dignement leur légende. Remarquablement soudé, Joe, Phil, Sav’, Rick et Vivian se sont fait plaisir avec ce disque éponyme qui est peut-être le meilleur effort du groupe depuis Hysteria. Sans jamais rompre avec les passé (« Energized » aurait pu figurer sur Slang tandis que le single « Let’s Go » fonctionne dans le même schéma que « Poor Some Sugar On Me »), cet album est un savant mélange d’influences. Et Def Leppard a très bon goût ! La ligne de basse de « Man Enough » rappelle « Another One Bites The Dust » de Queen. L’ombre de Lenny Kravitz est nette sur « Sea of Love », morceau aux refrains accrocheurs. Si l’acoustique « Battle of My Own » rend hommage au grand Lez Zep, « Broke 'n' Brokenhearted » dégage l’énergie de Mott The Hoople. Un 11è album studio vite fait (un exploit pour Def Leppard) et bien fait, qui se laisse découvrir avec un certain plaisir, voire une certaine nostalgie.  [Ph. Saintes]  


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  •  Def Leppard

     Le Retour

     L’album - L’interview de Joe Elliott



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  • C’est donc le 30 octobre prochain que Def Leppard sortira enfin son 11ème album studio ! Tout simplement intitulé « Def Leppard », ce disque fait suite à « Songs From the Sparkle Lounge » datant de 2008. Après ces 7 longues années d’attente, l’auditeur est immédiatement accroché pars les premières notes du single « Let’s Go » qui ouvre magnifiquement l’album. Le son et le sens de la composition ne laissent planer aucun doute : nous sommes bien en présence du Grand Def Leppard !

     

     

    Les léopards de Sheffield savent de quoi ils parlent lorsqu’il s’agit de composer des tubes. De la basse groovy de « Man Enough », en passant par un hymne tel que « Sea Of Love », le hit en puissance qu’est « Dangerous » ou l’acoustique « Battle Of My Own »,  jusqu’à « Blind Faith, » l’ultime classique qui clôture l’album, les 14 titres de ce nouvel opus vont ravir les fans.


    L’album, enregistré à Dublin, est produit par les musiciens en collaboration avec Ronan McHugh.


    Joe Elliott (chant) nous parle de sa conception :

     


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  • George Lynch traverse apparemment les vicissitudes du temps. L’ancien soliste de Dokken  continue d’enregistrer à une cadence infernale. Il nous parle du dernier Lynch Mob (Rebel) , du double CD Shadow Train, la bande son d'un film documentaire sur les conditions de vie des Amérindiens dans l’Amérique du 21ème siècle, qu’il a lui même réalisé. Le guitariste évoque aussi a possibilité de travailler à nouveau avec Michael Sweet et le groupe KXM ainsi que son nouveau projet - The Infidels, en collaboration avec le chanteur de Fishbone, Angelo Moore !


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  • Dans les années ’70, Kiss était le noir démon et Angel l’archange blanc qui jouait avec la foudre. Frank Dimino, chanteur exceptionnel de ce groupe culte vient de sortir un premier album solo énergique et électrique « Old Habits Die Hard » avec des musiciens fortiches.

     * Oz Fox, Paul Crook, Jeff Labansky, Pat Thrall, Punky Meadows, Jeff Duncan, Eddie Ojeda, Dylan DiMino, Rickey Medlocke: Guitars
    * Justin Avery: Organ, Background Vocals
    * Danny Miranda, Paul Crook: Bass
    * John Miceli: Drums

     Bref, du .44 calibre rock'n'roll !!!! 

