• LAST IN LINE

    Récidivistes

    Last In Line est le groupe formé par les premiers musiciens de Dio (période 1982-1986). Si l’ADN de cette formation dirigée par feu Ronnie James Dio est présent sur ce premier album avec un hard rock traditionnel, ses héritiers ont enregistré un opus inspiré et efficace grâce à leur envie et leur alchimie. [Entretien avec Vivian Campbell (guitare) par Philippe Saintes  - photos : Ross-Halfin]

    Last In Line

    Vivian, merci de m’accorder cet entretien alors que tu es en tournée avec Def Leppard au Royaune-Uni. Parlons tout d’abord de la genèse de «  Last In Line », projet qui marque un retour aux sources pour toi ?

    Le groupe existe depuis quatre ans. Après mon aventure au sein de Thin Lizzy en 2011, j’ai pris conscience qu’il me fallait revenir aux racines. J’ai donc appelé Vinny Appice et Jimmy Bain, respectivement batteur et bassiste de la première mouture de Dio. Tout a commencé par une jam session. C’était très excitant ! Nous n’avions plus joué ensemble depuis 26 ans mais l’alchimie était toujours présente. Alors, tous les trois, on s’est dit : « Trouvons un nom et un chanteur ». Le groupe a donné  quelques concerts avec Andrew Freeman (ex-Lynch Mob) dans le sud de la Californie, au Royaume-Uni et au Japon. J’ai réappris à jouer les solos comme sur les  albums Holy Diver, The Last In Line et Sacred Heart . Chez Def Leppard, tout est pensé et mûrement réfléchi, rien n’est laissé au hasard. Avec Last In Line, je reviens à des choses plus spontanées, à ce que je fais de mieux : jouer de la guitare.

    Vinny Appice - Last In Line

    Vinny Appice

    Ce disque est-il une manière pour le groupe d’être jugé sur la musique et pas sur le nom de Dio ?  

    Notre seule motivation est de jouer des titres qui ont fait leur preuve et que les gens attendent. Jimmy, Vinny et moi ressentons les choses de façon naturelle. Le fonctionnement interne est très démocratique. Nous formons une équipe. A trois, nous avons réalisé la trame du nouvel album, ensuite Andrew a apporté la mélodie et les textes. C’est vraiment un type fantastique, en tant que personne et en tant que professionnel. Ce n’est pas un clone de Ronnie James Dio. Soyons francs, j’ai pris grand plaisir à collaborer avec Ronnie mais nos relations n’étaient pas excellentes. Je n’aurais jamais songé à monter ce groupe de son vivant.

    Le sentiment premier qui ressort à l’écoute de Heavy Crown est qu’il sonne comme Holy Diver, dans l’esprit du moins.

    Une fois encore, cela s’est fait naturellement et non pas intentionnellement. C’est selon moi un disque « old-school » avec une approche plus moderne au niveau des riffs.  Nous avons travaillé rapidement et de façon très live avec un minimum d’overdubs. On a juste doublé la guitare rythmique comme pour le premier album de Dio. J’ai aussi sorti de son étui une Les Paul achetée à Belfast quand j’avais 15 ans. Je l’ai utilisée avec mon premier groupe Sweet Savage et elle m’a accompagnée à Los Angeles  pour l’enregistrement de Holy Diver en ‘82. Nous avons d’ailleurs suggéré à la personne chargée du mixage et du mastering, Chris Collier, d’écouter ce disque plusieurs fois et de mixer Heavy Crown avec la même dynamique sonore. 

    Viv Campbell - Last In Line

    Vivian Campbell

    Un mot sur la symbolique de la pochette de l’album ?

    La photo a été prise par Andrew Freeman dans le désert à Las Vegas. C’est en fait son fils que l’on voit sur la pochette. C’est le contraste entre un enfant représentant la jeunesse et le logo du groupe Last In Line qui symbolise le passé. Le groupe s’est formé en 2013, c’est donc une jeune formation avec de vieux types (rires). 

    Si ton état de santé le permet, comptez-vous donner quelques concerts en Europe, et as-tu une idée des nouveaux morceaux que vous allez interpréter ?

