• Cinq jours en mer à écouter de la musique, à assister à des concerts et à traîner avec quelques stars du rock…Durant ce voyage dans l’Atlantique, nous avons pu une nouvelle fois constater que la vie avec Kiss lors d’une croisière était très riche en événement. Parmi ceux-ci la réunion de six membres de la formation US le 31 octobre, pourtant sans fard lors de la soirée d’Halloween ! Pendant le traditionnel set acoustique, Bruce Kulick et Ace Frehley sont montés sur le Pool Deck pour interpréter quelques titres fétiches : « Domino », « Hide Your Heart », « 2000 Man », « New York Groove », « Nothin’ Too Loose » et bien sûr l’incontournable « Rock And Roll All Nite ». Nous vous offrons quelques photos à inscrire au livre des « happening ».

    KK VIII - P. Stanley Day 1

    KK VIII - Eric Singer Day 1

    KK VIII - Thayer-Kulick Day 1

    KK VIII - A. Frehley Day 1

    KK VIII - G. Simmons Day 1

    La veille à Miami, port de départ, Vinnie Vincent avait effectué un retour « électrique »  en accompagnant sur trois titres Four By Fate, combo au sein duquel officie les ex-Frehley’s Comet, Tod Howarth et John Regan ainsi que l’ancien batteur de Skid Row, Rob Affuso Pour l’occasion, Vincent est apparu avec le maquillage et la croix ansée. L’éphémère guitariste de Kiss (1982-83) s’est contenté de la rythmique sur « Lick It Up », « I Love It Loud » et « Cold Gin » dans ce Nightclub plein à craquer. Une prestation peu convaincante  à des années lumières de ce que proposera le Spaceman sur le Norvegian Jade. Ace Frehley a effectivement enchaîné les bonnes surprises : « Save Your Love », « Dark Light », « Torpedo Girl », « Two Side Of The Coin »,… des morceaux de Kiss portant sa griffe. L’ « ace » de pique a tenu la barre d’une main de maître tout au long de la croisière en compagnie des musiciens de…Gene Simmons !

    KK VIII - A. Frehley Day 1(2)

    KK VIII - A. Frehley band

    KK VIII - A. Frehley last night

    L’autre coup de cœur de la croisière fut incontestablement Bruce Kulick qui a déchargé toute l’artillerie des années’80 et ’90 dès le premier soir en compagnie des Conspirators Bent Fritz (batterie) et Todd Kerns (chant, guitare rythmique) et du bassiste Zach Throne, connu également pour ses talents d’acteur. Les quatre musiciens ont revisité live les albums Asylum, Crazy Nights, Smashes, Thrashes & Hits, Hot In The Shade et Carnival Of Souls tout en ajoutant l’étonnant « Sword And Stone », un titre accrocheur signé Stanley-Kulick que le groupe allemand Bonfire a enregistré en 1989, sans oublier l’hommage au  regretté à Eric Carr sur « Little Caesar ».

    KK VIII - B. Kulick live

    KK VIII - T. Kerns

    KK VIII - B. Fritz

    Le lendemain, branle-bas de combat avec les Dead Daisies, l’un des gangs les plus chauds du moment.  Les morceaux de bravoure propulsés par l’audace vocale de John Corabi (ex-Mötley Crüe), la frappe d’acier de Deen Castronovo (Journey, Bad English) et la facilité technique de la paire Doug Aldrich-Marco Mendoza (ex-Whitesnake), font mouche à tous les coups en concert. Ceux qui étaient-là, reçurent en plein visage les « Resurrected », « Make Some Noise », « Midnight Moses », « Bitch »,…. lors de trois sets sans temps mort !

    KK VIII - John Corabi

    KK VIII - M. Mendoza

    KK VIII - Doug Aldrich

    Nous avons aussi pu découvrir de nouveaux talents au cours de la croisière 2018. Repéré par le manager de Kiss, Doc McGhee, Vintage Trouble a fait chavirer les cœurs avec son univers teinté de blues-rock old school et de soul américaine. Ce groupe californien est entrain de se faire un nom grâce notamment à Ty Taylor, chanteur fantasque à l’énergie débordante et communicative. Le groupe de Hair Metal Teäze fut une attraction d’excellent niveau tandis que Beth Blade & The Beautiful Disasters et le girl band Thundermother ont souqué ferme pour satisfaire les Kiss Kruisers. Voilà des formations promis à d’heureux lendemain à condition de ne rien lâcher..

    KK VIII - Vintage Trouble

    KK VIII - Vintage Trouble Ty Taylor

    Et Kiss dans tout cela ? Le quatuor a livré deux shows de bonne qualité dans le Stardust. On déplorera toutefois le manque de  surprises au niveau de la setlist. Mais même en jouant la carte du sobre, la bande à Gene Simmons parvient encore à emballer le match de jolie manière. On ne s’en plaindra certainement pas ! Kiss peut maintenant s'embarquer dans une dernière tournée mondiale One Last Kiss: End Of The Road World Tour, qui fera escale plus près de chez nous, au Graspop Metal Meeting sur la plaine de Dessel le dimanche 23 juin 2019 !

    KK VIII - Kiss live show 2

     KK VIII - Live show 2 (2)

    KK VIII - Live show 2 (3)

    KK VIII - Live show 4

    Photos et texte © Phil de Fer 2018


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  •  NAZARETH

    Nouveau testament 

    Un des meilleurs groupes écossais est de retour, après avoir fait le plein de hargne et de fureur…Il s’agit du grand Nazareth, qui s’apprête à sortir un 24è album studio intitulé Tattoed On My Brain qui coïncide avec le 50è anniversaire de la formation. Un chiffre symbolique, à l’aube d’une nouvelle époque. [Entretien avec Carl Sentance (chant) par Philippe Saintes – photo : Frontiers Records]

    Nazareth1

    Carl, en 1968, se réunissait une bande de potes originaire de Dunfermline poussée par l’envie de faire du rock. A l’époque tu n’avais que six ans.