     Notre interview :

     

      A lire aussi : http://phil-de-fer.eklablog.com/angel-the-winter-song-a28404164

     

     

    https://www.facebook.com/frank.dimino.3 

    http://www.frontiers.it/

     


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  • WHITESNAKE

    Purple Rain

    La voix au bout du fil est affable et chaleureuse. David Coverdale déroule ses histoires de jeunesses, dévide  ses bobines. Il ne se raconte pas, il décrit ses anciens et nouveaux comparses et évoque la possibilité de retravailler avec Ritchie Blackmore, 40 ans après avoir reçu sa chance au sein de Deep Purple. Pour boucler la boucle ?  Entretien avec David Coverdale (chant) par Philippe Saintes  - Photo Ash Newell]

    Whitesnake 2014

    David, beaucoup d’eau a coulé sous « la fumée » depuis ton aventure au sein de Deep Purple. Pourquoi ce retour dans le passé ?

    J'ai le recul nécessaire pour affirmer que cette période a été la meilleure de toute ma vie! Chanteur inconnu âgé de 21 ans à peine, j’ai eu la chance de rejoindre l’un des groupes les plus populaires d’Angleterre. Je n’avais aucune idée de ce qu’était une carrière professionnelle. dans la musique Jon Lord et Ritchie Blakmore m’ont immédiatement pris sous leur aile. J’ai appris tant de choses, des idées que j’utilise encore aujourd’hui. Jon était une personne très humble avec un sens de l’hospitalité et un génie créatif. Mon idole a toujours été Jimi Hendrix. Lorsque je me suis assis pour la première fois en studio en face d’un autre guitariste qui pouvait jouer comme lui, avec la même facilité, j’ai été complètement soufflé. Ritchie était le « Hendrix blanc ».Je me retrouvais du jour au lendemain, aux côtés de ces monstres de la musique, à me déplacer avec eux dans des voitures de luxe et à répéter au fameux Clearwell Castle. Imaginez le choc ! J’étais très anxieux au moment de débuter l’enregistrement de Burn, à Montreux. Réuni un soir avec Jon, nous avons joué des titres de Ray Charles, du blues, des chansons des Beatles. Il m’a alors avoué qu’il avait connu des périodes où il était incapable d’écrire mais que Ritchie en revanche trouvait des idées originales dès qu’il branchait sa guitare. Nous avons beaucoup ri ce soir-là et le scotch coulait à flots. Je suis sorti du studio définitivement débarrassé de mes complexes. Cette étape franchie, je pouvais laisser libre cour à mon imagination. Dès que je trouvais une progression d’accord, je pense notamment à « Holy Man », je la proposais à Jon et quand j’imaginais un riff, celui de « Mistreated » par exemple, je me tournais automatiquement vers Ritchie. Lorsque Burn est sorti, en 1974, Deep Purple est devenu le plus gros vendeur de disques dans le monde. Nous avions même dépassé les Beatles. Tous les membres et aussi le management ont accueilli cette nouvelle comme un soulagement car malgré les critiques liées au départ de Ian Gillan (chant) et de Rogel Glover (basse), nous étions parvenus à faire mieux encore que le MK II. Nous avons ensuite enchaîné avec une grande tournée mondiale. Les salles affichaient complets. Deux semaines après la tournée, le groupe a repris le chemin des studios pour enregistrer Stormbringer qui a connu le même succès. Ce qui nous a porté pendant ces deux albums, c'est cette complicité extraordinaire. Elle représente l’identité de la 3è formule du groupe.  

    David Coverdale

    Est-ce que l'un des albums enregistrés durant cette période a une signification plus importante pour toi ?

    Je n’ai pas de préférence. Le « Purple Album » est une sélection de chansons que j'ai écrites durant les quatre années passées au sein de Deep Purple. J’aurais aimé ajouter quelques titres supplémentaires de Come And Taste The Band mais quinze morceaux (Note : sur la version Deluxe), c’est déjà beaucoup. Pour moi, c'est un best-of de Deep Purple Mk. III et IV.

    Cet album enregistré au Nevada est plus qu’un simple copier-coller. 