    Certainement « Devil In Me » et « Starmaker », deux clips vidéos ont été produits pour ces chansons, et probablement « Martyr » en plus des classiques de Dio. J’adore la scène, tu sais et je souhaite que l’album rencontre du succès mais faute de temps et faute d’argent, nous ne pouvons pas garantir une tournée. Le programme de Def Leppard est chargé entre les shows aux Etats-Unis et l’enregistrement d’un nouvel album. Dès lors, il ne me reste que la période de mars à juin pour promouvoir Heavy Crown. Heureusement, mon combat contre le lymphome (Note : cancer du système immunitaire) ne m’empêche pas d’être créatif et de monter sur scène.

    Tu es devenu très américain avec ta carrière. Te sens-tu cependant toujours proche de tes racines irlandaises ?

    Je ne suis pas un nationaliste mais je respecte profondément mes racines. Mes parents sont tous les deux Irlandais même si  je porte un nom à consonance écossaise. J’ai grandi à Belfast dans les années 70, une période particulièrement trouble en Irlande du Nord. Je reste prudent sur mes opinions car cela reste un sujet sensible. Je ne crois pas que je verrai un jour une Irlande réunifiée et d’ailleurs je ne pense pas que ce soit une solution bénéfique pour les Irlandais, tant sur le plan économique que social.

    Pour conclure, en tant qu’Irlandais et fan de foot, tu as dû apprécier la qualification des « deux » Irlande pour le prochain championnat d’Europe, en France.

    C’est chouette, effectivement bien que le tirage au sort n’ait pas été très favorable à ces deux équipes. L’Irlande du Nord tombe dans le groupe de l’Allemagne, le champion du Monde.

    Et l’Eire devra affronter la Belgique au 1er tour.

    On a très peu de chance de passer. Vous avez une sacrée bonne équipe (rires).

    Jimmy Bain

    Jimmy Bain (RIP)

    Depuis la réalisation de cette interview, nous avons appris la disparition de Jimmy Bain (68 ans) le 28 janvier dernier, pendant la croisière « Hysteria On The High Seas ». Vivian a tenu à rendre un hommage à son ami dans un communiqué :  « C’est avec le coeur lourd que je confirme l’annonce de la disparition de notre cher ami et compagnon de Last In Line, Jimmy Bain. Jimmy est celui qui m’a permis de percer dans l’industrie musicale et je lui serai à jamais redevable de ça. Les combats de Jimmy face à ses démons au fil des ans ont été largement débattu, mais ces derniers 18 mois, il avait finalement gagné cette bataille et était calme, lucide et motivé pour écrire et enregistrer le nouvel album.

    Il laisse derrière lui un riche héritage avec son travail pour Rainbow, Wild Horses, Dio et finalement Last In Line. Jimmy était extrêmement fier de notre nouvel album et sa participation dans ce projet fut énorme. C’était une âme très gentille, douce et généreuse et nos vies se sont particulièrement enrichies de l’avoir connu. Nous continueront à célébrer son existence à travers sa musique. Au nom de Vinny et Andrew, nos pensées et condoléances vont à sa famille, en ces temps difficiles. Repose en paix, cher ami.» 

     

    Last In Line : Heavy Crown

     LAST IN LINE

    Heavy Crown

    Frontiers / Harmonia Mundi

    Last In Line poursuit son émancipation, tant est si bien que l’étiquette de groupe hommage à Dio qu’on lui avait apposé, est désormais obsolète. Le chanteur Andrew Freeman est irréprochable ; la rythmique (J. Bain – V. Appice) reste diablement efficace et Vivian Campbell utilise toujours ses médiators avec aisance et dextérité. Le quatuor démontre aussi un véritable talent de composition. Le riff de la plage d’ouverture, « Devil In Me », est terrassant. « Already Dead » est un véritable coup de flingue, « Blame It On Me » est très lourd, presque sabbathien, « Curse The Day » est sublime, et ainsi de suite, jusqu’au dernier morceau. Il n’y a pas d’esbroufe, juste un groupe efficace qui joue à la perfection et avec une cohésion impressionnante. Tout sent la spontanéité. Laissez-vous tenter par ce Heavy Crown produit par le génial Jeff Pilson (Dokken, Foreigner) qui a correctement cerné les aspirations du groupe. Au milieu des mouvances actuelles, il est bon d’écouter un disque de hard rock au sens propre du terme, celui-ci fait parfaitement l’affaire. [Ph. Saintes]

     


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  • Vivian Campbell nous parle de ses racines irlandaises et de Heavy Crown, le premier album de LAST IN LINE, groupe formé par d'anciens membres de DIO (Campbell, Vinny Appice et Jimmy Bain) ainsi que le chanteur Andrew Freeman. L’album sortira le 19 février dans un contexte particulier puisque le bassiste Jimmy Bain est décédé d'un cancer des poumons, le 24 janvier dernier pendant la croisière ‘Hysteria On The High Seas’, à l’âge de 68 ans. Ce "phoner" a été réalisé avant la disparition de Jimmy (1er à gauche sur la photo).

