• Interview de Jack Blades (Night Ranger)

     NIGHT RANGER

     Les Routes du paradis

    Jack Blades semble avoir le don d’ubiquité et plusieurs cordes à son arc. Il signe coup sur coup l’album le  plus abouti du groupe californien Night Ranger (High Road), une participation à un nouveau projet avec Doug Aldrich et un travail de sape sur le prochain Shaw-Blades qui ne saurait tarder. [Entretien avec Jack Blades (chant, basse) par Philippe Saintes - Photos : Frontiers Records]

    Night Ranger 2014

    Jack, les critiques affirment que High Road est un album plus "heavy" que le précédent, Somewhere In California. 

    Le premier single  « High Road » est déjà un « classique » de Night Ranger, avec « Knock Knock Never Stop » nous avons voulu frapper plus fort. J’adore aussi « Today I Die »  pour son refrain. J’aime les morceaux qui font chanter le public. « X Generation » est un bon morceau de rock et « Only For You Only » est une ballade qui fera plaisir à nos fans les plus fidèles. Il y a certes trois titres qui sonnent vraiment très rock  mais le sang de Night Ranger coule dans chacune des chansons. High Road est à la frontière du heavy. Nous sommes très excités par sa sortie. On retrouve tous les éléments qui ont fait le succès de Night Ranger : des parties à deux guitares, deux  chanteurs, de gros chœurs,… L'esprit, le son et les mélodies, tout y est. Nous sommes totalement satisfaits de cet album, du début à la fin.  

    « I’m Coming Home » est une vraie chanson à texte.  

    « I’m Coming Homme » évoque le changement. Lorsque vous vous levez le matin, vous pouvez être différent de la veille. C’est une nouvelle journée qui débute avec de nouvelles perspectives. C’est très important pour nous de faire passer des messages dans nos chansons. Il est facile d’écrire « Yeah, yeah, C’mon Baby give it to me, give it to me !” . Aujourd’hui, nous avons envie d’être plus créatif dans les textes. « Brothers » par exemple parle de solidarité, nous sommes tous frères que tu sois noir ou blanc. C’est plus amusant de laisser sortir les choses.  

    Ton fils, Colin, a écrit le premier couplet de « High Road ».  

    C’est exact. Nous étions assis dans la cuisine et il a commencé à fredonner Tell all my friends I’m going out to the desert this weekend. J’ai aussitôt enregistré ce passage puis j’ai ajouté le refrain « I’m on the high road after midnight… »  Lorsque j’ai fait écouter la chanson à Kelly (batteur), celui m’a dit, « Mec, nous devons absolument la mettre sur le disque. » Nous sommes alors retournés en studio le week-end suivant. A la fin de la séance, nous étions tous excités. « High Road » est vraiment une belle chanson. Brad a réalisé l’un de ses plus beaux solos. Quant à Colin, il a précédemment co-écrit un titre de mon dernier album solo et « Time of Our Lives » sur Somewhere in California, je suis très fier de lui.    

    Quelles chansons du CD allez-vous interpréter « live » ? 

    Certainement « High Road ». Nous l’avons interprété pour la première fois à Milan, en Italie lors du Frontiers Festival. Je pense que « Knock Knock Never Stop », « Rollin’ On » et « I’m Coming Home » devraient figurer sur la set-list. C’est dur de choisir !  

    Quelle est l’attente du groupe en sortant cet album ? 

    Nous nous intéressons surtout à la réaction des fans.  Les échos sont pour l’instant très positifs et nous en sommes très heureux. L’avis des fans compte plus que toutes autres critiques.    

    Parle-nous de la Kiss Kruise III à laquelle Night Ranger a participé, l’automne dernier.    

    Oh, j’ai adoré faire cette croisière. Le public a été génial. J’ai vu des fans de Kiss porter des t-shirts de Night Ranger. Il y a eu de véritables échanges avec les personnes qui étaient à bord. Ce fut une merveilleuse expérience et j’espère que nous pourrons la renouveler dans le futur. Paul et Gene sont des amis de longues dates. Night Ranger a fait la première partie de Kiss en novembre-décembre 1982 lors de la tournée Creatures Of The Night. Il s’agissait de nos premiers concerts, ça ne s’oublie pas ! Ce fut un réel plaisir de les côtoyer à nouveau sur la croisière. Tiens, le mois dernier nous avons participé à une fête privée, en Californie, l’inauguration d’un musée dédié à la guitare. Ace Frehley était aussi invité. Nous avons joué « Cold Gin » et « Rock’n’Roll All Nite », c’était très amusant.  

     Interview de Jack Blades (Night Ranger)

    Copyright Phil de Fer © 2014

    Brad (Gillis) et toi avez débuté votre carrière professionnelle au sein de Rubicon. Quand l’as-tu rencontré pour la première fois ?  

    Rubicon a été fondé en 1976 par Jerry Martini le saxophoniste de Sly & the Family Stone. J’étais son bassiste. Plusieurs guitaristes ont fait des apparitions dans le groupe. Lorsque le dernier est parti, nous avons décidé d’auditionner de  jeunes guitaristes. C’est à ce moment que j’ai rencontré Brad.  Il a fait forte impression ce jour-là et a décroché le contrat. Brad avait 19 ans et je devais en avoir 21. Nous avons développé une belle amitié depuis cette époque.    

    Qu’est ce que le succès a fondamentalement changé chez toi, Jack ? 