    Certainement. Nous avons abordé le projet avec beaucoup de passion, d’enthousiasme et de respect pour les musiciens qui ont enregistré les titres originaux. Deep Purple c’est un style mélodique, rapide, complexe et virtuose. Quand j’ai formé Whitesnake, je voulais intégrer diverses influences. Le groupe s’est rapidement démarqué par son jeu d’attaque des deux guitares.

    Pour ce disque tu as travaillé avec Joel Hoekstra (ex-Night Ranger) qui remplace officiellement Doug Aldrich au sein de Whitesnake.

    Je n’ai pas dû faire beaucoup de recherche pour trouver un remplaçant à Doug. Joël m’a été présenté par l’animateur radio Eddie Trunk (The Metal Show). J’ai été complètement emballé en découvrant des vidéos sur You Tube. Joël joue principalement sur Les Paul mais il a enregistré plusieurs morceaux de l’album avec une Strat. De nombreux magiciens de la six-cordes se sont proposés spontanément, ce qui est plutôt flatteur, mais il n’y a pas eu d’auditions. Ça fait du bien de tomber sur quelqu’un comme Joël, un fan de rock qui joue simplement pour s’exprimer. Il n’y a pas eu de prise de tête, juste le plaisir de jouer ensemble et s'éclater. Pour moi, les éléments les plus importants restent la confiance, le respect et l’encouragement mutuel. Nous avons également un nouveau claviériste, Michele Luppi (Secret Sphere). Je suis emballé et impatient de partir en tournée avec ce nouveau combo. Pour les concerts au Royaume Uni avec Def Leppard et Black Star Riders, 40.000 tickets ont trouvé acquéreurs en moins de deux jours !

    La réunion de Deep Purple Mk III a avorté en raison du décès de Jon Lord (2012). Il n’y aura pas non plus d’association Blackmore-Coverdale cette année. Qu'est-ce qui cloche?  

    En une courte période mon épouse et moi avons perdu trois êtres chers : son frère, Jon Lord et ma tante Silvia.  Il y avait en quelque sorte un voile noir au-dessus de notre maison. La vie est trop courte et trop précieuse pour n’en conserver que des regrets et des rancunes. J’ai donc décidé d’aller de l’avant et de frapper à la porte des personnes avec lesquels je n’avais plus de contact depuis 30-40 ans, d’anciens amis, des musiciens, dont Ritchie qui  m’a accueilli chaleureusement.  Notre dernière rencontre à l’époque de Deep Purple ne fut pas été très amicale. Il y a eu ensuite la rivalité entre Whitesnake et Rainbow. Nous nous sommes lancés quelques piques par médias interposés. C’est très bien d’avoir pu rétablir le dialogue après toutes ces années. Le décès de Jon a contribué à nous rapprocher. Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique mais Ritchie et moi avons essayé de travailler  ensemble, comme je l’avais fait auparavant avec Jimmy Page. Je trouvais intéressant de réenregistrer des standards de Deep Purple, de Whitesnake et de Rainbow en leur donnant une deuxième jeunesse, un coup de peinture fraîche. Cependant après plusieurs réunions, je me suis rendu compte que nous n’étions pas du tout sur la même longueur d’ondes. J’ai donc quitté poliment la table des négociations. Je respecte les choix de mon ancien partenaire mais j’estime aussi avoir des responsabilités vis-à-vis de Whitesnake. J’espère que nous pourrons bosser à nouveau ensemble. Je sais par l’intermédiaire de son manager, que Ritchie a enregistré des idées de riffs et il souhaite que je termine le travail. Je ne sais pas si ces chansons sortiront un jour sur un album, mais c’est une excellente nouvelle. Si ce dernier décide d’enregistrer une plaque électrique, je serai le premier à m’en réjouir.

    Comment envisages-tu l’avenir ?