     Last In Line 2015


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  • Entretien téléphonique avec David Coverdale réalisé à l’occasion de la sortie du « Purple Album » de Whitesnake. Dans cette première partie, DC évoque son arrivée au sein de Deep Purple en 1973 et sa collaboration avec Ritchie Blackmore et le regretté John Lord, ses deux « professeurs ». [Phil]

      


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  •  DEF LEPPARD

    Sept ans de réflexion

    La machine à tubes britannique est de retour avec son 11è disque, tout simplement appelé Def Leppard qui devrait cartonner, au moins auprès des nostalgiques du groupe. Autre bonne nouvelle, l’état de santé du guitariste Vivian Campbell (lymphome) est jugé satisfaisant. [Entretien avec Joe Elliott (chant) par Philippe Saintes  - photos Ross-Halfin]

    Sept ans se sont écoulés entre Songs From the Sparkle Lounge et le nouvel album. Pourquoi êtes-vous resté aussi longtemps éloigné des studios d’enregistrement ?

     Nous avons toujours sorti des disques à intervalles réguliers, tous les 3 ans. Puis il y a effectivement eu cette longue pause. Il ne faut cependant pas oublier les trois titres inédits enregistrés pour la compilation « live » Mirror Ball (2012). La raison est simple, depuis 20 ans nous vivons à l’ère du numérique. Les fuites sur Internet sont devenues de plus en plus courantes et difficiles à contrôler à une époque où la reproduction de fichiers musicaux requiert peu de moyens techniques. Par contre, la fréquentation des salles de concerts n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. Nous avons donné des concerts plus souvent qu'auparavant, partout dans le monde. La scène est devenue notre deuxième maison. Je me suis aussi associé aux Quireboys pour le projet Down’n’Outz (Note : un album hommage à Mott The Hoople). Phil a joué avec Man Raze et vient de sortir un disque de blues avec Delta Deep ainsi qu’une autobiographie (Adrenalized: Life, Def Leppard and Beyond). Quant à Vivian, il retrouve régulièrement les membres originaux de Dio (Note : le groupe Last in Line, sortie d’un album chez Frontiers début 2016). En raison de cet emploi du temps démentiel, nous n’avons pas trouvé le temps d’enregistrer un nouveau disque ou de composer suffisamment de chansons. De toute façon, nous n’étions guère enthousiastes à l’idée de faire un nouvel album de Def Leppard, d’autant que  les revues spécialisées comme Kerrang et Rolling Stones insistaient sur la fin de vie du CD.  Le monde de la musique a fort changé, et il continue de se transformer. Après la tournée 2013, le besoin de nous réunir dans un autre endroit que la scène, d’échapper à une certaine routine, s’est fait sentir, si bien que nous nous sommes retrouvés tous les cinq dans mon studio, à Dublin. Nous avions enregistré quelques idées sur iPhone dans le but de sortir un EP 3 titres, mais on s’est  rapidement retrouvé avec douze morceaux potentiels. Absolument tout le monde avait composé, et je ne parle pas que de la musique mais aussi des textes. L’inspiration était revenue, et plus créative que jamais, voilà tout. Notre réaction a été unanime : « fonçons, faisons un nouvel album et tant pis pour le téléchargement ! » Deux dernières chansons  sont arrivées quelques semaines plus tard. Si la réalisation de ce disque n’a pas excédé neuf semaines, les séances ont été interrompues par les tournées. N’étant pas soutenu par un label, nous n’avions pas de budget et aucune date n’avait été fixe pour la sortie de l’album. Nous étions libres de travailler comme nous l’entendions.  Une fois le mixage finalisé, nous avons contacté plusieurs maisons de disque  pour savoir si elles étaient intéressées par la commercialisation de l’album.

    Joe Elliott

     C’est probablement l’opus le plus varié de votre discographie.