    Oui, c’est fabuleux de faire partie de cette aventure depuis 3 ans maintenant. Nous respectons beaucoup les anciens morceaux mais le liveshow est différent aujourd’hui.

    Du combo d’origine, il ne reste plus que le bassiste Pete Agnew. On peut franchement parler d’une nouvelle ère pour Nazareth…

    Effectivement. Le line-up actuel est fantastique et je crois que l’on peut revenir à la grande époque de Hair Of The Dog (1975). Le niveau musical est élevé et cela va en surprendre beaucoup. Nazareth reste un vrai  groupe composé de membres qui ont chacun des personnalités distinctes. Jimmy (Murrison, guitare), Pete et Lee (Agnew, batterie) sont des rockers de la vieille école. En tournée, le dressing room ressemble à un ring de boxe, chacun reste dans son coin mais lorsque nous montons sur scène, nous ne faisons plus qu’un. Il y a énormément d’énergie sur scène. 

    Comment les nouvelles compositions s’annoncent-elles ?

    C’est un album de rock moderne avec des titres nerveux. C’est sans doute l’album le plus lourd du catalogue de Nazareth. Il va faire tourner les têtes (il rit). J’ai composé les textes et la musique de cinq morceaux dont « Never Dance With The Devil » et « Silent Symphony », Pete et Jimmy ont chacun signé trois chansons et Lee est crédité sur deux titres. 

    Quels sont les titres de Tattooed On My Brain qui ont le potentiel pour se retrouver sur la setlist ?

    C’est difficile pour tous les groupes de faire un choix car le public est souvent tenté de comparer. En fait, on pourrait inclure la plupart des titres du nouvel album mais tu dois te demander comment ils vont ressortir dans le contexte d’un live. C’est une vraie réflexion avec une volonté de structure cohérente derrière. Le set que nous allons jouer cet automne sera différent de la tournée donnée pendant l’été. Rien n’est fixé mais je suis persuadé que nous allons interpréter « Tattooed On My Brain » car il a le potentiel pour plaire aux fans. Pete a composé ce morceau avec une guitare acoustique. J’ai tout de suite compris que l’on tenait là une chanson d’anthologie. C’est un rock avec des accents pop, funk et soul assez inattendus. Nous allons  réaliser un clip vidéo dans les prochains jours. Une de mes compos, « State Of Emergency » me semble aussi taillée pour la scène.

    « En tournée, le dressing room ressemble à un ring de boxe, chacun reste dans son coin mais lorsque nous montons sur scène, nous ne faisons plus qu’un. » 

     

    Nazareth2

    Mis à part la tournée programmée en novembre sur le continent, avez-vous d'autres projets en vue ?

    J’ai écrit quinze à vingt morceaux pour l’album et le groupe en a choisi cinq. Je garde les autres pour plus tard. On devrait en effet retourner en studio l’année prochaine.  

    En tant que nouveau membre, quelle est ta chanson préférée de Nazareth ? 

    J’aime chanter les titres les plus heavy du band comme « Beggars Day » et « Expect No Mercy » mais si je dois en choisir un seul, alors c’est certainement « Hair Of The Dog » qui est un classique.

    Tu as aussi travaillé avec Don Airey (Deep Purple) sur son album One Of A Kind, sorti au printemps. On y trouve une superbe ballade « Everytime I See Your Face ». Ta performance vocale y est remarquable.

    Oh, merci ! C’est un titre que Don et moi avons composé naturellement au piano. Don était très inquiet. Il se demandait si la musique n’était pas un peu hors contexte pour un groupe de rock. Il est parti nous acheter des sandwiches pendant que j’enregistrais le chant.  Quand il est revenu, j’avais terminé ! En une ou deux prises, tout était fini. J’ai aussi apporté le titre « One Of A Kind » qui a donné son nom à l’album.

     Nazareth-cover

     

    NAZARETH

    Tattooed On My Brain 

    Frontiers Records

    Ce groupe britannique a la couleur et la saveur d’une légende. A l’origine plutôt folk électrique, il est le précurseur de la ballade hard avec une superbe reprise de « Love Hurts » des Everly Brothers. Heureusement, la carrière de Nazareth ne se limite pas à ce seul tube. Toutes leurs productions des années ’70 se révèlent dignes d’éloges. Pourtant ce quatuor a été préservé du succès et l’histoire gardera d’eux qu’ils méritaient mieux. Sans doute peut-on invoquer l’envergure des Led Zeppelin, Deep Purple ou Black Sabbath, qui ont considérablement obscurci le parcours de Nazareth en Angleterre. La nouvelle formation nous revient avec un album de metal racé qui s’écoute avec plaisir. Il se révèle plus palpitant que ces prédécesseurs sortis dans l’indifférence entre 2008 et 2014. Il n’y a pas de mélancolie de la part des musiciens qui savent se montrer inspirés. Ils n’imitent pas, ne copient pas. Les compos de factures heavy-rock 70s tiennent bien la route grâce à une production impeccable et moderne signée Yann Roullier.  Le torride Never « Dance With The Devil » et l’éponyme « Tattooed On My Brain » sont les titres phares tandis qu’un blues chanté par Pete Agnew (« You Call Me ») termine subtilement ce disque assez éclectique. [Ph. Saintes]


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