    Travailler sur The Purple Album fut très symbolique, la boucle est bouclée en quelque sorte. Je pense qu’il s’agit de mon dernier grand projet. J’ai composé, interprété et porté le drapeau du classic rock, du hard-rock et du blues pendant 40 ans. Mon ego a été bien satisfait. Je n'ai plus rien à me prouver aujourd’hui. Je suis ébahi d’entendre Mick Jagger affirmer à 72 ans qu’il ne pense pas à la retraite (il rit). Je déciderai de poursuivre, ou non, ma carrière après la tournée 2015.  

     Whitesnake  : Purple Album

     

    WHITESNAKE

    The Purple Album
    Frontiers / Harmonia Mundi

    Le fan de Deep Purple MK III et IV ne peut que se réjouir de la sortie de cet album hommage proposé par David Coverdale. Le projet ce collaboration avec Ritchie Blackmore étant vraisemblablement « postposé » en raison des sempiternelles hésitations de l’énigmatique guitariste, le grand David a décidé de réinterpréter avec le Serpent Blanc quinze standards du Pourpre Profond, à l’époque où il en était le chanteur (1973-1976). De l’ouverture « Burn » jusqu’à « Stormbringer », en passant par « Lady Double Dealer », « Soldier Of Fortune » « Mistreated » et « Sail Away », les titres sont dotés d’une énergie nouvelle. Outre la voix de Coverdale, toujours gorgée de feeling, les musiciens s’en donnent à cœur joie. En parfaits professionnels, Reb Beech et Joel Hoekstra  ont réalisé des solos digne de Ritchie Blackmore et Tommy Bolin. Un album remake en forme de coup de maître destiné avant tout à promouvoir une nouvelle tournée, et qui ne connaîtra guère de problèmes pour marcher. En somme, une affaire qui rock’n’roule ! [Ph. Saintes 


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  •   KISS

     Atouts pour plaire !

    N’ayant aucun but, à proprement parler, promotionnel, la nouvelle tournée européenne de KISS s’annonce détendue mais grandiose. En attendant l’apothéose au Zénith, le 16 juin prochain, découvrez ci-après les déclarations du « guitar hero » de la bande. [Entretien avec Tommy Thayer (guitare) par Philipe Saintes - Photos : Brian Lowe et Al Soluri]

     Brian-Lowe-copyright-KISS-Catalog-Ltd-2

     © Brian Lowe

     

    Bonjour Tommy, comment ça va ?

     

    Formidablement bien. J’ai trois interviews programmées ce matin, et trois autres en soirée. Entre ces deux séances, je répète avec le groupe pour la tournée européenne.


    Après un épisode de « What’s New, Scooby-Doo? » en 2003, Kiss apparaît aujourd’hui dans le film « Scooby-Doo and KISS : Rock and Roll Mystery ».  Que retiens-tu de cette expérience ? Peux-tu m’en dire un peu plus sur la chanson inédite composée pour le film ?

     

    Je ne peux pas te révéler le nom de la chanson. On veut que cela reste une surprise. Ce morceau est très atypique pour KISS mais en même temps, il colle parfaitement à l’ambiance du dessin animé. Pour ce film, nous avons prêté nos voix à nos propres personnages. Donner la réplique à la bande de perceurs de mystères, c’est tout simplement génial. Je me retrouve un peu comme un gosse dans un monde imaginaire. Le parcours de KISS est enrichi d'expériences extraordinaires. J’ai énormément de chance de faire partie de ce groupe.

     

    Autre collaboration cette année, un single enregistré avec le groupe groupe féminin de J-pop, Momoiro Clover Z. Résultat, « Samurai Son » est votre plus grand succès dans les « charts » sur l’archipel nippon.

    Oui, c’est incroyable ! Le projet a été « très amusant et intéressant » à réaliser. Le clip vidéo a aussi connu un énorme succès, et pas seulement au Japon.


    Peux-tu prononcer le titre de la version japonaise (Note : Yume No Ukiyo Ni Saitemina) ?

     

    Non. Merci beaucoup ! [Rires]


    Kiss - Paris 2015

     

    La tournée du 40ème anniversaire, passe par Paris, le 16 juin. A quoi doit-on s’attendre ?  