     Oui, absolument ! La raison est simple. Nous n’avions plus composé ensemble depuis longtemps. Def Leppard est un groupe aux personnalités marquées. Nous fonctionnons désormais de manière plus indépendante, chacun contribuant à forger une identité musicale. C'est cette diversité qui me plaît tant dans Def Leppard. Sav est arrivé avec « Let’s Go » et « Last Dance ». Rick a amené « Invincible ». J’ai écrit au moins quatre morceaux avec Phil (« Dangerous », « Man Enough », « Forever Young » et « Broke’N’Brokenhearted »). J’ai également écrit « We Belong » et « All Time High ». Le groupe au complet est crédité sur « Blind Faith » et « Wings Of An Angel ». Enfin, Phil a composé « Sea Of Love » et « Energized ». Toutes ces chansons  sont absolument superbes. II y a beaucoup de feeling, d'espace sur cet album. Ce n'est pas du cent mille à l'heure façon AC/DC ou Airbourne. Je n’ai rien contre ces groupes, mais tu n’aimerais pas entendre une ballade acoustique ou l’utilisation de piano sur un disque d’AC/DC. Notre univers est plus proche d’un groupe comme Queen qui était capable de créer des titres de hard-rock pur jus comme « Tie Your Mother Down » ou « Now I’m Here » et  en même adopter le style opéra sur « Bohemian Rhapsody » ou « Love Of My Life ». Musicalement, je dirais que Def Leppard est un mix entre le côté sophistiqué de Queen et la puissance d’AC/DC. Nous restons des rockeurs, après tout !

     Il y a également un très beau duo avec Debbie Blackwell-Cook sur le morceau « Sea Of Love ».

     Pour cette chanson, on a intégré des éléments issus du gospel des années 70, comme Mott The Hopple l’a fait sur « The Golden Age of Rock’n’Roll » ou sur « The Ballad of Mott ». Tu peux entendre au milieu de la chanson un break de guitare à la manière de Jimi Hendrix. C’est pour moi un titre plus proche de Lenny Kravitz que du heavy metal. Le groupe a souhaité aller plus loin dans la direction artistique, sortir des sentiers battus. Il y a un vrai feeling rock-soul. Debbie qui est la chanteuse de Delta Deep,  a enregistré sa partie dans le studio de Phil, en Californie et le mixage a été réalisé à Dublin. Nos deux voix réunies donnent plus d’ampleur, le son est énorme ! 

     Sur Pyromania et Hysteria, on pouvait difficilement cerner vos influences. En revanche sur Def Leppard vous avez clairement cherché l’inspiration dans le rock ‘old school’.

     Il y a sur cet album des échos de David Bowie, des Faces période Ooh La La, de Queen ou encore de Led Zeppelin. Nous avons senti qu’il nous fallait utiliser ce  qui nous venait naturellement. Nous avons emprunté le style de Kiss sur le morceau  « All Time High » et « Blind Faith » comporte des similitudes avec le titre « Rain » des Beatles, du moins dans l’esprit. « Man Enough » a un petit côté « Another One Bites the Dust » de Queen. Nous sommes tous devenus des musiciens parce que nous avons écouté ces groupes. Ceux-ci font partie de notre ADN. Il n’y aurait pas eu de Rory Gallagher sans Jimi Hendrix. Si Phil Collen a pris un jour une guitare et a commencé à jouer c’est parce que Ritchie Blackmore l’a fait avant lui. On est toujours imprégné par ce que l’on écoute.

    Def leppard 2015

     Quel est le secret d’un tube, selon Joe Elliott  ?

     Un tube doit être accessible, irrésistible, addictif. Nous avons grandi en écoutant les charts anglais et la vague Glam des années ’70. Slade, Sweet, T-Rex et Mott The Hoople sont nos mentors. Ils avaient adopté une approche similaire à celle de Ray Davies (Kinks) dans les 60s. Sur « All Day and All Of The Night », « You Really Got Me », « Tired Of Waiting For You » il y a deux accords et beaucoup d’espace pour la mélodie. C’est aussi la marque de fabrique de Billy Idol et de Joan Jett. Dans les tubes de Suzi Quatro ou de Gary Glitter, la batterie et les guitares sont agressives mais la voix soutient toujours le dessus. La plupart des guitaristes de groupes de metal détestent ce genre de chanson parce que ce sont des morceaux de rock simples. Dans notre cas, nous cherchons juste à faire de bonnes chansons. Sav a écrit 90% de « Let’s Go ». J’ai apporté les textes et un couplet. Le riff est le petit frère de « Pour Some Sugar On Me », « Let’s Get Rock » ou « Rock Of Ages ». Ce sont des morceaux courts, efficaces, avec des guitares pour grossir le son et surtout des refrains chantés en chœur. Selon moi, une chanson doit être aussi bonne en album qu’en live.  « Let’s Go » et « Dangerous » ont d’ailleurs été intégrés dans la setlist car c’est le public qui aura toujours le dernier mot.