    Lorsque Night Ranger a commencé à connaître le succès, à remplir des grandes salles et à vendre des millions d’albums,  j’étais marié et père de deux enfants, c’est ce qui m’a fait garder les deux pieds sur terre. Je n’ai pas vécu la vie de rock star 24h/24. Je ne suis pas dans cette dimension-là. Après chaque tournée, je rentrais à la maison et retrouvais ma vie de couple tout simplement. Je redevenais un père de famille comme les autres. Financièrement, les choses sont devenues plus faciles, c’est le seul changement notable. J’ai  toujours vécu assez simplement. Je suis plutôt discret. 

    L’alchimie avec Brad et Kelly est toujours vivace après 35 ans de carrière. En regardant dans le rétro, quel regard portes-tu sur la carrière de Night Ranger ? 

    Je suis simplement satisfait de ce que nous avons accompli. Certaines de nos chansons sont indémodables, des titres qui ont été écrits au début des années ’80. En 2014, Night Ranger est toujours là et continue à tourner aux Etats-Unis et en Europe.  

    Il est très difficile de vendre des albums aujourd’hui. Il est intéressant de voir comment l’industrie du disque va évoluer dans les prochaines années. Es-tu optimiste ? 

    Bien sûr. Je suis né optimiste. Je pense que nous vivons une belle époque. La bonne musique finira toujours par percer, à toucher les masses. Les nouvelles technologies permettent de réaliser des choses surprenantes. Internet est un outil très efficace. On n'a jamais eu autant d'occasion de se rendre accessible aux autres. La musique est pour moi la clef de l’âme. Je pense que si les gens accordaient plus d’importance à la musique, nous n’aurions pas tous les problèmes que nous connaissons  aujourd’hui. La musique transgresse les barrières de couleurs, de langues et de cultures. 

    Interview de Jack Blades (Night Ranger)

    Neal Schon a sorti récemment « So You » . Tu as largement collaboré à l'écriture et la composition de cet album. 

    Nous nous sommes rencontrés au Fantasy Studio. Neal m’a demandé de mettre mes projets de côté et de lui écrire quelques chansons. J’ai ainsi arrêté mon travail avec Night Ranger pendant trois semaines (rires). Neal est un très bon copain. Les compositions ont été écrites très rapidement. En fait, on a les mêmes points de vue sur de nombreuses choses. On a adoré faire quelques chansons ensemble, cela transparaît d’ailleurs sur l’album.  

    Tu es compositeur, producteur, musiciens. Tu as joué avec Ringo Starr, Aerosmith, Mötley Crüe, Alice Cooper, Roger Daltrey, Cher, Ozzy Osbourne, Robby Zander, ... Chaque expérience est différente mais si tu devais en choisir une seule… 

    Oh boy ! C’est comme si tu me demandais de choisir entre mes deux enfants. Si je te donne un nom, les autres vont m’inonder de messages en me demandant pourquoi (rires) !  Je m’entends très bien avec Alice Cooper et Sharon sa compagne. Ce sont des amis de mon épouse, Molly. J’adore Cher et Ozzy.  Les gars d’Aerosmith sont très sympas. Chaque rencontre a été enrichissante. C’est une vraie réponse de politicien ça (rires) !  

    Tu dois avoir des tas d’anecdotes sur ces rencontres, n’as-tu jamais eu envie d’écrire un livre, une autobiographie ? 

    Je crois que ce serait un très bon livre. J’y pense sincèrement. Ce projet se concrétisera peut-être dans le futur. Je viens de commencer la lecture du livre d’Ace Frehley « No Regrets ». J’ai aussi dévoré l’excellente autobiographie de Keith Richards.  

    As-tu d’autres projets pour cette année ? 

    Night Ranger sera en tournée durant l’été. Pour le moment je travaille avec Doug Aldrich (Whitesnake) et Deen Castronovo (Journey). Les parties de basse et la batterie ont déjà été enregistrées mais notre programme à tous les trois est très chargé. Nous essayons d’accorder nos agendas pour terminer l’album. Celui-ci devrait sortir début de l’année prochaine chez Frontiers.  Un troisième disque de Shaw-Blades (Note  : Tommy Shaw de Styx) est également en préparation. Les fans vont adorer, j’en suis sûr !  

    Tu n’arrêtes donc jamais.  

    Je suis juste mon cœur, j'aime ça et je continuerai à créer, à composer, jusqu’à mon dernier souffle. 

    Interview de Jack Blades (Night Ranger)

    Comme tu l’as signalé plus haut, Night Ranger a participé au Frontiers Festival, près de Milan. Il s’agit de votre seule date européenne en 2014. 

    Un grand moment. Nous devions clôturer les trois jours du festival dédié au bon vieux Hard Rock. Je pensais que les gens seraient épuisés après ce marathon et que l’endroit serait désert pour le dernier concert, un peu comme Jimi Hendrix à Woodstock (rires). En fait, la salle était remplie à ras bord. Il y avait beaucoup de ferveur, le public a repris en chœur toutes nos chansons. C’était délicieux ! 

    Comptez-vous revenir sur le vieux continent cette année encore ? 

    Nous aurions aimé poursuivre la tournée en Europe après le Frontiers Festival, mais pour des raisons indépendantes de notre volonté, cela ne s’est pas concrétisé. Night Ranger s’est produit pour la dernière fois en France, en 1985 avec Foreigner, au Zénith. J’espère que nous pourrons bientôt venir saluer nos amis en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas.  

     

     


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