     

     « You Wanted The Best, You Got The Best », la formule est connue. KISS c’est à la fois le feu d’artifice du 4 juillet et le cirque Barnum avec des explosions, du sang, des écrans géants et du délire. Nous avons une scène impressionnante, très high-tech. Paul et Gene ont inventé cela il y a 40 ans. Aujourd’hui de nombreux artistes s’inspirent des spectacles de KISS. Il suffit de regarder le dernier Super Bowl, Katy Perry a traversé le stade dans les airs à la façon de Paul Stanley. C’est très flatteur de voir les stars de la chanson s’inspirer de nos gimmicks. Pour en revenir à la tournée, tous les classiques seront passés en revue dans une tornade sonore déversée par des montagnes d’amplis car la musique n’est pas mise en retrait. Nous restons avant tout un groupe de rock. On se donne toujours à fond sur scène. Nous n’avons jamais abandonné cet esprit de combat. Le décor c’est juste la cerise sur le gâteau.


    Tu penses que c’est la meilleure façon de faire du rock’n’roll aujourd’hui ?

     

    Je ne pense pas qu’il y ait une manière meilleure que les autres…Nous sommes avant tout un groupe d’ « entertainers ». Nous ne faisons  rien d’autres que monter sur scène pour fasciner le public. Même après 40 ans, il se passe toujours quelque chose de magique, de fort pendant les concerts. Encore une fois, c’est ça qui est extraordinaire avec KISS.


    Le public français espère voir au Zénith l'araignée articulée géante qui amène KISS sur scène. Lors du Hellfest en 2013, la « bébête » est restée scotchée au plafond. 

     

    Je n’ai pas cet exemple en tête mais je peux t’assurer que ce n’est pas à cause d’un problème technique. La structure est installée chaque soir mais elle n’est pas en mouvement dans les espaces restreints. Nous sommes surtout confrontés à la hauteur du plafond. Certaines salles ne sont pas adaptées pour ce type de plate-forme.

     


    Gene Simmons affirme avoir composé le nouveau « Rock And Roll All Nite », une chanson intitulée « Your Wish is My Command ».  Travaillez-vous déjà sur le successeur de Monster ?

     

    Je n’ai jamais entendu cette chanson. Gene a probablement écrit quelques titres mais il n’y a rien de concret pour le moment. Au milieu de toutes nos pérégrinations (tournées en Europe et en Australie, KISS Kruise V,…), nous devons trouver le temps de faire un nouvel album. Il va falloir être patient !

     

     © Al Soluri


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  •  SANTA CRUZ

     Quatre garnements dans le vent  

    Venant tout droit de Finlande, Santa Cruz ne faillit pas à la tradition du rock scandinave. Ces amateurs de fiestas et de chasse aux poulettes sont bien décidés à  prendre d’assaut le reste du monde. Leur popularité devrait s’étendre comme un fléau. Metal Obs’ vous présente ces rockeurs d’Helsinki qui, en ont sous le capot. [Entretien avec Joonas « Johnny » Parkkonen (guitare) par Philippe Saintes ]

     

    Santa Cruz


    Pour commencer, peux-tu nous raconter la genèse de Santa Cruz ?

    Je devais être en classe de troisième lorsque j’ai accompagné pour la première fois un groupe, comme…batteur. Middy (basse) a débuté  dans une formation punk baptisée « Fuck The Shit ». Archie (chant, guitare) et Taz (batterie) ont également intégré des groupes locaux en sixième. Après l’école, j’ai commencé à gagner ma vie dans comme barman dans des Clubs célèbres à Helsinki, le Tavastia, le Nosturi ou le Bar Loose. C’était vraiment sympa. On y joue de la musique live tous les soirs.  Archie vendait des vêtements dans un magasin, Taz a travaillé dans une bibliothèque et Muddy a été animateur d’une plaine de jeux. Ce dernier n’est finalement pas trop dépaysé avec nous, en tournée, on se marre comme des gamins !