     Vous avez tourné aux USA avec Kiss en 2014 et cette année encore avec Tesla, Styx, Night Ranger et Foreigner.  Le marché nord-américain est une stratégie délibérée ?

     C’est vrai que nous marchons très fort, là-bas. Je pense qu’il faut tenir compte de l’impact des stations de radio formatées rock aux States et au Canada.  Je ne connais pas les statistiques exactes, mais il doit bien y en avoir  quatre ou cinq dans chaque grande ville. C’est énorme proportionnellement à l’Europe. Nous croulons sous les invitations et le public continue à remplir les salles. Nous avons joué devant 20.000 personnes à Birmingham (Alabama), Salt Lake City, Portland et New York. Nous avons vendu autant de tickets que Paul McCartney ! Le territoire américain étant vaste, c’est logique que nous y passions plus de temps qu’en Europe. 

    Def Leppard 2015(2)

     Qu’en est-il justement de votre popularité sur le Vieux Continent aujourd’hui ?

     Cette année nous nous sommes produits en Allemagne, en Tchéquie, en Pologne, en Lituanie et avons visité tous les pays scandinaves. On a fait chaque fois salle comble ! Le public européen continue à nous soutenir. Les dates programmées en décembre au Royaume-Uni avec Whitesnake et Black Star Riders, affichent presque toutes sold-out.  On jouera notamment à Sheffield, notre ville natale.

     Sur scène, vous revendiquez d’ailleurs votre « patriotisme ». Le design de l’Union Jack apparaît notamment sur la guitare de Phil Collen, la batterie de Rick Allen ou ton foulard.  

     C’était au départ un clin d’œil au Who et à la British Invasion. Le t-shirt Union jack que je portais dans la vidéo de « Photograph » est devenu accidentellement une sorte d’emblème, de logo pour les fans. 

    Tu as aussi rejoint le groupe anglais Vega en studio pour un cover du titre « 10X Bigger Than Love ».

     A l’origine, j’avais composé ce morceau pour l’album X, en 2002, mais il est finalement sorti en face B sur le single « Long Way To Go ». Nick Workman (chant) qui est un ami, m’a appelé pour me demander l’autorisation d’inclure une reprise sur le troisième album de Vega (Stereo Messiah). J’ai répondu : « OK les gars, foncez ! ». J’ai fais moi-même les chœurs. L’an dernier, Vega a ouvert pour Down’n’Outz au Royaume-Uni et en Irlande. Le groupe a joué « 10X Bigger Than Love » en live. Je regardais tous les soirs ces types jouer ma chanson. C’était bizarre et gratifiant à la fois.

     Souffrant d’un lymphome (comme Tony Iommi de Black Sabbath) depuis 2013, Vivian Campbell a déclaré forfait pour les deux premiers concerts de la tournée US. Comment va-t-il aujourd’hui ?

     Vivian va bien. Il a arrêté la chimiothérapie et ne doit plus subir de traitements agressifs par radiation. Son nouveau traitement est l’un des meilleurs contre le cancer du système lymphatique. Il a retrouvé le sourire, joue et chante merveilleusement bien. Je ne sais évidemment pas ce qui se passe dans son corps, mais d’un point de vue extérieur, il semble très heureux. Les cures ont lieu toutes les trois semaines et les effets sont positifs. Déterminé à guérir complètement, Vivian n’a pas voulu que le groupe annule des spectacles. C’est la raison pour laquelle Steve Brown (Trixter) le remplace sur scène quand il est absent.  

      Def Leppard Cover

     DEF LEPPARD

    Def Leppard
    earMUSIC 
     

    Du hard-rock qui se veut dynamique (« All Time High »), des ballades langoureuses (« We Belong, « Last Dance ») et des mid-tempo chatoyants (« Dangerous », « Invincible »), rien n’a été oublié pour titiller les sommets des charts internationaux comme autrefois. Les léopards de Sheffield ont réussi un bon compromis entre le gros rock et la mélodie pour entretenir dignement leur légende. Remarquablement soudé, Joe, Phil, Sav’, Rick et Vivian se sont fait plaisir avec ce disque éponyme qui est peut-être le meilleur effort du groupe depuis Hysteria. Sans jamais rompre avec les passé (« Energized » aurait pu figurer sur Slang tandis que le single « Let’s Go » fonctionne dans le même schéma que « Poor Some Sugar On Me »), cet album est un savant mélange d’influences. Et Def Leppard a très bon goût ! La ligne de basse de « Man Enough » rappelle « Another One Bites The Dust » de Queen. L’ombre de Lenny Kravitz est nette sur « Sea of Love », morceau aux refrains accrocheurs. Si l’acoustique « Battle of My Own » rend hommage au grand Lez Zep, « Broke 'n' Brokenhearted » dégage l’énergie de Mott The Hoople. Un 11è album studio vite fait (un exploit pour Def Leppard) et bien fait, qui se laisse découvrir avec un certain plaisir, voire une certaine nostalgie.  [Ph. Saintes]  


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  •  Def Leppard

     Le Retour

     L’album - L’interview de Joe Elliott



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  • C’est donc le 30 octobre prochain que Def Leppard sortira enfin son 11ème album studio ! Tout simplement intitulé « Def Leppard », ce disque fait suite à « Songs From the Sparkle Lounge » datant de 2008. Après ces 7 longues années d’attente, l’auditeur est immédiatement accroché pars les premières notes du single « Let’s Go » qui ouvre magnifiquement l’album. Le son et le sens de la composition ne laissent planer aucun doute : nous sommes bien en présence du Grand Def Leppard !

     

     

    Les léopards de Sheffield savent de quoi ils parlent lorsqu’il s’agit de composer des tubes. De la basse groovy de « Man Enough », en passant par un hymne tel que « Sea Of Love », le hit en puissance qu’est « Dangerous » ou l’acoustique « Battle Of My Own »,  jusqu’à « Blind Faith, » l’ultime classique qui clôture l’album, les 14 titres de ce nouvel opus vont ravir les fans.


    L’album, enregistré à Dublin, est produit par les musiciens en collaboration avec Ronan McHugh.


    Joe Elliott (chant) nous parle de sa conception :

     


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  • George Lynch traverse apparemment les vicissitudes du temps. L’ancien soliste de Dokken  continue d’enregistrer à une cadence infernale. Il nous parle du dernier Lynch Mob (Rebel) , du double CD Shadow Train, la bande son d'un film documentaire sur les conditions de vie des Amérindiens dans l’Amérique du 21ème siècle, qu’il a lui même réalisé. Le guitariste évoque aussi a possibilité de travailler à nouveau avec Michael Sweet et le groupe KXM ainsi que son nouveau projet - The Infidels, en collaboration avec le chanteur de Fishbone, Angelo Moore !


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  • Dans les années ’70, Kiss était le noir démon et Angel l’archange blanc qui jouait avec la foudre. Frank Dimino, chanteur exceptionnel de ce groupe culte vient de sortir un premier album solo énergique et électrique « Old Habits Die Hard » avec des musiciens fortiches.

     * Oz Fox, Paul Crook, Jeff Labansky, Pat Thrall, Punky Meadows, Jeff Duncan, Eddie Ojeda, Dylan DiMino, Rickey Medlocke: Guitars
    * Justin Avery: Organ, Background Vocals
    * Danny Miranda, Paul Crook: Bass
    * John Miceli: Drums

     Bref, du .44 calibre rock'n'roll !!!! 

     Notre interview :

     

      A lire aussi : http://phil-de-fer.eklablog.com/angel-the-winter-song-a28404164

     

     

    https://www.facebook.com/frank.dimino.3 

    http://www.frontiers.it/

     


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  • WHITESNAKE

    Purple Rain

    La voix au bout du fil est affable et chaleureuse. David Coverdale déroule ses histoires de jeunesses, dévide  ses bobines. Il ne se raconte pas, il décrit ses anciens et nouveaux comparses et évoque la possibilité de retravailler avec Ritchie Blackmore, 40 ans après avoir reçu sa chance au sein de Deep Purple. Pour boucler la boucle ?  Entretien avec David Coverdale (chant) par Philippe Saintes  - Photo Ash Newell]

    Whitesnake 2014

    David, beaucoup d’eau a coulé sous « la fumée » depuis ton aventure au sein de Deep Purple. Pourquoi ce retour dans le passé ?