     

    Quand le groupe a-t-il commencé à prendre forme ?

    En 2007, date de ma première rencontre avec Archie. Nous avons immédiatement réalisé que ça collait entre nous. On avait les mêmes goûts musicaux et on adorait les techniques de guitares. Muddy est arrivé l’année suivante et, il s’est imposé naturellement. Taz nous a rejoint en 2009, lorsque nous avons viré notre troisième batteur. Après la première répétition, on s’est dit : « voilà l’homme de la situation ! ». C’est Archie qui a trouvé le nom du groupe (Santa Cruz, Sainte-Croix). Ça sonne pas mal et puis, c’est un nom facile à retenir.

     

    Quelle est selon toi la principale différence entre cet enregistrement et Screaming For Adrenaline ?

    Les différentes sonorités du groupe ont été améliorées, mais il n’y a pas de perte d’énergie. C’est aussi un album que nous avons réalisé à quatre, sans intervenants. C’est la raison pour laquelle, nous l’avons appelé « Santa Cruz ». J’ai personnellement mixé l’album au iStudio d’Helsinki. La pochette est une photo du mur de notre local de répétition. Nous voulions un album irréprochable. Nous avons peaufiné l’enregistrement au maximum. La musique de Santa Cruz est une virée sauvage à travers la Californie. Mes chansons préférées sont « My remedy », « Bye Bye Babylon » et surtout « Can You Feel The Rain », une ballade très différente du style Bon Jovi.

     

    Quelles guitares avez-vous utilisé en studio ?

    Principalement des Gibson Les Paul, une vieille Stratocaster des années ’80 ainsi que des guitares électro-acoustiques Martin et Taylor. 

     

    Tu n’as jamais rêvé d’être un musicien des 80’s.

    Après avoir lu « The Dirt », la bio de Mötley Crüe, bien sûr que si. Puis, j’ai réalisé qu’à cette époque on ne pouvait pas prendre de selfies (il rit). Plus sérieusement, j’adore 2015. Il est temps d’apporter du sang neuf au rock’n’roll ! 

     

    Cela ne vous agace pas d’être systématiquement comparé à Mötley ou Skid Row ?

    Nous ne sommes pas en compétition avec ces groupes, juste avec nous-mêmes. Même si on devait nous comparer à ces branleurs de One Direction je m'en taperais royalement. Le plus important est de jouer nos chansons en concert pour nos fans.

     

    Santa Cruz Cover


    SANTA CRUZ

    Santa Cruz

    Spinefarm / Caroline

    Sleaze Rock


    Après deux années de travail acharné, Santa Cruz sort un album éponyme qui allie mélodies typiquement scandinaves avec une rythmique assez impériale et un son propre à vous coller au plafond. Résultat : des  ballades imparables (« Can You Feel The Rain », «  We Are The Ones To Fall ») et des chansons qui entrent vite dans les oreilles.  Ce hard-rock est joyeux, fun et bien foutu. Le disque poursuit en fait le travail de Screaming for Adrenaline (2013), en y insufflant un peu plus de profondeur et de subtilité. Le public reprendra bientôt en chœur les « Bonifade Heroes », « 6(66) Feet Under », « Bye Bye Babylon » ou « My Remedy ». On trouve aussi de légers accès de folie sur ce disque (« Velvet Rope », « Let Them Burn » et « Vagabonds - Sing With Me »). Pour ce qui est des influences, Santa Cruz vient de sortir l’album que l’on attend par exemple d’un Skid Row depuis deux  décennies. Archie, Johnny, Middy et Taz sont en tout cas bien partis pour suivre la trace de leurs compatriotes de Lordi et de Reckless Love. Le sens du spectacle et de la fête, on a ça dans le sang en Finlande.  [Ph. Saintes] 

     

     

     


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