    J'ai le recul nécessaire pour affirmer que cette période a été la meilleure de toute ma vie! Chanteur inconnu âgé de 21 ans à peine, j’ai eu la chance de rejoindre l’un des groupes les plus populaires d’Angleterre. Je n’avais aucune idée de ce qu’était une carrière professionnelle. dans la musique Jon Lord et Ritchie Blakmore m’ont immédiatement pris sous leur aile. J’ai appris tant de choses, des idées que j’utilise encore aujourd’hui. Jon était une personne très humble avec un sens de l’hospitalité et un génie créatif. Mon idole a toujours été Jimi Hendrix. Lorsque je me suis assis pour la première fois en studio en face d’un autre guitariste qui pouvait jouer comme lui, avec la même facilité, j’ai été complètement soufflé. Ritchie était le « Hendrix blanc ».Je me retrouvais du jour au lendemain, aux côtés de ces monstres de la musique, à me déplacer avec eux dans des voitures de luxe et à répéter au fameux Clearwell Castle. Imaginez le choc ! J’étais très anxieux au moment de débuter l’enregistrement de Burn, à Montreux. Réuni un soir avec Jon, nous avons joué des titres de Ray Charles, du blues, des chansons des Beatles. Il m’a alors avoué qu’il avait connu des périodes où il était incapable d’écrire mais que Ritchie en revanche trouvait des idées originales dès qu’il branchait sa guitare. Nous avons beaucoup ri ce soir-là et le scotch coulait à flots. Je suis sorti du studio définitivement débarrassé de mes complexes. Cette étape franchie, je pouvais laisser libre cour à mon imagination. Dès que je trouvais une progression d’accord, je pense notamment à « Holy Man », je la proposais à Jon et quand j’imaginais un riff, celui de « Mistreated » par exemple, je me tournais automatiquement vers Ritchie. Lorsque Burn est sorti, en 1974, Deep Purple est devenu le plus gros vendeur de disques dans le monde. Nous avions même dépassé les Beatles. Tous les membres et aussi le management ont accueilli cette nouvelle comme un soulagement car malgré les critiques liées au départ de Ian Gillan (chant) et de Rogel Glover (basse), nous étions parvenus à faire mieux encore que le MK II. Nous avons ensuite enchaîné avec une grande tournée mondiale. Les salles affichaient complets. Deux semaines après la tournée, le groupe a repris le chemin des studios pour enregistrer Stormbringer qui a connu le même succès. Ce qui nous a porté pendant ces deux albums, c'est cette complicité extraordinaire. Elle représente l’identité de la 3è formule du groupe.  

    David Coverdale

    Est-ce que l'un des albums enregistrés durant cette période a une signification plus importante pour toi ?

    Je n’ai pas de préférence. Le « Purple Album » est une sélection de chansons que j'ai écrites durant les quatre années passées au sein de Deep Purple. J’aurais aimé ajouter quelques titres supplémentaires de Come And Taste The Band mais quinze morceaux (Note : sur la version Deluxe), c’est déjà beaucoup. Pour moi, c'est un best-of de Deep Purple Mk. III et IV.

    Cet album enregistré au Nevada est plus qu’un simple copier-coller. 

    Certainement. Nous avons abordé le projet avec beaucoup de passion, d’enthousiasme et de respect pour les musiciens qui ont enregistré les titres originaux. Deep Purple c’est un style mélodique, rapide, complexe et virtuose. Quand j’ai formé Whitesnake, je voulais intégrer diverses influences. Le groupe s’est rapidement démarqué par son jeu d’attaque des deux guitares.

    Pour ce disque tu as travaillé avec Joel Hoekstra (ex-Night Ranger) qui remplace officiellement Doug Aldrich au sein de Whitesnake.

    Je n’ai pas dû faire beaucoup de recherche pour trouver un remplaçant à Doug. Joël m’a été présenté par l’animateur radio Eddie Trunk (The Metal Show). J’ai été complètement emballé en découvrant des vidéos sur You Tube. Joël joue principalement sur Les Paul mais il a enregistré plusieurs morceaux de l’album avec une Strat. De nombreux magiciens de la six-cordes se sont proposés spontanément, ce qui est plutôt flatteur, mais il n’y a pas eu d’auditions. Ça fait du bien de tomber sur quelqu’un comme Joël, un fan de rock qui joue simplement pour s’exprimer. Il n’y a pas eu de prise de tête, juste le plaisir de jouer ensemble et s'éclater. Pour moi, les éléments les plus importants restent la confiance, le respect et l’encouragement mutuel. Nous avons également un nouveau claviériste, Michele Luppi (Secret Sphere). Je suis emballé et impatient de partir en tournée avec ce nouveau combo. Pour les concerts au Royaume Uni avec Def Leppard et Black Star Riders, 40.000 tickets ont trouvé acquéreurs en moins de deux jours !

    La réunion de Deep Purple Mk III a avorté en raison du décès de Jon Lord (2012). Il n’y aura pas non plus d’association Blackmore-Coverdale cette année. Qu'est-ce qui cloche?  

    En une courte période mon épouse et moi avons perdu trois êtres chers : son frère, Jon Lord et ma tante Silvia.  Il y avait en quelque sorte un voile noir au-dessus de notre maison. La vie est trop courte et trop précieuse pour n’en conserver que des regrets et des rancunes. J’ai donc décidé d’aller de l’avant et de frapper à la porte des personnes avec lesquels je n’avais plus de contact depuis 30-40 ans, d’anciens amis, des musiciens, dont Ritchie qui  m’a accueilli chaleureusement.  Notre dernière rencontre à l’époque de Deep Purple ne fut pas été très amicale. Il y a eu ensuite la rivalité entre Whitesnake et Rainbow. Nous nous sommes lancés quelques piques par médias interposés. C’est très bien d’avoir pu rétablir le dialogue après toutes ces années. Le décès de Jon a contribué à nous rapprocher. Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique mais Ritchie et moi avons essayé de travailler  ensemble, comme je l’avais fait auparavant avec Jimmy Page. Je trouvais intéressant de réenregistrer des standards de Deep Purple, de Whitesnake et de Rainbow en leur donnant une deuxième jeunesse, un coup de peinture fraîche. Cependant après plusieurs réunions, je me suis rendu compte que nous n’étions pas du tout sur la même longueur d’ondes. J’ai donc quitté poliment la table des négociations. Je respecte les choix de mon ancien partenaire mais j’estime aussi avoir des responsabilités vis-à-vis de Whitesnake. J’espère que nous pourrons bosser à nouveau ensemble. Je sais par l’intermédiaire de son manager, que Ritchie a enregistré des idées de riffs et il souhaite que je termine le travail. Je ne sais pas si ces chansons sortiront un jour sur un album, mais c’est une excellente nouvelle. Si ce dernier décide d’enregistrer une plaque électrique, je serai le premier à m’en réjouir.

    Comment envisages-tu l’avenir ?

    Travailler sur The Purple Album fut très symbolique, la boucle est bouclée en quelque sorte. Je pense qu’il s’agit de mon dernier grand projet. J’ai composé, interprété et porté le drapeau du classic rock, du hard-rock et du blues pendant 40 ans. Mon ego a été bien satisfait. Je n'ai plus rien à me prouver aujourd’hui. Je suis ébahi d’entendre Mick Jagger affirmer à 72 ans qu’il ne pense pas à la retraite (il rit). Je déciderai de poursuivre, ou non, ma carrière après la tournée 2015.  

     Whitesnake  : Purple Album

     

    WHITESNAKE

    The Purple Album
    Frontiers / Harmonia Mundi

    Le fan de Deep Purple MK III et IV ne peut que se réjouir de la sortie de cet album hommage proposé par David Coverdale. Le projet ce collaboration avec Ritchie Blackmore étant vraisemblablement « postposé » en raison des sempiternelles hésitations de l’énigmatique guitariste, le grand David a décidé de réinterpréter avec le Serpent Blanc quinze standards du Pourpre Profond, à l’époque où il en était le chanteur (1973-1976). De l’ouverture « Burn » jusqu’à « Stormbringer », en passant par « Lady Double Dealer », « Soldier Of Fortune » « Mistreated » et « Sail Away », les titres sont dotés d’une énergie nouvelle. Outre la voix de Coverdale, toujours gorgée de feeling, les musiciens s’en donnent à cœur joie. En parfaits professionnels, Reb Beech et Joel Hoekstra  ont réalisé des solos digne de Ritchie Blackmore et Tommy Bolin. Un album remake en forme de coup de maître destiné avant tout à promouvoir une nouvelle tournée, et qui ne connaîtra guère de problèmes pour marcher. En somme, une affaire qui rock’n’roule ! [Ph. Saintes 


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